Dans le pays où l’immobilier est le plus cher au monde, les chambres de bonnes sont vendues ou louées à des prix pharamineux. D’autres petits espaces tels que les caves ou les parkings, se négocient également à prix d’or. Ils sont très recherchés pour un usage personnel mais sont aussi devenus un produit d’investissement.
Ce sont des micro-logements qui, à Monaco, valent de l’or… Généralement situées au dernier étage des immeubles, les chambres de services, plus communément appelées chambres de bonne, se négocient en Principauté à des tarifs surprenants. A titre d’exemple, une chambre de 8 m² est en vente à la Villa Les Lauriers pour 120 000 euros. Une autre, plus spacieuse (12 m²), est proposée à 495 000 euros dans l’immeuble Le Palmier, boulevard des Moulins. Ces espaces modestes et dans la majorité des cas, sans commodités, ont longtemps été le lieu de vie des domestiques travaillant au service des familles riches. Or, il semblerait que de moins en moins d’employés acceptent de vivre dans ces petites unités. « C’est un bien toujours un peu délicat à louer. Il est très compliqué pour un agent immobilier d’ouvrir une porte et de montrer une pièce de 6 ou 9 m², en disant à la personne ; “vous allez habiter-là”, note Gilles Graille, responsable de Pacific agency. Aujourd’hui, les chambres de service, bien souvent, sont utilisées comme une grosse cave ou une belle pièce en plus. Certains l’utilisent comme petit bureau par exemple. » Ces micro-unités, essentiellement présentes dans les vieux bâtiments, ne sont d’ailleurs plus programmées dans les constructions récentes.
Un bon investissement pour la clientèle française
Eric Cancemi, négociateur chez Miells Christie’s, explique quant à lui avoir « souvent vendu des chambres de bonnes et des caves à des clients français, car sur ces biens, ils bénéficient d’un abattement fiscal. C’est un placement intéressant, une valeur refuge pour eux. Pour les raisons fiscales que l’on connaît, les Français n’ont pas de raisons de vivre à Monaco. Ces petits biens représentent donc un bon investissement ». Précision importante : résider dans une chambre de bonne ne donne pas droit à la carte de séjour, sauf si les ressources financières du locataire sont en corrélation avec la taille du bien. Ce qui est donc le cas pour les employés de maison.
Des espaces de stockage à prix d’or
Si les prix pratiqués dans les combles sont ahurissants, c’est aussi le cas en sous-sol. « Une belle cave à 150 000 euros, je trouve cela bien sûr excessif, mais c’est assez courant ici », assure encore Gilles Graille. Justement, actuellement sur le marché, une cave de 4,80 m² au Château Périgord est actuellement en vente pour 135 000 euros. Une autre de 10 m² au Mirabeau cherche preneur à 530 000 euros ou locataire pour 1 000 euros par mois. « Un client m’a demandé de faire l’estimation d’une cave dans un immeuble ancien, mais c’est très compliqué à évaluer. Les prix varient en fonction du nombre de caves dans l’immeuble et dans le quartier. Parfois, pour ce genre de bien, c’est l’acquéreur qui fait le marché », détaille le responsable de Pacific Agency.
Parkings : le coût de la rareté
Autres petites surfaces très convoitées : les parkings. À Monaco, le fait que la demande dépasse (largement) l’offre en a fait des biens d’exception. Les places de stationnement sont très recherchées, en particulier les plus spacieuses qui correspondent au gabarit des modèles modernes de luxe. Dans les parkings ayant été construits dans les années 70-80, les places sont trop petites pour ces derniers. De plus, les résidents de Monaco ont souvent plusieurs véhicules par foyer qu’il faut garer en lieu sûr. Résultat : « Les prix des parkings varient entre 200 000 euros pour les plus petites places, jusqu’à plus de 600 000 euros pour les plus grandes », explique Eugénia Petrini, directrice de l’agence Petrini exclusive real estate Monaco. « On observe même des transactions étonnantes, comme cette vente très connue des agents immobiliers d’un double box au Château Périgord pour un million d’euros. On atteint ce niveau de prix en raison de la rareté des places dans cet immeuble. La situation est similaire à Monaco-Ville, où les prix des parkings atteignent des sommets, toujours en raison de l’offre limitée », poursuit la spécialiste. Pour se faire une belle marge supplémentaire, certains propriétaires n’hésitent pas d’ailleurs à vendre leurs parkings séparément de leur appartement. Actuellement sur le marché, une place spacieuse dans un immeuble prestigieux du Carré d’Or est en vente pour 480 000 euros et un garage de 20 m² au Sardanapale est affiché à 590 000 euros. A la location aussi les tarifs s’envolent. Dans la résidence Le Bel Horizon située dans le quartier du Jardin Exotique, un emplacement de stationnement au rez-de-chaussée est à louer pour 310 euros par mois. Un autre, situé dans une résidence sur le Quai Kennedy, face au Port, est proposé à 700 euros par mois. Les prix de ces surfaces restreintes peuvent sembler disproportionnés, mais ils reflètent comment, à Monaco, chaque mètre carré est précieux.
