Les chambres de services, plus communément appelées “chambres de bonne”, trouvent toujours preneurs en Principauté, que ce soit à la vente ou à la location. Mais à quels prix ? Focus sur le juteux business des toutes petites unités.
Ce sont des micro-logements, au confort parfois discutable, et qui se louent ou s’achètent à prix d’or… Très répandu à Paris, le marché des chambres de services est visiblement également actif en Principauté. Leur première particularité ? Leur superficie, évidemment très réduite. « Ces chambres de service ont des tailles, de fait, plus exiguës que des studios. Elles ont une superficie en moyenne de 12-15 m² », indique Florian Valeri, directeur de Valeri agency. Pour louer ce type de bien, des prestations minimums sont tout de même nécessaires. Deux en particulier : avoir un point d’eau et une fenêtre. « Ce ne sont pas des caves contrairement à ce que l’on entend. Et nous ne rencontrons aucune difficulté à les louer si elles sont bien entretenues », assure encore ce professionnel. Qu’en est-il des prix ? Selon les agents immobiliers interrogés par l’Obs’, à la location, on peut en trouver à partir de 600 euros par mois jusqu’à 1 500 euros pour les plus belles et les plus grandes chambres. La moyenne est plutôt autour des 800 euros. Quant à l’achat, cela va démarrer à 300 000 euros jusqu’à tout de même 700 000 euros…
Qui les habite ?
Si ces micro-logements sont majoritairement loués en France par des populations précaires, qu’en est-il à Monaco ? Ces petites unités sont surtout habitées par le personnel de maison (domestiques et autres nounous) qui travaille pour les familles fortunées de la Principauté. « Souvent, ce sont des locataires qui sont hors membres de l’espace Schengen et qui pour des questions de visa n’ont pas le choix que de rester à Monaco s’ils ne veulent pas être expulsés vers leur pays d’origine », rajoute d’ailleurs Florian Valeri.
Carte de résident ?
Autre question qui se pose : peut-on obtenir une carte de résident lorsqu’on loue une chambre de service ? « Contrairement à une rumeur populaire, la réponse est oui, affirme encore ce professionnel. Il y a toutefois une condition : que votre situation financière le justifie. Ainsi, une personne qui n’a pas les moyens financiers de vivre dans un studio et qui a besoin pour autant d’être résident à Monaco pour pouvoir continuer à travailler, n’aura aucune difficulté à obtenir la carte de résident dans une chambre de service. » Depuis quelques années, la Sûreté publique a d’ailleurs renforcé les contrôles et s’assure que votre situation familiale et financière corresponde bien à la typologie du bien dans lequel vous vivez.
Des nouveaux arrivants qui ne connaissent pas l’existence des chambres de services à Monaco
Autre constat : selon Kate Dorfman, directrice de l’agence Caroli Real Estate, les résidents qui arrivent en Principauté ne soupçonnent pas que ce type de biens existe à Monaco. Pour trouver des chambres de services et loger leur personnel, ces familles se tournent donc essentiellement vers le marché beausoleillois. « Ces nouveaux arrivants se heurtent toutefois à une problématique à Beausoleil. Pour louer un bien, les agents immobiliers français ont besoin d’avoir des justificatifs de revenus réguliers en France ou à Monaco. Or, souvent, ces nouveaux arrivants travaillent à l’étranger. On leur demande ainsi des papiers administratifs qu’ils ne peuvent pas fournir. Il est donc important de les informer que des chambres de services existent aussi à Monaco. »
Studios et carte de séjour : un durcissement des contrôles par la Sûreté publique ?
Il y a environ trois ans, plusieurs professionnels de l’immobilier nous avaient dressé un constat selon lequel une typologie d’appartement se vendait et se louait nettement moins bien, et moins cher à Monaco : les studios. La cause avancée à l’époque était que les conditions d’attribution et de renouvellement des cartes de séjour par rapport à cette typologie de biens étaient devenues beaucoup plus drastiques. « On demande de plus en plus aux couples qui vivaient dans des studios, de se loger désormais dans des deux pièces pour pouvoir conserver leur titre de résidence », nous confiait alors un agent immobilier. Est-ce une réalité ? « Je rappelle en préambule qu’un amalgame est souvent fait entre les cartes de séjour et les certificats de résidence. Une personne qui séjourne plus de trois mois en Principauté doit faire une demande de carte de séjour. Pour autant, elle ne sollicite pas nécessairement un certificat de résidence qui a un impact fiscal. Ce certificat de résidence pour l’obtenir, il faut avoir résidé au minium six mois et un jour en Principauté par an. Là où la carte de séjour ne vous impose pas une durée. Dans l’exemple que vous citez, cela concernait davantage le certificat de résidence fiscale et non pas la carte de séjour. Cela étant dit, il est vrai que le service de la Sûreté publique en charge de la délivrance des cartes de séjour a renforcé les contrôles pour s’assurer que la résidence effective du bénéficiaire est bel et bien établie en Principauté, explique Florian Valeri. Certains étaient domiciliés dans des studios, alors qu’ils avaient une situation familiale qui justifiait d’avoir un appartement avec plusieurs chambres. D’autres étaient propriétaires d’une villa de 500 m² sur les communes limitrophes et vivaient dans un 25 m² en Principauté. La Sûreté publique a donc régularisé des situations anormales. Un tri a été effectué à ce niveau-là. Elle vérifie désormais beaucoup plus que dans le passé que votre situation familiale et financière corresponde bien à la typologie du bien dans lequel vous vivez. Comme pour les chambres de service, si vous vivez dans un studio, vous n’aurez aucun problème à obtenir une carte de séjour et un certificat de résidence. Mais à condition que votre situation financière et familiale le justifie. »
