vendredi 17 avril 2026
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    Jeûner, bon pour la santé?

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    Mécanisme de survie, la pratique du jeûne a évolué au cours du temps.

    Certains prônent ses bienfaits, d’autres alertent sur ses dangers. Au milieu de tout cela, beaucoup d’idées reçues. Mélanie Émile et Jérôme Vaulerin, docteurs en science du mouvement humain, décryptent les pour et les contre à la pratique du jeûne.

    Naturellement, l’organisme est capable de s’adapter à la restriction calorique. En effet, l’homme a connu des périodes où la nourriture se faisait rare que ce soit du temps de la Préhistoire, pendant les guerres, ou durant des famines. Le corps s’est ainsi adapté et a appris à stocker ce dont il avait besoin. Mécanisme de survie, la pratique du jeûne a évolué au cours du temps. Il a permis à l’être humain de survivre. Le psychiatre Youri Sergueïevitch Nikolaev en a même démontré ses bienfaits dans les années 1950-1960. Il a réalisé de nombreuses études qui ont mis en évidence des effets positifs du jeûne thérapeutique sur les maladies mentales comme la schizophrénie, ou encore les maladies chroniques comme l’hypertension. Depuis, de nombreux adeptes le pratiquent avec une phase jeûne qui dure entre 12 heures et 16 heures sur 24 heures, soit quasiment plus de la moitié de la journée. Toutefois, de nombreuses personnes pensent que le jeûne ferait maigrir et pratiquent ainsi le jeûne intermittent aussi connu sous le nom anglophone de fasting. Mais qu’en est-il vraiment?

    Les supers pouvoirs du jeûne

    Bien que le jeûne génère du stress sur l’organisme, des études ont révélé des effets bénéfiques et durables sur la santé. Pour faire face à ce stress, le corps active des défenses naturelles pour protéger les cellules. Notamment en augmentant la sécrétion d’hormones telles que le cortisol (l’hormone du stress), le glucagon (l’hormone hyperglycémiante), l’adrénaline (l’hormone du stress), la noradrénaline (l’hormone adrénergique), et la sérotonine (l’hormone de plaisir). D’autres bienfaits sont rapportés comme un meilleur contrôle des sensations alimentaires, un déstockage des graisses induisant une perte de poids, une amélioration de la performance physique et intellectuelle, une diminution du temps de récupération, une diminution du vieillissement cellulaire, et préviendrait certaines maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, cancers, obésité ou surpoids). Selon certaines croyances, les mécanismes du jeûne seraient si puissants qu’ils seraient à même de modifier le métabolisme au niveau génétique, permettant au corps de devenir plus résistant… Enfin, le jeûne permettrait d’être plus à l’écoute de sa sensation de faim et éviterait de surconsommer.

    Les trois sources “carburant”

    Pour fonctionner correctement, l’organisme a besoin de trois nutriments. Les glucides, nutriment principal du corps, qui utilisent environ 50% de l’apport énergétique total. Plus particulièrement le cerveau qui en consommerait au moins 120 g par jour. Ils sont stockés sous forme de glycogène dans le foie et les muscles. Il y aussi les protéines qui rentrent dans la composition des muscles. Et enfin les lipides stockés sous forme de graisses. Après 24 heures de jeûne, les glucides seraient rapidement épuisés. L’organisme doit ainsi puiser dans ses réserves pour fonctionner correctement, et mettre en place des systèmes d’autorégulation. Il s’en suit deux phases. La première consiste à déstocker les graisses contenues dans les cellules adipeuses. Une fois les réserves lipidiques épuisées, le corps doit puiser dans les réserves protidiques qui constituent le muscle. La deuxième phase prend plus de temps que la première. En effet, une étude a montré qu’un homme mesurant 1m75 et pesant 70 kg possédait environ 15-20 kg de masse grasse pouvait tenir 40 jours sans manger.

    Et la perte de poids?

    Contrairement aux idées reçues, faire du jeûne intermittent pour perdre du poids ne fonctionnerait pas sur le long terme. Au début, on peut observer une perte de poids car spontanément on mangerait moins. Toutefois, petit à petit, si le jeûne ne fait pas partie des habitudes alimentaires, certains individus sont susceptibles de faire des grignotages durant la journée et qui plus est des grignotages sucrés dus à un important déficit calorique. D’autres risqueraient de manger plus sur la période de 8 heures d’alimentation. Pour que la perte de poids soit durable, il est important de manger équilibrée. En fait, ce dont l’organisme a besoin (métabolisme de base calculé par rapport au poids, à la taille, au sexe, et à l’âge) en fonction des dépenses énergétiques journalières (activité physique, activité professionnelle). En revanche, il permettrait de réguler les notions de satiété et de faim et aiderait à stabiliser le poids. En résumé, le jeûne a des bienfaits sur la santé. Toutefois, sa pratique doit être encadrée car il peut provoquer des troubles du comportement alimentaire sur le long terme. Finalement, il ne faut pas faire un jeûne pour perdre du poids mais parce que son rythme convient à l’organisation quotidienne et aux sensations de faim de chacun.

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