vendredi 1 mai 2026
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    Tourisme. Comment sauver la saison ?

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    Entre l’annulation du Grand prix, du Yacht show, la fermeture longue durée des frontières européennes et internationales, et l’absence de croisiéristes durant toute l’année 2020, le secteur touristique paie un très lourd tribut depuis le début de la crise sanitaire. Comment les hôtels de la Principauté, les agences de voyages, la direction du tourisme et les commerçants s’organisent pour remonter la pente ? Le décryptage de l’Obs’.

    Il est l’un des secteurs qui, financièrement, va rester encore un long moment sous perfusion de l’Etat… Et pour cause. Au-delà du confinement et de la fermeture des frontières, la Principauté a été également privée de plusieurs grands évènements internationaux qui animent la saison. Au premier rang desquels, le Grand prix et le Yacht show. Un véritable séisme pour le secteur de l’événementiel et du tourisme, et par ricochet, pour les commerces, hôtels, restaurants et autres prestataires multiples installés en Principauté qui comptent, en grande partie, sur ces visiteurs et touristes pour réaliser une grosse part de leurs chiffres d’affaires de l’année. Une lueur d’espoir subsiste tout de même. Depuis le 15 juin, les frontières européennes sont à nouveau ouvertes. De même, depuis le 1er juillet, la France et les autres Etats membres de l’UE ont ouvert à leur tour leurs frontières extérieures à une quinzaine de pays hors espace Schengen (voir encadré). Quant à l’aéroport de Nice, vertigineusement vide jusqu’à présent, il reprend du service avec environ 80 destinations contre 120 habituellement. « Pour le secteur du tourisme à Monaco, c’est donc un optimisme teinté de réalisme, nuance Jean Castellini, conseiller-ministre aux finances et à l’économie. La saison d’été ne sera évidemment pas celle que l’on a pu connaître. Mais grâce au déconfinement de la population européenne, les taux d’occupation dans les hôtels sont en hausse. Et si l’on regarde les mois d’août et septembre, on devrait avoir plutôt des bonnes surprises par rapport à ce que l’on pouvait craindre il y a encore un mois ou deux. »

    © Photo L’Obs’ – Sabrina Bonarrigo

    REPRISE — L’aéroport de Nice, vertigineusement vide jusqu’à présent, reprend du service avec environ 80 destinations contre 120 habituellement.

    Zones hors espace Schengen scrutées par les autorités

    Reste à voir si l’envie de voyager sera là ou pas… Jusqu’à début juillet, les touristes étaient encore très rares. Mais la Principauté le clame : les visiteurs européens sont les bienvenus. « On a pu voir qu’il y avait eu des différends entre la Grande-Bretagne, les Français ou encore les Espagnols au niveau de l’ouverture de leurs frontières. A Monaco, nous avons pris le partie de permettre la venue chez nous des personnes qui résident dans l’espace européen, et ce, sans restriction », rappelle Didier Gamerdinger, conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé. En ce qui concerne les zones hors espace Schengen, en particulier l’Asie, la Russie, et le Moyen-Orient, les autorités monégasques scrutent régulièrement comment évoluent l’épidémie et le taux de prévalence de la maladie dans ces coins du monde. « Un système de surveillance a été mis en place au niveau de l’Union européenne pour déterminer si l’épidémie continue à circuler dans ces zones et à quelle vitesse, ou si au contraire, il y a un tassement, rajoute ce membre du gouvernement. L’objectif est de lever progressivement les restrictions pour que les personnes résidant dans ces zones puissent revenir dans l’espace européen. Cela se fait par zone, et par étape, avec une possibilité de revenir en arrière si la zone n’est plus considérée comme safe, avec une nouvelle fermeture des frontières ».

    L’argument Monaco safe

    Un des arguments que les autorités monégasques ont également décidé de mettre en avant pour attirer la clientèle extérieure et les touristes est celui de la sécurité sanitaire assurée en Principauté par rapport au Covid-19. Le tout a été résumé en un slogan : Monaco safe. « Nous nous sommes demandé, comment peut-on retourner ces règles sanitaires à notre avantage et en faire un atout ? L’idée a donc été de faire sorte que ces contraintes deviennent un argument vantant la destination Monaco. Nous mettons en avant le fait que la Principauté est une destination sanitaire sûre, et même plus sûre qu’ailleurs », a expliqué Didier Gamerdinger. Pour le formaliser plus officiellement, des opérateurs économiques, comme les restaurants et les hôtels, rempliront un questionnaire d’auto-évaluation en ligne mentionnant qu’ils ont bel et bien intégré dans leurs établissements les gestes barrières, les masques et autres consignes sanitaires. « A l’issue de ce questionnaire, si les bonnes cases sont cochées, un label leur sera accordé. Ce label va être posé sur les devantures des établissements. Des contrôles seront effectués pour vérifier que tout repose bien sur des réalités », précise encore Didier Gamerdinger. Selon ce membre du gouvernement, « la clientèle qui nous intéresse, française métropolitaine ou encore d’Europe du nord, peut être sensible à ces arguments. Nous allons faire valoir également, qu’à Monaco, le virus a peu circulé et que les mesures sanitaires sont sûres et validées par les autorités publiques. » Pour voir si cette stratégie portera ses fruits, rendez-vous à la fin de la saison.

    Pas d’autorisation pour les Etats-Unis et la Russie

    Elaborée par les ambassadeurs des pays de l’Union Européenne, la liste des visiteurs admis au sein de l’UE et l’espace Schengen sont au nombre de 15 (1) : on compte l’Algérie, l’Australie, le Canada, la Géorgie, le Japon, le Monténégro, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, le Rwanda, la Serbie, la Corée du Sud, la Thaïlande, la Tunisie et l’Uruguay. Cette liste inclut également la Chine, à la condition qu’elle autorise également le voyage des ressortissants européens sur son sol. Le Royaume-Uni n’est, quant à lui, pas concerné par les restrictions de voyage, malgré son départ de l’Union : les Britanniques peuvent donc se rendre où ils le souhaitent dans l’UE. C’est le cas également des quatre pays de l’espace Schengen qui ne sont pas membres de l’UE : la Suisse, la Norvège, le Liechtenstein et l’Islande. Sont en revanche exclus de cette liste — qui a vocation à être actualisée toutes les deux semaines — les Etats-Unis, pays le plus touché au monde par la pandémie, mais aussi le Brésil, la Russie, l’Inde, la Turquie et Israël notamment.

    (1) Au moment du bouclage de L’Observateur de Monaco, le 2 juillet.

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