C’est l’histoire d’une enfant née dans la misère à Saint-Louis dans le Missouri, devenue une diva adulée par le Tout-Paris… Cette trajectoire hors normes est celle de Joséphine Baker (de son vrai nom Freda Josephine McDonal) dont la vie a été profondément liée à la Principauté et à la Princesse Grace en particulier. Considérée comme la première star noire au monde, cette célèbre figure du music-hall fit scandale à Paris dans les années 20 dans le spectacle Revue nègre où elle est apparue sur scène vêtue d’un seul pagne orné de bananes. Celle qui popularisa le charleston — et qui a marqué de son empreinte la chanson française pour son interprétation de J’ai deux amours (mon pays et Paris) — était aussi une femme généreuse et engagée. Résistante française et militante des droits civiques afro-américain, elle acheta après la guerre le domaine des Milandes, un château dans le Périgord, dans lequel elle logea et éleva ses 12 enfants adoptifs, orphelins du monde entier, qu’elle appelait sa « tribu arc-en-ciel ». Sauf que dans le milieu des années 60, Joséphine a englouti toute sa fortune. Le château des Milandes est menacé de vente et ses enfants se retrouvent dans la détresse. Elle lance alors un appel au secours et deux femmes répondent à l’appel : Brigitte Bardot et la Princesse Grace. « La première l’aide financièrement. La seconde l’invite à Monaco, en appelle à la générosité lors de galas monégasques et lui propose un logement à vie », rappelle la SBM. En 1974, avec l’appui de la princesse Grace, elle triomphe à nouveau sur scène à Monaco pour l’inauguration du tout nouveau Sporting d’Eté. « Forte de ce succès, la scène parisienne lui semble à nouveau possible. De fait, en 1975, elle remonte sur scène à Bobino pour fêter ses 50 ans de carrière. Elle a 69 ans. Elle triomphe. Mais le lendemain, elle meurt d’une hémorragie cérébrale. » Toujours par la volonté de la Princesse Grace, elle repose au cimetière de Monaco.


