dimanche 31 mai 2026
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    Le CHPG au coeur de la crise

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    Comment le CHPG s’est-il organisé pour affronter cette grave crise sanitaire ?

    L’hôpital disposera-t-il de lits suffisants pour traiter les cas graves qui surviendront à Monaco ? Autant de questions que la population se pose… Benoîtes de Sevelinges, directrice du CHPG, et Didier Gamerdinger, conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé, y répondent.

    Ils travaillent sans relâche pour guérir les malades du Covid-19 et tous les autres patients hospitalisés… Depuis des semaines, le CHPG, les médecins de ville, et les autres structures de santé de la Principauté tentent de gérer au mieux cette grave crise sanitaire. Une crise qui nécessite à la fois de gérer les cas présents, mais aussi d’anticiper l’avenir, avec de potentiels afflux massifs de malades. « Il est difficile de savoir combien nous aurons de malades. Le pic épidémique est semble-t-il attendu entre le 28 mars et le mercredi 15 avril, a indiqué Benoîte de Sevelinges. Ce sont des modèles mathématiques qui nous ont aidé à nous préparer, et aménager des unités dédiées. »

    © Photo CHPG

    Deux unités dédiées au CHPG

    Pour face à ce virus, au-delà du service d’urgence, le CHPG a donc crée une unité dédiée avec au total 24 lits. Une deuxième unité est également prévue et dispose de 15 lits supplémentaires. Huit lits de réanimation ainsi que huit lits de soins intensifs (grâce à l’aide du Centre cardio-thoracique) ont également été mis à la disposition des malades. « Les structures privées de santé nous aident aussi dans la montée en puissance du dispositif. Elles nous ont indiqué être en mesure de mettre à notre disposition des capacités de réanimation et d’hospitalisation, avec distribution d’oxygène pour les patients », a rajouté le conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé, Didier Gamerdinger. Bien sûr, l’hôpital monégasque a également déprogrammé des consultations, et reporté les interventions chirurgicales non-urgentes

    © Photo Iulian Giurca – L’Obs’

    « Il faut que les patients puissent arriver progressivement »

    Mais ce dispositif sera-t-il suffisant ? A priori oui, à en croire la directrice du CHPG. « Par rapport à la population que l’on a à traiter (c’est-à-dire un bassin de population de 125 000 personnes, population pour laquelle on doit un service de santé publique) et en se rapportant aux donnés que l’on peut constater en Lombardie qui a un sytème de santé assez proche — on est légèrement au-delà du nombre de lits qui serait nécessaire, explique Benoite de Sevelinges. En revanche, encore une fois, il est difficile de prévoir le nombre exact de patients que l’on va avoir. Le problème est surtout la simultanéité de l’arrivée de ces patients. D’où l’importance de respecter, s’il vous plait, les mesures de confinement. Il faut que les patients puissent arriver progressivement. » La directrice du CHPG explique en effet que la particularité de cette épidémie, par rapport aux autres, est que les patients les plus graves restent très longtemps en réanimation. « Cela veut dire qu’il sera difficile d’en accueillir beaucoup en même temps. » Autre difficulté à gérer pour le CHPG : les ressources humaines. « En fonction de l’intensité de la durée de cette crise, nous finirons pas avoir des personnels qui seront contaminés, fatigués et donc moins disponibles. Le point limite sera la disponibilité des réanimateurs et du personnel para-médical formé, rajoute Benoîte de Sevelinges. C’est pourquoi depuis des semaines, l’hôpital s’y prépare. Un certain nombre de personnes sont montées en compétences et sont prêtes à prendre la suite. »

    © Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

    Hospitalisation à domicile

    Pour traiter les malades, il y a également l’hospitalisation à domicile. C’est l’hôpital qui décide si le patient doit être à son domicile, ou s’il mérite d’être hospitalisé en fonction de ses symptômes. « On voit que le protocole fonctionne bien, indique Benoîte de Sevelinges. Pour suivre ces patients à domicile, nous avons arrêté un dispositif assez innovant. Nous avons créé des cellules de suivi. » Chaque cellule est ainsi composée d’un médecin, d’un assistant social, et d’un logisticien (un personnel de la Croix rouge monégasque). Chacune de ces cellules suit un nombre déterminé de personnes atteintes. Les médecins de ces différentes cellules ont été dotés de tablettes pour maintenir le lien avec les malades (via Skype). Quant à la Croix Rouge, elle livre les repas, les courses et autres médicaments à domicile. Dans ce dispositif sanitaire global, il ne faut pas oublier également, « les médecins de ville qui font un travail énorme, note la directrice du CHPG. Ils sont extrêmement sollicités et extrêmement disponibles. Je tiens aussi à saluer le travail des services d’urgence, d’anesthésie, de réanimation et de pneumologie. Lorsque que nous avons ouvert l’unité dédiée pour le coronavirus, nous n’avons eu aucun mal à avoir des personnels volontaires pour y travailler. »

    © Direction de la Communication

    « Notre hantise était de se retrouver dans la situation de l’Italie »

    Lors d’une interview accordée à Monaco info le 7 avril, Serge Telle, le ministre d’État se réjouissait que la situation au CHPG soit sous contrôle et que les structures monégasques ne soient pas (encore) débordées. « A ce jour, moins de 40 % des capacités d’hospitalisation sont occupées à Monaco, indiquait-il. Notre hantise dans cette crise était de se retrouver un jour dans la situation des pays dans lesquels on pouvait voir les structures de santé totalement débordées. La Chine, l’Italie, ou encore l’est de la France… Nous avons mis en place une politique qui visait à écraser le pic épidémique. L’engagement pris par le Souverain qui visait à dire que toute personne qui en aurait besoin serait soignée en Principauté est actuellement respecté »

    Des étudiants infirmiers pour aider le CHPG

    Pour aider le personnel hospitalier à affronter cette crise sanitaire et assurer la continuité des autres services, les étudiants de l’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) ont été appelés à prêter main forte. « Les étudiants de troisième année, à deux mois du diplôme, vont pouvoir nous aider réellement car ils ont acquis un certain nombre de compétences. Ceux en deuxième année sont positionnés comme aide-soignants, et ceux de première année se proposent en tant qu’agents de services hospitaliers (ASH), indique Benoîte de Sevelinges. Un certain nombre de retraités nous ont aussi proposé leur aide. Ceux qui ont les compétences qui nous manquent, nous leur proposerons de rentrer dans le dispositif. »

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