vendredi 1 mai 2026
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    Nouvel hôpital
    « Les premiers patients accueillis fin 2025 »

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    Chantier — La facture est salée et le retard conséquent… Selon les éléments livrés par le conseil national, le nouveau CHPG accuse « déjà 5 ans de retard, en 5 ans de travaux » et 130 millions d’euros de dépassement. En séance publique, le gouvernement a expliqué les causes de ce surcoût, et dévoilé un calendrier plus précis des travaux —

    Finir un chantier dans les temps est sûrement la plus grande difficulté à laquelle se heurtent les professionnels de la construction… Sauf qu’à Monaco, cette problématique semble se vérifier sur la quasi-totalité des chantiers publics. Et celui du nouveau CHPG est, sans doute, l’exemple le plus flagrant… « Tous les chantiers hospitaliers de grande envergure que je connais n’ont pas respecté les délais initialement prévus, nous expliquait il y a quelques mois, le directeur des travaux publics, Jean-Luc N’Guyen. En revanche, que la construction du nouveau CHPG accuse un tel retard n’est pas normal. » Selon ce spécialiste, une des raisons de ce retard a été la préparation du sol qui, manifestement, fut chaotique. L’entreprise en charge des travaux a, semble-t-il, rencontré « des aléas géotechniques ». Autre difficulté, qui saute aux yeux sur le terrain : ce chantier est extrêmement contraint. La surface de construction étant très réduite, il faut composer avec le manque de place…

    Achèvement total du chantier en 2032 ?

    Au conseil national, le retard pris sur la construction du nouvel hôpital inquiète fortement les élus, puisque ces délais supplémentaires pénalisent, certes les deniers publics de l’Etat, mais aussi et surtout les patients et le personnel médical. « Ce chantier accuse déjà, dans sa phase 1, un retard de 5 années. En effet, après un appel d’offres pour la maîtrise d’oeuvre, le lauréat a été désigné dès 2013. A cette époque, l’objectif était une mise en service globale en 2026, rappelle Balthazar Seydoux, président de la commission des finances. Or, la livraison de la phase 1, qui comprend une très grande partie des services d’hospitalisation, les urgences, les blocs opératoires, l’imagerie médicale, l’hémodialyse, ainsi que le parc de stationnement, attendue pour 2021, n’est désormais prévue que pour 2026. L’achèvement total de ce chantier est, quant à lui, envisagé pour 2032. »

    Calendrier des travaux

    Du côté du gouvernement, si l’on constate « que le projet, visuellement, prend forme », on ne nie pas, pour autant, les problèmes de construction rencontrés, dès l’origine, sur ce chantier. Dans les faits, un « retard significatif de 35 mois » a été pris pour construire l’ouvrage d’art et le parking. « Je vous précise que l’organisation de la maîtrise d’œuvre et le contrat ont été profondément remaniés pour que les dérives constatées sur l’ouvrage d’art ne surviennent plus », nuance toutefois le ministre d’Etat, Serge Telle, avant de donner plus de détails sur le calendrier des travaux. Selon les éléments livrés par le gouvernement, la construction des deux premières ailes du nouvel hôpital, interviendra mi-2021, avec 3 ans et demi de travaux, jusqu’au 4ème trimestre 2024. A ce moment-là, débuteront les opérations de réception, suivies de l’emménagement. « Ces deux étapes sont prévues pour durer un an, ce qui donne une date d’entrée des premiers patients fin 2025, affirme Serge Telle. La direction des travaux publics travaille en étroite liaison avec la direction du CHPG pour que l’étape de réception des locaux soit la plus courte possible, malgré la complexité d’une installation hospitalière. »

    « L’envolée des coûts des travaux »

    Au-delà des retards, c’est aussi les coûts de ce chantier qui font grincer des dents le conseil national. Il faut dire que la facture est sacrément salée… Le budget était en effet estimé à 668 millions d’euros en 2013. Au programme triennal d’équipement public 2019/2020/2021, l’estimation est portée à… 795,7 millions d’euros. Soit une augmentation de 127,7 millions d’euros, représentant déjà une hausse de 19 % du coût total. Petit rappel : pour prévoir les sommes conséquentes nécessaires à la construction de cet ouvrage, le gouvernement a — par prudence — provisionné chaque année, depuis 2012, des montants qui atteignent aujourd’hui 305 millions d’euros. « Étant donné le retard pris par le chantier, le gouvernement a décidé de retirer l’inscription de 45 millions d’euros prévue au budget rectificatif 2019, rappelle Balthazar Seydoux. Si l’on peut comprendre cette décision, il n’en demeure pas moins que les crédits nécessaires devront impérativement être prévus à l’avenir pour financer ce projet indispensable pour la qualité de l’offre de soins à Monaco. » Dans l’intervalle, il faut également prévoir des deniers publics pour maintenir à niveau l’actuel CHPG.

    Des surcoûts liés aux changements

    Pour le gouvernement, ces surcoûts budgétaires s’expliquent essentiellement par les changements qui ont été apportés au projet initial : « Le surcoût du nouveau CHPG est dû aux diverses adaptations du programme : création d’une 4ème aile, fusion des phases 2 et 3, agrandissement du hall… énumère Serge Telle. L’ajout d’une 4ème aile à l’hôpital et l’intégration de la psychiatrie au programme du nouveau CHPG sont des modifications importantes. Pour contenir les coûts et les délais, il faudrait d’abord cesser de modifier les opérations une fois lancées. Pour autant, je pense que ces exemples montrent surtout notre volonté d’ajuster les programmes aux besoins qui émergent, et que vous appelez parfois de vos vœux. Je suis néanmoins conscient que cela nuit à la visibilité de l’évolution des coûts dans la durée. » Sur cette opération publique (et les autres chantiers publics) gouvernement et conseil national vont ainsi réfléchir à une meilleure « méthode comptable » pour mieux suivre les coûts futurs « et pour éviter ainsi de porter un jugement trop sévère sur l’action de la direction des travaux publics », a conclu Serge Telle.

     

     

     

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