ART — Jusqu’au 15 mars, Opera Gallery Monaco présente les œuvres de trois maîtres européens de l’art contemporain : Jean Dubuffet, Hans Hartung et Pierre Soulages. Des artistes d’après-guerre très bien cotés sur le marché de l’art.
Si vous êtes collectionneur et féru d’art contemporain, n’hésitez pas à faire une escale en plein cœur du Carré d’or, du côté de Opera Gallery. Situé à l’avenue Henry Dunant, cet espace de 400 m2 créé en 2008, est dirigé par un jeune — mais très expérimenté — galeriste, Damien Simonelli. « Chaque galerie d’art à Monaco a sa spécialité. A Opera Gallery, nous présenterons des œuvres allant de l’impressionnisme (fin 1 800/début 1900) en passant par le post-war, l’American Pop Art, jusqu’au contemporain », explique-t-il. Jusqu’au 15 mars, cette galerie monégasque a décidé de mettre en lumière une vingtaine d’œuvres de trois grands maîtres de la période d’après-guerre : Jean Dubuffet, Hans Hartung et Pierre Soulages. « Dans leur recherche artistique et leur technique, ils sont assez différents. Mais ce sont des artistes qui ont profondément marqué leur période et l’histoire de l’art », souligne Damien Simonelli.
L’“art brut” de Dubuffet
Considéré comme la figure emblématique de l’art brut, Jean Dubuffet est l’un des artistes français les plus controversés d’après-guerre… L’homme a toujours eu une fascination pour l’art des non-initiés. Plus particulièrement celui réalisé par les enfants, les prisonniers et les patients psychiatriques… Un art atypique, devenu le véritable cœur de sa philosophie artistique. « Personnellement, je crois beaucoup aux valeurs de la sauvagerie. Je veux dire : instinct, passion, humeur, violence, folie », a déclaré l’artiste. Dubuffet ne voulait pas créer de “beauté”. « Il a créé “une vérité”, et son art a scandalisé la scène artistique française de l’époque, souligne à son tour le galeriste monégasque, Damien Simonelli. Ses œuvres, aux teintes et aux textures comparables aux matières minérales et organiques, évoquent énergie et vitalité. » A Monaco, Opera Gallery présentera la sculpture Elément Bleu IX datant de 1967.
Soulages : le maître des « Outrenoirs »
« Si la peinture n’offre pas le moyen de rêver et de créer des émotions, elle n’en vaut pas la peine », déclarait Pierre Soulages. Et en regardant ses œuvres, impossible d’y rester insensible… La singularité de ce peintre autodidacte ? Depuis 1979, l’artiste crée des Outrenoirs, des grands tableaux couverts d’aplats de noirs jouant avec la lumière. Un noir intense… qui vaut désormais de l’or. « Une œuvre de taille domestique de Pierre Soulages se vend aujourd’hui proche du million d’euros », estime Damien Simonelli. Preuve qu’il est l’un des artistes vivants français les plus cotés ? En novembre 2018, à New York, l’une de ses œuvres a été achetée à un prix stratosphérique : près de 9,4 millions d’euros. Pour la première fois, un peintre français vivant dépassait ainsi la barre symbolique des 10 millions de dollars… Autre preuve de son influence majeure : le Musée du Louvre à Paris présentera ses œuvres dans l’une de ses salles (du 11 décembre 2019 au 9 mars 2020). Tous les grands musées internationaux ont prêté : la National Gallery de Washington, le MoMA de New York, ou encore la Tate Modern de Londres. Pour célébrer, à sa manière, le centenaire de sa naissance (Soulages a fêté ses 99 ans le 24 décembre dernier) Opera Gallery Monaco présente à son tour plusieurs de ses œuvres, dont une historique : la Peinture 81 x 54 cm, 16 juin 1951.
L’engouement Hartung
Né à Leipzig en 1904 et mort à Antibes en 1989, Hartung est un artiste franco-allemand considéré comme un maître du mouvement artistique de l’Abstraction lyrique en Europe et de l’Action Painting. Influencé par l’œuvre abstraite de Kandinsky, l’homme s’inspirait également des maîtres anciens, tels que Rembrandt et Goya, ainsi que des expressionnistes allemands. « Actuellement, il y a un véritable engouement pour ce peintre majeur du XXème siècle. De nombreux galeristes, notamment newyorkais, lui ont consacré des rétrospectives. Ses œuvres sont également en plein boom sur le marché de l’art. Jusqu’à aujourd’hui, les œuvres des années 50 et 60 étaient davantage prisées. Désormais, les œuvres plus tardives commencent, elles aussi, à bien se vendre », rajoute Damien Simonelli. Celles présentées à Opera Gallery Monaco s’étalent sur trois décennies : des années 1950 aux années 1970.
Sabrina Bonarrigo



