mercredi 15 avril 2026
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    « J’avais envie de rire
    de mes 50 ans »

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    HUMOUR/C’est l’étape émotion de la tournée de Franck Dubosc. Le 23 mars, il reviendra pour la quatrième fois au festival des Sérénissimes. Là même où il rencontrait il y a douze ans sa femme Danièle. Interview et confidences.

     

    Vous avez entretenu un petit mystère autour de votre nouveau spectacle. Que pouvez-vous nous en dire ?

    Son titre sera Fifty Fifty, le spectacle où je me moque de ma cinquantaine. A cet âge-là, on est un peu entre deux âges : trop vieux pour les jeunes et trop jeune pour les vieux ! Moi je suis un vieux qui met des maillots de bain moule-burne dans les films, qui a des enfants de cinq ans et qui galope dans la nature. J’avais envie de rire de moi, de rire de mes 50 ans. C’est une façon, quelque part, de les dédramatiser.

    A quoi peut-on s’attendre ?

    A un voyage à l’intérieur de mon corps ! Je fais une réunion de chantier de tous mes organes. Tout est vrai. J’aborde une opération que j’ai subie. J’ai même écrit tout ce moment de sketch dans mon lit d’hôpital… Je me livre donc entièrement. J’ai presque envie de dire : moquez-vous de moi, rions de moi ! Ça me rassure, ça prouve que je suis toujours vivant.

    Que pensez-vous du rendu ?

    Je suis très content. Ce spectacle est plus vrai. Comme c’est le cinquième, il était temps que je me rapproche de ce que je suis vraiment. Même pour moi, c’est plus agréable à jouer, dans ma façon de jouer, je le sens bien. Je parle de mes enfants d’une façon nouvelle. C’est plus en confidences.

    Pourquoi vous livrer autant ?

    J’avais besoin de le faire pour moi. De dédramatiser quelque part. J’ai fini d’écrire pendant que je faisais l’émission de Karine Lemarchand qui parlait de ma vie privée (1). Et je me suis rendu compte que j’avais plein de choses à raconter que je n’avais pas envie de garder dans le secret. Des choses dont on pouvait rire. C’est un peu une façon de m’aider à passer ce cap et aussi de me dire que je reste le même.

    C’est déjà votre quatrième venue aux Sérénissimes de l’humour en principauté. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

    J’ai quelque chose de spécial avec Monaco et surtout ce festival car c’est là que j’ai rencontré ma femme, Danièle. C’est elle qui l’organisait il y a une dizaine d’années. Donc forcément, à chaque fois que je retourne là-bas, il y a quelque chose d’émouvant pour moi. Je pense faire tout un moment là-dessus. Et puis, ce soir-là sera la dernière date de représentation avant un break. Je prends un mois de vacances avec mes enfants.

    Appréhendez-vous le public monégasque, parfois considéré comme difficile ?

    On a toujours peur de jouer à Monaco parce que le public paraît un peu plus froid qu’ailleurs. La dernière fois que je me suis produit en principauté, je suis entré en scène avec un petit trac à cause de ça. Et finalement, c’était une des meilleures soirées de la tournée ! Donc je ne sais plus quoi penser. La dernière fois que je suis venu, je n’étais pas à Monaco, j’étais au camping municipal de la Grande-Motte ! J’ai une maison depuis bien longtemps sur la Côte d’Azur, donc ça y est je sais comment ça fonctionne ! Maintenant, c’est aussi à nous à amener le public à se détendre. Une fois que tout se décontracte, on est partis et on rigole.

    Vous aimez le contact avec le public ?

    J’adore ça ! Bien sûr que ça me touche. Chaque soir, quand le spectacle se finit, j’espère remonter sur scène. Quand on a une famille, c’est difficile de reprendre la route, d’abandonner ses petits garçons… Et chaque fois que je monte sur scène, que je les entends rire, que je vois les applaudissements, cela me rappelle pourquoi je suis reparti sur les routes. C‘est vraiment un bonheur dingue.

    Vos sensations ont évolué ?

    Je me suis mis moins de barrières. A un moment donné, on se dit “et puis merde“. Au début, on essaie d’écrire pour faire plaisir à tout le monde. Et puis, il y a le fameux moment où on se rend compte que l’on ne peut pas être aimé de tout le monde. Mais en revanche, il faut soigner ceux qui nous aiment. Et donc ça libère de beaucoup de choses. Et paradoxalement, c’est quand on essaie de ne pas plaire à tout le monde qu’on élargit son public.

    Qu’est-ce qui plaît selon vous ?

    Tout à coup, on se retrouve plus soi-même. Pourtant, j’ai toujours été moi mais certainement de façon moins assumée. A partir du moment où c’est vécu, les gens acceptent beaucoup plus de choses et ont envie de rire avec nous. La sincérité, il n’y a rien de mieux. C’est peut-être ça que j’ai vu évolué en moi : l’envie de donner plus de sincérité.

    Votre premier film en tant que réalisateur sort 10 jours avant votre spectacle (2). Est-ce que vous serez un peu angoissé ?

    Le film sera déjà sorti. Il marchera ou il ne marchera pas. Quand je saluerai à la fin, pour moi ce sera les vacances. Donc je pense m’éclater car ce sera la fin d’un long moment.

    Ce planning chargé, comment vous le vivez ?

    Il faut gérer au jour le jour, se donner une priorité. Beaucoup de gens travaillent avec moi pour organiser mon emploi du temps mon planning. Il faut juste essayer de se concentrer.

    Jongler entre le cinéma et la scène, ça vous plaît ?

    Je suis très content car ce que j’ai amené au cinéma est très différent de ce que j’ai amené sur scène. Le côté immuable du cinéma me donne encore plus envie de faire de la scène parce que tous les soirs ça peut bouger. Je vis un moment très agréable en fait, et je touche du bois quand je vous dis ça.

    _Propos recueillis par Anne-Sophie Fontanet

    (1) Franck Dubosc était l’invité de Karine Lemarchand dans l’émission Une ambition intime sur M6 le 6 février dernier.
    (2) Tout le monde debout de Franck Dubosc avec Alexandra Lamy et Elsa Zylberstein sorti en salle le 14 mars 2018

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