mardi 21 avril 2026
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    Nouvelle ère

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    POLITIQUE/Dès le démarrage de la mandature 2018/2023, le ton est donné. L’élection du nouveau président du conseil national Stéphane Valeri le 22 février a été suivie d’un discours très politique du ministre d’Etat.

     

    Le 22  février, le conseil national a ouvert une nouvelle page de son histoire. Devant un parterre de personnalités monégasques et de familles d’élus, tradition oblige, l’assemblée élisait son 14ème président depuis la création de l’institution en 1911. Un scrutin à bulletin secret qui ne laissait aucune place au suspense. Le 11 février, Primo ! l’avait emporté haut la main avec 57,71 % des voix, devant Horizon Monaco (26,1 %) et Union monégasque (16,19 %). Collectant ainsi 21 sièges, compte tenu d’un système électoral qui donne une large prime au vainqueur. Face à un Jean-Louis Grinda, qui s’était présenté sans illusion, dans le seul but de s’offrir une tribune, Stéphane Valeri a donc fait carton plein.

    Légitimité populaire

    A peine élu, le président de la conseil national a tenu à marquer le territoire de l’assemblée. Le maître mot de son discours ? La légitimité. Légitimité populaire, issue des urnes — du fait d’une « forte participation » avec plus de 70 % de votants, et « la large victoire obtenue par Primo ! ». Mais aussi légitimité constitutionnelle : Stéphane Valeri a clairement rappelé les prérogatives découlant de la loi suprême monégasque. A savoir le pouvoir de colégislateur, partagé avec le prince. « La haute assemblée est un partenaire institutionnel indépendant du gouvernement, qui ne doit être ni une chambre d’opposition, ni une chambre d’enregistrement », a répété l’élu. S’il milite pour une recherche du consensus, l’ancien conseiller de gouvernement a tout de même lancé, en guise d’avertissement : « Après une période d’effacement de l’assemblée, et conformément à la volonté des Monégasques, le conseil national est donc de retour… »

    Histoire de « partir sur des bases saines et constructives », le président de conseil a prôné la franchise, pour éviter les « non-dits, sources de malentendus et de conflits ». L’occasion rêvée, pour le promoteur d’un France TV monégasque, de tacler (entre autres) au passage — très froidement — « les pratiques d’un autre âge […] d’une télévision gouvernementale, courroie de transmission unique de ses propres messages ».

    Franchise

    De la franchise, c’est justement ce qu’a réservé le ministre d’Etat, juste après l’investiture. Les deux hommes ne s’étaient sans doute pas échangés les discours en amont mais se sont répondus en direct, distillant les messages. Pour une fois très politique, Serge Telle a salué le travail de l’ère Steiner, espérant compter sur la même « confiance et concertation ». Il a surtout indiqué, très clairement, qu’il n’avait qu’une seule feuille de route, celle confiée par le prince. « Elle constitue le programme politique de la Principauté. » Malin (ou taquin au choix), le chef du gouvernement a même cité Stéphane Valeri — saluant sa « sagesse » — pour enfoncer le clou. Et bien délimiter le périmètre de chaque institution. « Pour que cet équilibre fonctionne, il faut que chacun soit dans son rôle. Cela signifie que certaines velléités qui ont pu s’exprimer ça et là, d’imposer par l’affrontement au gouvernement princier le programme du conseil national, n’ont évidemment pas lieu d’être dans notre système institutionnel », avait indiqué le 23 juin 2006, le président du conseil national, lors de la venue du prince au conseil. Le contexte a bien changé. A cette époque, Stéphane Valeri bataillait avec une opposition exigeant du gouvernement d’accepter un contrat d’objectifs — parmi ces frondeurs de l’époque figurait Jacques Rit — et dénigrant le « consensus mou de la présidence »… Mais pour Serge Telle, le message est limpide : il ne faudrait pas s’aviser de titiller trop le gouvernement… Le ministre d’Etat a fixé, dans son discours, sa ligne de conduite et celle qu’il espérait de l’assemblée : la vérité, pas de catastrophisme. « Notre responsabilité est d’être à la hauteur. […] Nous le ferons (notamment) en évitant de nous affronter dans des rapports de force artificiels, et en nous gardant de nous diviser autour de vaines querelles. » Les prochains mois, déterminants, surtout avant le premier budget de la mandature, nous diront comment l’assemblée obtiendra l’application de son programme électoral (voir p. 28), sans rentrer en guerre.

    _Milena Radoman

     

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