jeudi 16 avril 2026
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    « Il a refusé l’isolement de Monaco »

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    OUVERTURE/ Pour l’élu Jean-Charles Allavena, ancien membre du Club du 12 juillet, la politique extérieure d’Albert II est sa plus grande réussite à ce jour.

    A l’international, le prince a donné des impulsions nouvelles : sortir de la liste OCDE, rester dans le Conseil de l’Europe, ouvrir les négociations avec l’UE. Comment définissez vous sa politique extérieure ?

    La politique extérieure d’Albert II est d’une clarté absolue, j’ai tendance à dire que c’est sa plus grande réussite à ce jour. Après les grandes adhésions décidées par son père le prince Rainier (ONU, APCE), il a renforcé le rôle du département des Relations extérieures, ouvert de nombreuses ambassades de Monaco à l’étranger, tout ceci visant à une plus grande reconnaissance de Monaco. Il s’est engagé personnellement sur des dossiers fondamentaux comme l’environnement, et a choisi une position de globale neutralité sur les conflits internationaux. Cela permet à notre petit pays de jouer un rôle de facilitateur de dialogue. Je crois que c’est la bonne approche.

     

    Sur le plan de la transparence fiscale aussi ?

    Signe de vraie modernité, il a pris des décisions très fortes envers l’OCDE ou l’UE, à savoir refuser l’isolement de Monaco que certains préconisaient et préconisent encore, pour anticiper des décisions de franche coopération internationale, en faisant le pari que cette volonté de coopération sera reconnue et que les bénéfices qu’on en tirera seront supérieurs aux pertes que la fin des pratiques opaques allait provoquer. Ce qui se passe est en train de montrer qu’il avait raison. C’est dans cet état d’esprit qu’il a demandé à son gouvernement d’aborder la négociation avec l’UE, sans renoncer évidemment à protéger les spécificités monégasques, mais en pensant à nos atouts et à notre développement, qu’il faut encourager et sécuriser. Je partage à 100 % cette ligne politique ouverte, c’est celle qui a fait et fera la richesse de Monaco.

     

    Pour Lampedusa, « il faut que le système change pour que rien ne change ». Le système et la constitution doivent-ils évoluer selon vous ? Comment ?

    Le régime politique actuel est visiblement, quand on discute avec les Monégasques, celui qui recueille leur agrément, à une immense majorité. Donc, pourquoi le changerait-on ? La Constitution fait l’objet de révisions assez régulières, elle traduit correctement, à mon sens, l’esprit de nos institutions, cet équilibre qui repose sur les hommes plus que sur les textes, conception anachronique sans doute, mais pertinente ici. Je ne crois pas que la priorité soit à une révision constitutionnelle. En revanche, une relecture régulière, ayant pour but de corriger des usages trop étriqués ou sclérosés est souhaitable : certainement pas pour modifier les lignes de partage du pouvoir, mais pour travailler mieux dans le cadre des lignes existantes.

     

    Comment ?

    Reprenons l’exemple convaincant de l’article 14 de la constitution (relatif à la ratification des traités par le prince ou par la loi, N.D.L.R.). J’ai défendu depuis mon élection une lecture plus ouverte. Le Ministre d’Etat a refusé de m’entendre, certains élus ont cru utile d’instruire un procès sommaire en sorcellerie anticonstitutionnelle. Le Conseil de l’Europe a rappelé que ce point était important. Le prince a accepté cette lecture plus moderne autorisant la consultation systématique du conseil national, en sachant que ceci ne rognait nullement ses pouvoirs. Le Ministre d’Etat a confirmé cette décision à l’APCE, et ceux qui voulaient me brûler en place publique se félicitent du résultat. Je crois que c’est ainsi que les choses doivent évoluer, par retouches successives des usages. Il sera bien temps de modifier les textes plus tard…

    _Propos recueillis par Milena Radoman

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