JUDICIAIRE / La justice monégasque accélère sur le dossier de fraude supposée entre une vingtaine de pays africains et une agence BNP Paribas Wealth Management de la principauté. Le 19 février, le procureur général, Jean-Pierre Dreno, a indiqué avoir ouvert une information judiciaire contre X pour « blanchiment, complicité de blanchiment, recel de blanchiment et omissions de déclarations de soupçons » dans ce dossier qualifié de « lessiveuse africaine » par les médias. De 2008 à juin 2011, des milliers de chèques provenant d’au moins 21 pays africains seraient concernés par fraude au contrôle de change. L’enjeu de ce dossier est énorme, puisqu’il serait question de plusieurs centaines de millions d’euros perdus par ces pays africains. Depuis avril 2013, l’association Sherpa qui lutte contre la délinquance financière, a écrit à plusieurs reprises au procureur général de Monaco : « Ces chèques, émis par des ressortissants français, étaient détournés à leur insu vers des comptes à Monaco. Le but de cette manœuvre étant d’échapper au contrôle des changes, ainsi qu’au fisc. Peut-être aussi de blanchir l’argent du crime organisé », explique Sherpa dans un communiqué. Le directeur général de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé a communiqué en reconnaissant qu’à « Monaco, il aurait fallu être plus vigilant », mais que les « quelques dizaines de comptes concernés ont été fermés » et que des « mesures » ont été prises. Cette information judiciaire a été confiée au juge d’instruction du tribunal de première instance de Monaco, Pierre Kuentz. Il faudra notamment établir la chaîne de responsabilité et surtout, identifier si ce trafic de chèques a profité à une personne morale et/ou physique. Et vérifier si la BNP est la seule banque concernée en principauté. Sherpa se portera partie civile dans cette procédure.
