dimanche 24 mai 2026
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    Dépeuplement du village, carence de commerces, disparition de la plage… Les défis de Stéphane Cherki à Èze

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    Élu maire d’Èze en 2008 au premier tour, Stéphane Cherki a été réélu en 2014, puis en 2020 sans avoir à affronter d’opposition. Dans cette interview et alors qu’il brigue un quatrième mandat, l’édile sortant dresse le bilan de ses actions et détaille ses priorités pour les années à venir.

    Si vous êtes réélu, quelle serait la première décision concrète de ce quatrième mandat ?

    Je crois que j’organiserais une belle fête pour inaugurer le parking de Gaulle et la nouvelle place éponyme : depuis le temps que les Ézasques l’attendaient ! Plus sérieusement, je lancerais la construction d’un bâtiment communal à l’entrée de l’avenue du jardin exotique. Je prévois de doter Èze d’un nouvel office de tourisme et d’un nouveau bureau de police municipale. Ils trouveront là des locaux parfaitement adaptés, tant dans leur composition que dans leur emplacement. Je n’oublierais pas non plus dans cet immeuble deux nouveaux appartements communaux pour des Ézasques. D’autres équipements et services sont à lancer sans délai : une maison de santé, avec des professionnels idoines, et une grande salle des fêtes, pour répondre aux demandes de plus en plus nombreuses de la population et aux besoins de notre politique événementielle.

    Comment améliorer l’accès au logement des actifs et des jeunes ézasques dans un contexte de rareté de l’offre et de pression sur les prix ?

    Lorsque j’ai été élu pour la première fois, en 2008, la commune d’Èze possédait deux appartements. Aujourd’hui, elle en possède 36, et ce n’est pas fini ! Lorsque des promoteurs viennent me voir pour un projet de construction, j’essaie toujours de négocier quelques appartements pour la commune, de façon à pouvoir garder sur place les jeunes Ézasques qui ne trouveraient pas à se loger dans le parc privé.

    La population permanente diminue d’année en année au profit des résidences secondaires. Faut-il, et peut-on, inverser cette tendance ? Comment éviter qu’Èze ne devienne une commune-musée ?

    Mon équipe et moi-même luttons pied à pied pour conserver la population de la commune. Il est clair que, lorsque mes prédécesseurs ont créé la ZAC de l’Aïghetta, à la fin des années 90, ils voulaient pouvoir accueillir sur place des familles. Le temps passant, les enfants prennent leur envol et les ventes transforment souvent les résidences permanentes en résidences secondaires. Plusieurs projets de construction sont toutefois en cours sur la commune et j’ai à cœur d’insister auprès des promoteurs pour qu’ils privilégient les acquéreurs souhaitant résider dans ces immeubles. Le prix du foncier ne permet pas à la commune de maîtriser ce marché mais j’utilise toute mon influence auprès des porteurs de projets pour qu’ils favorisent les résidents permanents. En revanche, le vieux village d’Èze se dépeuple inexorablement, les contraintes de vie qu’il impose n’étant plus du goût des résidents permanents…

    Dans un contexte de hausse du coût de la vie, comment comptez-vous faire évoluer les impôts locaux ?

    A deux reprises, j’ai déjà fait baisser les taux communaux des impôts locaux. J’espère pouvoir le faire encore mais c’est un sujet trop sérieux pour que je m’y engage à la légère.

    Quelles mesures concrètes envisagez-vous pour soutenir les commerçants, maintenir une offre de services pour les habitants et éviter une mono-activité uniquement tournée vers le tourisme ?

    Lors de mon premier mandat, je possédais à titre personnel plusieurs commerces à Eze-Village. Cela m’a permis de relancer l’offre commerciale pour les locaux. Depuis, je me suis désengagé de plusieurs d’entre eux mais en veillant à ce qu’ils trouvent des repreneurs actifs. Récemment, une nouvelle boulangerie a ouvert à Eze. Un commerce d’épicerie-traiteur doit ouvrir sur la Place du Général de Gaulle l’été prochain. Lorsque le futur bâtiment communal sera construit, cela libèrera un commerce sur la Place de la Colette et l’ancien snack de la Place de Gaulle sera recréé près de son précédant emplacement. Trois nouvelles unités commerciales doivent également être construites sur l’avenue de Verdun d’ici deux ans. Enfin la commune a acquis récemment un local commercial au pied de la résidence La Bananeraie, dans le quartier du bord de mer. Elle négocie en ce moment avec plusieurs porteurs de projets afin d’en trouver un qui apporte un véritable service de proximité aux habitants de ce quartier : peu de municipalités font autant d’efforts pour développer l’offre commerciale sur leur territoire.

    Quel est votre positionnement sur le projet de parking-relais à la Brasca porté par le gouvernement monégasque ?

    J’y suis favorable ! Ce sera une extraordinaire opportunité pour le développement de ce quartier et les autorités de la Principauté collaborent étroitement avec moi pour faciliter ce projet et faire en sorte qu’il profite aux deux parties. La Principauté est déjà propriétaire du terrain, dont une partie déborde d’ailleurs chez nos voisins de La Turbie. Je ne doute pas de l’effet positif pour la commune de devenir une porte d’entrée de la Principauté.

    La plage d’Eze est gravement menacée par l’érosion littorale. Comment comptez-vous gérer ce dossier lors de ce nouveau mandat si vous êtes réélu ?

    C’est peut-être le dossier le plus difficile dont j’ai à m’occuper. Lutter contre la nature n’est jamais simple, surtout lorsque les parties en présence sont multiples : la préfecture, la métropole, la SNCF, les cabanonniers, les restaurants de plage, etc. D’ores et déjà, j’ai demandé l’inscription de la commune sur l’arrêté ministériel de recul du trait de côte. Cela implique que nous réalisions une étude (très coûteuse) sur les techniques à mettre en place pour freiner ce retrait, voire l’inverser. Tout ceci prend du temps et il est possible que Dame Nature, souvent joueuse, nous rende un peu de plage avant que nous ayons pu mettre en place les préconisations des experts…

    Souhaitez-vous évoquer d’autres objectifs de cet éventuel nouveau mandat ?

    La réhabilitation de l’avenue de Verdun (partie de la moyenne corniche qui traverse le village NDLR) est un projet de compétence métropolitaine mais de grande importance pour moi. Nos très nombreux visiteurs viennent surtout pour le vieux village et son accès est donc tout à fait stratégique. Ce sera, vu de la métropole, mon « projet de mandat ».

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