jeudi 16 avril 2026
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    Semaine de 4 jours à Monaco : faut-il une politique publique pour l’encourager ?

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    Travailler quatre jours par semaine au lieu de cinq, sans réduire la durée hebdomadaire de 39 heures…  L’idée a refait surface au Conseil national. Déjà possible légalement en Principauté, la semaine de 4 jours reste pourtant une pratique encore marginale. La question n’est plus seulement “peut-on le faire ?”, mais “le gouvernement doit-il mener une politique publique pour l’impulser“ ? Qu’en pensent les élus et le gouvernement ? Voici leurs réponses.

    Salariés et employeurs monégasques sont-ils prêts à sauter le pas ? À Monaco, le sujet de la semaine des 4 jours est entré dans le débat public en décembre dernier au Conseil national. C’est le vice-président, Jean-Louis Grinda, qui l’a mis sur la table en l’adossant d’abord à un enjeu très concret : améliorer la mobilité. « Les leviers pour améliorer l’accessibilité en Principauté sont multiples. Et nous savons tous qu’aucune solution prise individuellement ne pourra résoudre en intégralité ce problème, a commencé l’élu. C’est pour cela que je souhaiterais vous reparler, comme nous l’avons déjà fait en séance privée, de la proposition d’étudier de près la semaine de 4 jours. » Pour éviter toute confusion, cet élu précise d’emblée qu’il n’est pas question ici de raboter le temps de travail. La barre resterait fixée à 39 heures hebdomadaires, simplement réparties autrement (soit 10 heures par jour pendant 4 jours). Une formule qui, souligne-t-il, a déjà été testée dans plusieurs pays, notamment l’Islande et l’Espagne, entre autres. « Certaines grandes entreprises françaises l’ont aussi expérimentée et avec un certain succès. »

    « Une productivité accrue, contrairement à ce que l’on croit »

    Au-delà de la mobilité, les avantages d’un tel dispositif sont multiples selon cet élu : « Incontestablement, une meilleure qualité de vie et une productivité accrue, contrairement à ce que l’on croit. » Sans oublier une attractivité et une rétention des talents. « Et ce sur point, nous en avons besoin à Monaco. » Dernier argument : l’environnement, avec « un impact réduit », lié à moins de trajets vers Monaco et donc moins d’embouteillages et de trains saturés. Pour autant, l’élu ne balaie pas les limites d’un tel dispositif. Il alerte notamment sur le risque d’écarts entre salariés, selon les métiers et les possibilités : « Il y a certainement des inconvénients qu’il faut étudier, notamment une inégalité entre salariés, ne serait-ce qu’entre ceux qui peuvent le faire ou ne pas le faire, mais c’est exactement la même chose avec le télétravail ou le travail à distance. En résumé, je crois que c’est une option qui mérite d’être étudiée. » D’autant que, légalement, la semaine de quatre jours est déjà possible en Principauté. La vraie question devient donc politique : faut-il une impulsion publique pour la faire décoller ? Jean-Louis Grinda plaide pour une réflexion de fond : « Cette question mérite très certainement d’être étudiée en détail, surtout quand on connaît tous les défis futurs qui se présentent devant nous, notamment notre besoin d’avoir de plus en plus de salariés pour maintenir notre niveau d’aides sociales. »

    « Je suis tout à fait disposé à encourager les employeurs »

    Qu’en pense alors le gouvernement ? C’est le conseiller-ministre aux Affaires sociales et à la Santé, Christophe Robino qui a répondu. Selon lui, sur ce sujet, mieux vaut accompagner plutôt que contraindre. « Je m’étais déjà entretenu sur ce sujet il y a environ deux ans avec le représentant de la FEDEM, et si je me souviens bien, il n’était pas vraiment convaincu par cette solution. Quoi qu’il en soit, il appartient effectivement à l’employeur d’organiser le fonctionnement de son entreprise. Pour ma part, je suis tout à fait disposé à les y encourager, et je n’ai aucun obstacle réglementaire à ce qu’ils la mettent en place, a-t-il indiqué. En revanche, je ne suis pas certain de pouvoir l’imposer. Mais je veux bien recevoir de nouveau les employeurs afin de les inciter à aller dans ce sens, au regard des avantages que vous évoquez et auxquels j’adhère. » Jean-Louis Grinda insiste : l’objectif n’est pas de dicter une règle aux entreprises, mais de créer une dynamique. « Je ne vous demande pas d’imposer. En revanche, une politique publique, elle peut être suscitée et encouragée. Pour l’instant, on ne fait rien. Ce n’est pas un reproche du tout, d’ailleurs. Mais pour l’instant, on ne fait rien. Et je crois que cela mériterait quand même qu’on s’y penche deux minutes. »

    Pourquoi pas dans la fonction publique au Conseil national ?

    Et si le secteur public montrait l’exemple ?L’élu Mikaël Palmaro propose de son côté de tester la semaine de 4 jours dans la fonction publique, en particulier pour renforcer l’attractivité auprès des jeunes : « Pour nos jeunes compatriotes, ça serait une solution qui permettrait une certaine attractivité, de fidéliser ceux qui y sont déjà, ce qui n’est pas plus mal, le tout, bien évidemment, en accord avec les chefs de service pour le bon fonctionnement et le déroulement des différents services. J’invite le gouvernement à se pencher sur cette question. » Même tonalité du côté de Thomas Brezzo, qui évoque « pourquoi pas » un test au Conseil national, institution qu’il préside : « Tant que l’on n’essaie pas, on ne saura pas… On va en discuter avec les équipes. »

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