Au-delà de son statut, Louis Ducruet cultive une vie simple et équilibrée, jonglant entre missions officielles, engagements caritatifs et rôle d’époux et de père moderne tout en nourrissant le rêve assumé de prendre un jour la tête de l’AS Monaco. Portrait.
Fils de la princesse Stéphanie de Monaco et de Daniel Ducruet, neveu du prince Albert II, 15ème dans l’ordre de succession, Louis Ducruet est un membre aussi important que discret de la famille princière monégasque. Invité du Monaco Press Club début décembre, il s’est un peu dévoilé à la presse locale, abordant ses ambitions professionnelles et ses aspirations personnelles.
Le sport apparaît comme le fil conducteur de sa carrière. Passionné de football, Louis Ducruet s’est formé durant deux ans au sport management à SKEMA Business School, à Sophia Antipolis, avant de poursuivre une spécialisation en gestion du sport à la Western Carolina University, aux États-Unis, où il obtient son diplôme en 2015. Il intègre l’AS Monaco, son club de cœur, en 2016, d’abord au sein du département marketing et commercial, puis à la division recrutement, avant de devenir l’assistant du nouveau directeur général du club Oleg Petrov, poste qu’il occupera pendant un an et demi. Il quitte finalement le club en 2019 « à cause de divergences », pour rejoindre l’équipe de football de Nottingham, là aussi en tant que recruteur.
Diriger un jour l’AS Monaco ?
Questionné sur le sujet, Louis Ducruet n’a pas caché son ambition de prendre un jour la tête de l’AS Monaco. « On a tous un dream goal un peu irréalisable. Diriger l’AS Monaco, c’est le mien. Je le garde dans un coin de ma tête », affirme-t-il, estimant avoir la formation pour mais manquer encore d’expérience. Il révèle par ailleurs avoir été approché par de potentiels repreneurs il y a deux ans, lorsque le propriétaire du club Dmitri Rybolovlev envisageait une vente avant de se raviser. En attendant, il est actuellement président des Barbagiuans et membre du conseil d’administration du Festival du Cirque. En parallèle, il gère un cabinet de conseil dans l’organisation et le développement de clubs de sport baptisé D-Consulting et co-dirige avec son père l’entreprise de rénovation tout corps d’état Monadeco. Par ailleurs, il assure certaines représentations officielles : « Mes sœurs et moi suppléons notre oncle lorsqu’il a besoin d’être représenté car il est surchargé », explique-t-il.
Éduqué à l’humilité
Côté personnel, Louis Ducruet s’attache à mener une existence à l’image de sa personnalité : simple et équilibrée, loin des clichés associés à son rang. Un état d’esprit qu’il doit en grande partie à son éducation. « Mon père m’a toujours dit tu t’appelles Louis Ducruet mais tu n’es pas mieux que Charles Dupont. Il faut respecter tout le monde, toujours », confie-t-il, rappelant les valeurs d’humilité qu’on lui a inculquées très tôt. Dans le même élan, il raconte comment sa mère lui a appris à faire à manger et à faire ses lessives quand il est parti vivre à l’étranger. « J’ai toujours appris à vivre sans penser à mon statut particulier », assure-t-il. Ces repères simples continuent de structurer son quotidien. À Monaco, c’est donc sans apparat que l’on croise régulièrement le jeune père, derrière la poussette d’une de ses filles ou promenant son chien. Avec son épouse Marie, rencontrée sur les bancs de l’école de commerce, ils forment une famille soudée autour de leurs deux petites filles, Victoire (2 ans) et Constance (1 an). « J’ai grandi avec ma maman et mes deux sœurs donc la vie avec des femmes, je connais bien », sourit-il.
« Je n’ai jamais eu de folles envies de faire la fête »
Louis Ducruet s’attache par ailleurs à être un homme moderne : « Avec ma femme on se partage vraiment toutes les tâches quotidiennes. On se soutient l’un et l’autre. J’essaie d’être le père le plus présent possible », explique-t-il. Il poursuit : « Voir tous les matins ces petites têtes qui vous sourient, vous font un câlin, c’est très agréable. Et s’occuper constamment de deux petits être oblige à voir la vie davantage sur le long terme ». Quant au poids de son statut, il affirme l’assumer avec sérénité : « J’ai toujours appris à vivre sans avoir de pression par rapport ce statut. Nous avons des devoirs, nous nous devons d’être irréprochables car nous sommes, regardés, épiés, mais moi, ça vient tout naturellement… Je n’ai jamais eu de folles envies de faire la fête, de me dévergonder, etc. donc ce n’est pas un statut qui m’oppresse. La vie pour moi est simple, et je continuerai à la vivre simplement ».
Médias : « Ma relation avec les médias n’a pas toujours été très bonne »
Questionné devant un auditoire majoritairement composé de journalistes, Louis Ducruet a abordé sa relation avec les médias. « Elle n’a pas toujours été très bonne. Quand j’étais petit, la presse people nous mettait beaucoup de pression. Ce n’était pas la presse écrite, mais la presse à scandale, les paparazzis. Quand on allait en vacances avec ma mère, il y avait toujours un photographe caché dans une cale de bateau, dans un cocotier… ». Il a alors noté l’aspect bénéfique des réseaux sociaux : « On peut poster nous-mêmes des photos, montrer ce que l’on veut quand on le veut et ainsi donner moins à manger aux paparazzis ». Le trentenaire s’est dit serein en Principauté : « À Monaco, on est en sécurité, entourés de gens attachés à la famille princière. C’est différent quand on est dans de grandes villes comme Paris par exemple ». Concernant l’exposition de ses filles, le couple Ducruet compte procéder ainsi : « On les exposera en temps voulu, de la manière qu’on aura décidée. On poste quelques photos mais toujours visages cachés car on ne veut pas qu’elles soient reconnues trop facilement dans la rue, avant tout pour leur sécurité. Parce qu’il y a les paparazzis, mais il y a pire : des personnes vraiment mal intentionnées et potentiellement dangereuses », a-t-il expliqué.
E-sport : pourquoi Louis Ducruet a quitté la fédération monégasque d’e-sport ?
Ancien président de la fédération monégasque d’e-sport, Louis Ducruet est revenu avec franchise sur les raisons de son départ. « J’ai quitté la présidence au moment où il fallait que je me décharge de certaines responsabilités pour accueillir celle d’être papa », commence-t-il. « Capables, on l’était. Mais il manquait l’envie des entreprises privées et du gouvernement de voir le e-sport se développer à Monaco », a-t-il ensuite résumé. La fédération avait pourtant organisé quelques événements historiques : la première Coupe du Monde de Sim-Racing (simulation de course) organisée en Principauté ainsi que des finales de League of Legends. Mais les sponsors privés, essentiels dans un secteur qui demande autant de financements, n’étaient pas au rendez-vous selon les dires de Louis Ducruet. « Le E-sport se développe dans le monde entier. J’ai essayé de faire en sorte que Monaco ne rate pas ce train, mais malheureusement je n’ai pas réussi », a-t-il conclu.

