En une décennie, le tissu salarial privé de la Principauté s’est encore plus internationalisé. Selon une récente étude de l’IMSEE, 145 nationalités y travaillent désormais, contre 128 en 2014. Un dynamisme porté par une main-d’œuvre française toujours majoritaire, et une percée spectaculaire des Roumains.
C’est ce qui s’appelle un grand brassage… Le cosmopolitisme bien connu de la Principauté se confirme aussi dans le monde professionnel. D’après les dernières données de l’Institut Monégasque de la Statistique et des Études Économiques (IMSEE), 145 nationalités se partagent aujourd’hui les postes du secteur privé en Principauté. Dix ans plus tôt, ces nationalités étaient au nombre de 128. Les Français restent en tête, représentant 60 % des salariés, soit près de 36 500 personnes. Les Italiens suivent avec 15 % (environ 9 300 salariés), puis les Portugais avec 7 % (plus de 4 300). Mais c’est du côté des Roumains que la progression est la plus frappante : 1 521 salariés en 2024 contre 268 en 2015, soit une augmentation de… 467,5 %. Une montée en puissance qui les propulse à la quatrième place du classement. Autre fait notable : les salariés de nationalité tunisienne ont notablement augmenté passant de 278 en 2015 à près de 700 en 2024. Ils sont 6e du classement.
Les Britanniques en recul, les Monégasques stables
Dans le top 10 des nationalités, une d’entre elles a plus particulièrement décliné. Il s’agit des Britanniques. Autrefois cinquièmes en 2015, ils chutent à la septième place en 2024, avec un effectif en baisse d’environ 16 %. Aujourd’hui, ils sont environ 670 à travailler à Monaco (contre 803 en 2015). Du côté des Monégasques, l’équilibre est toujours le même avec 1 014 salariés recensés fin 2024. Leur nombre reste stable depuis 2015 et ils représentent moins de 2 % de l’ensemble des salariés du privé.
Nice, première ville de résidence des salariés monégasques
Voilà pour les origines. Qu’en est-il de leur lieu de résidence ? C’est bien connu, vivre à Monaco tout en y travaillant relève de l’exception : seuls 10 % des salariés du privé résident sur le territoire monégasque. Près de 90 % des travailleurs vivent donc hors de Monaco. La grande majorité — plus de 48 000 personnes — vit en France. Nice, avec ses loyers (relativement) plus abordables et sa proximité ferroviaire, s’impose comme la première ville de résidence des salariés du privé monégasque. 16 000 d’entre eux y vivent, soit près d’un sur quatre (27,6 %), un chiffre en hausse de près de 1 000 par rapport à 2023.
Plus de 7 300 travailleurs vivent à Menton
Menton occupe la deuxième place avec 7 351 travailleurs, soit 12,4 % des salariés du privé, devant Monaco, qui en compte 5 988 (10,1 %). En quatrième et cinquième positions figurent les communes voisines de Beausoleil (10,0 %) et de Roquebrune-Cap-Martin (7,5 %). La ville italienne de Vintimille suit avec plus de 2 500 salariés (4,3 %), devançant une autre commune limitrophe, Cap-d’Ail (2,8 %). Enfin, Cagnes-sur-Mer (1,6 %) se place devant La Turbie (1,5 %). Autre constat : un glissement géographique s’est aussi amorcé. Entre 2017 et 2024, la part des travailleurs résidant à Monaco a chuté de 3,3 points. Même tendance pour les communes limitrophes (- 3,8 points). À l’inverse, les Alpes-Maritimes, au-delà de la première couronne, attirent davantage : + 6,3 points. Les villes comme Cagnes-sur-Mer ou encore Antibes accueillent en effet une part croissante de la main-d’œuvre monégasque.
Le chiffre : 78 000
C’est le nombre d’emplois recensés en Principauté en 2024. La grande majorité de l’emploi salarié se trouve dans le secteur privé (83,7 % soit 65 599 postes). A noter que l’emploi a augmenté de plus de 30 % à Monaco en dix ans, soit près de 18 400 postes supplémentaires.
Nationalités dans l’intérim : plus de 1 500 Portugais
C’est un mode de travail très répandu en Principauté… Fin 2024, les effectifs de l’intérim atteignent 7 808 salariés, en forte hausse par rapport à 2023 (6 878). Contrairement au secteur privé global où les Français dominent (plus de 60 %), ils ne représentent ici qu’environ 40 %. Ce sont les Portugais qui s’imposent comme la deuxième nationalité la plus présente dans l’intérim, avec plus de 1 500 travailleurs, soit 19,3 % du total – une proportion nettement supérieure à celle observée dans le reste du privé. Les Italiens occupent la troisième place avec 15,6 %, suivis des Roumains (8,3 %), Tunisiens (4,6 %) et Capverdiens (2,4 %). Les Monégasques, eux, restent quasiment absents de ce secteur. Côté résidence, la quasi-totalité des intérimaires vivent hors de Monaco : 71,3 % dans les Alpes-Maritimes hors communes limitrophes, 13,8 % en Italie et 13,3 % dans les communes limitrophes. À peine 1 % réside en Principauté. Enfin, l’intérim reste un bastion masculin : 87,6 % des intérimaires sont des hommes (6 843), contre seulement 964 femmes


