Sa simple présence à Menton et quelques déclarations dans la presse et à la télévision suffisent à agiter la scène politique locale. Louis Sarkozy, 28 ans, fils cadet de l’ancien chef de l’État, n’est pas encore officiellement candidat, mais son intérêt pour Menton, où il possède un pied-à-terre, suscite interrogations, critiques et réactions en chaîne.
La ville de Menton, habituellement peu exposée sur la scène politique nationale, pourrait bien se retrouver prochainement sous le feu des projecteurs. En cause : la possible candidature de Louis Sarkozy, fils cadet de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, aux municipales qui se dérouleront en mars 2026. « Je ne suis candidat nulle part mais je ne peux pas dire que je ne m’intéresse pas à la politique de la région et notamment à Menton, qui est en passe de tomber dans les mains du Rassemblement national ». C’est cette phrase, lancée au Figaro mi-avril, qui a alimenté une rumeur déjà existante, notamment depuis que Louis Sarkozy avait acquis un pied-à-terre à Menton. Sa présence dans la cité du citron est d’ores et déjà annoncée du 13 au 17 mai, à l’occasion de la Semaine du libraire, où il viendra dédicacer son ouvrage sur Napoléon, lui qui est avant tout essayiste.
A Neuilly-sur-Seine ou à Menton ?
Samedi 3 mai, dans l’émission Quelle époque sur France 2, Louis Sarkozy a de nouveau été interrogé sur sa possible candidature à Menton mais aussi à Neuilly-sur-Seine. « Je me suis dit, tiens c’est marrant, je pensais que Louis Sarkozy était courageux, et il va dans des fiefs où il y a des Sarko fans. Ce n’est pas un grand acte de courage », a indiqué la journaliste Léa Salamé. Ce à quoi Louis Sarkozy répond: « Vous avez tort. Déjà, je pense que vous surestimez la facilité d’une campagne en règle générale. Ensuite, à Neuilly, si l’on essaie de se faire un prénom, aller dans le fief du père, c’est quand même compliqué. De plus, Jean-Christophe Fromantin n’est pas un mauvais maire et il est bien élu. Donc, si vous pensez que juste parce qu’on s’appelle Sarkozy, on peut faire quelque chose, vous subissez une illusion.» Ensuite, Louis Sarkozy a rappelé que dans les Alpes-Maritimes, et à Menton en particulier, le Rassemblement National a un poids électoral conséquent. Si dans cette émission, le fils de l’ancien chef d’Etat a de nouveau indiqué qu’il n’était « candidat nulle part », il a tout de même conclu son propos par « Je ne suis pas candidat…encore ».
Les réactions locales
Évidemment, de part et d’autre de l’échiquier politique local, on grince des dents. Pour Julien Picot, secrétaire départemental du Parti Communiste Français (PCF), il s’agit d’une « candidature spectacle » surgie « des hauteurs dorées de Neuilly ou de New York », dans laquelle la mairie de Menton serait semblable à une « vitrine Instagram ». « Que connaît Monsieur Sarkozy des réalités mentonnaises ? La réponse est simple : rien. Mais quand on s’appelle Sarkozy, il semble qu’un nom suffise à prétendre à tout », a-t-il déclaré à nos confrères de Nice-Matin. Côté Rassemblement National, Gabriel Tomatis, député suppléant d’Alexandra Masson, qui semble elle aussi vouloir briguer la mairie de Menton sans l’avoir officiellement confirmé, fustige auprès du quotidien local : « La seule évocation de la candidature d’Alexandra Masson leur fait si peur qu’ils vont jusqu’à chercher leur candidat à Neuilly, en la personne de Louis Sarkozy ! ». Quant à l’actuel édile divers droite de Menton, Yves Juhel, il semble logiquement bien moins dérangé. « On fait partie de la même formation politique mais je ne le connais pas personnellement. Je ne connais que son parcours et je constate que c’est quelqu’un de brillant et de compétent. Il a indiqué qu’il voulait se lancer en politique et il a le droit de regarder où il veut, je n’ai pas de commentaire à faire. Cela montre que Menton est une ville attractive sur le plan politique », a-t-il déclaré, toujours à Nice-Matin, le jour de la parution de l’article du Figaro, lors d’une réunion de quartier. Le contexte reste incertain puisqu’une seule candidature a pour l’instant été véritablement déclarée : celle de Sandra Paire, qui a récemment lancé son parti Nouvel Élan pour Menton et n’a pas souhaité réagir sur le sujet. Quoi qu’il en soit, la bataille municipale mentonnaise s’annonce mouvementée.
