C’est un sujet qui revient de temps à autre dans le débat public. Faut-il ou non créer des classes préparatoires aux grandes écoles à Monaco ? Il y a quelques années, des élus du Conseil national avaient exprimé leur souhait que ce type de cursus soit proposé en Principauté. « Il est étonnant qu’un pays comme le nôtre, avec nos moyens et notre excellence au niveau de l’éducation nationale, n’ait pas envie d’aller plus loin que le bac. Je nuance, il y a bien sûr les BTS et le lycée hôtelier qui offrent des formations à bac + 2, mais il est vrai qu’il est dommage que cette voie pour accéder aux grandes études ne soit pas accessible aux résidents de la Principauté », avait notamment argumenté en 2021, Stéphane Valeri, jadis, président du Conseil national. Dans le dernier numéro de Monaco économie (édition d’août à octobre 2024), la question a été posée à celle qui a été aux manettes de l’éducation nationale pendant 13 ans, Isabelle Bonnal. « Actuellement, ce n’est pas envisagé, indique celle qui est désormais remplacée par Jean-Philippe Vinci. Certes, l’ouverture de division de Classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) à Monaco pourrait donner du prestige au système éducatif monégasque mais aucune raison sérieuse ne semble valider la nécessité de cette création. »
La cause ? Les statistiques font apparaître que 12% des élèves scolarisés à Monaco font le choix d’une classe préparatoire (contre 8,1% en France) « un chiffre significatif mais faible au regard des effectifs, rajoute Isabelle Bonnal. En comparaison, il y a beaucoup plus d’élèves qui choisissent de poursuivre leurs études à l’étranger. La création d’une CPGE monégasque se limiterait donc à une formation de haut niveau pour intégrer certaines formations universitaires sélectives. Cette fonction ne serait pas adaptée au contexte monégasque puisqu’aujourd’hui les élèves scolarisés à Monaco réussissent à être admis dans des filières sélectives, sans avoir besoin de passer par ce type de passerelle. »

