Willy Delajod, l’arbitre au centre des polémiques suite à des décisions contestées lors du match entre l’Olympique de Marseille et l’AS Monaco, a témoigné du harcèlement subi ensuite sur les réseaux sociaux, et même sur sa propre ligne téléphonique.
L’arbitre français Willy Delajod s’est exprimé le 26 février dans les colonnes du Dauphiné libéré sur le calvaire qu’il a subi après son arbitrage controversé lors du match de Ligue 1 entre l’Olympique de Marseille et l’AS Monaco. La rencontre, qui s’est déroulée le 27 janvier dernier au stade Vélodrome s’était conclue par une égalité (2-2) sur fond de vive colère du côté monégasque.
En cause, l’expulsion sévère du défenseur Guillermo Maripan dès la 11ème minute de jeu, qui avait enflammé les esprits, ainsi que celle de Denis Zakaria en fin de rencontre. Le club monégasque et ses supporters se sont par ailleurs plaint d’une faute du milieu marseillais Soglo qui, elle, n’a pas été sanctionnée. Le Directeur Général du Club, Thiago Scuro, a exprimé son mécontentement lors d’une conférence de presse, déclarant : « Un grand match avec des grands joueurs mais pas avec une bonne qualité d’arbitrage ».
Insultes et menaces sur les réseaux sociaux, et même par téléphone
Le problème, c’est que les commentaires ne se sont pas limités à la salle de presse ni à de simples critiques. Le tribunal populaire s’est également fait entendre sur les réseaux sociaux : de nombreux internautes ont qualifié l’arbitrage d’« honteux », « scandaleux », « catastrophique », accusant Willy Delajod d’avoir été acheté, certains écrivant qu’il n’avait « plus rien à faire sur un terrain »… sans parler de ceux qui comprenaient des insultes et des menaces.
Les plus extrémistes ont carrément trouvé son numéro de téléphone pour le menacer de vive voix. « Mon téléphone sonnait toutes les deux minutes. J’ai dû faire face à beaucoup de contestations sur les réseaux sociaux jusqu’à demander à mon agence de communication de supprimer tous les messages de haine », a expliqué l’arbitre dans l’interview du Dauphiné après avoir tout de même reconnu « ne pas avoir été performant ». Il a ajouté avoir eu du mal à digérer le fait qu’on lui retire le match qu’il devait arbitrer le week-end suivant, à la fois pour le protéger et pour le sanctionner.
Willy Delajod a par ailleurs pointé du doigt l’AS Monaco : « Quand un club se sent lésé, il pousse de tout son poids sur un arbitre qui va se retrouver seul contre 3 000. Les gens pensent que l’arbitre est indémontable, mais non », a-t-il déclaré. Aidé dans cette épreuve par un préparateur mental, il a repris ses fonctions et officié deux matchs depuis.

