Les jeunes en Principauté ont le droit d’acheter des cigarettes dans les bureaux de tabac à partir de 16 ans, alors que l’âge minimum légal d’achat en France et dans les autres pays européens, est de 18 ans. Les autorités sanitaires monégasques réfléchissent enfin à revoir ce dispositif légal.
Si Monaco assure vouloir lutter contre le tabagisme des jeunes, une mesure de bon sens a manifestement été laissée aux oubliettes… Alors que dans l’ensemble des pays européens, la vente de tabac est interdite aux mineurs de moins de 18 ans, à Monaco, l’âge minimum légal d’achat est toujours fixé à 16 ans. En prenant ses fonctions, le nouveau ministre de la santé monégasque, Christophe Robino, s’en est manifestement étonné : « J’ai constaté avec effroi la législation en vigueur en Principauté », a-t-il indiqué en séance publique, courant octobre.
Des contrôles qui incombent aux buralistes
Effectivement, la loi relative à la protection contre le tabagisme (datant de 2008), le mentionne noir sur blanc (1) : « Nul ne peut vendre ou offrir gratuitement à des mineurs de moins de seize ans, dans les débits de tabac, tous commerces et lieux de manifestation, les produits du tabac destinés à être fumés, prisés, sucés ou mâchés dès lors qu’ils sont même partiellement constitués de tabac, à la seule exclusion des produits qui sont destinés à un usage médicamenteux », peut-on lire. A Monaco, comme en France, ce sont les buralistes qui doivent exiger une pièce d’identité en cas de doute sur l’âge des clients. Un système qui, toutefois, n’est pas sans faille. « Il est évident que nous n’avons pas un policier derrière chaque acheteur et chaque vendeur pour s’assurer en permanence que cette obligation est bien respectée », a rajouté sur ce sujet Patrice Cellario, conseiller-ministre à l’Intérieur.
15 ans après la France
En France, c’est en 2009 que le gouvernement a renforcé sa politique de lutte contre le tabagisme en interdisant la vente de tabac aux mineurs de moins de 18 ans (contre 16 ans auparavant) (2). Près de 15 ans plus tard, Monaco devrait donc emboîter le pas. Le département des affaires sociales et de la santé a en effet annoncé vouloir modifier un certain nombre de dispositifs dans cette loi monégasque datant de 2008. « Nous allons établir un texte qui remette en cause un certain nombre de dispositions afin de protéger tous les mineurs », a-t-il ajouté.
La puff, c’est bientôt fini aussi à Monaco
Parmi les autres changements à venir : la “puff”. Cette cigarette électronique très populaire chez les adolescents va bientôt être interdite en France, mais aussi à Monaco. « Le texte est quasiment finalisé. Il faut ensuite s’assurer qu’il n’y ait pas d’ambiguïté dans la rédaction du texte auprès de la Direction des affaires juridiques (DAJ) et nous allons rapidement le proposer au Conseil national, a indiqué encore Christophe Robino. La diffusion de ces systèmes jetables n’est pas souhaitable pour deux raisons. Sanitaire, d’abord, puisque l’on sait que le risque de passage de la puff au tabagisme avéré chez les adolescents est un risque très fort, du fait de la teneur en nicotine. Environnemental, ensuite, puisque ces dispositifs à piles sont jetés n’importe où avec des conséquences sur l’environnement. Cette préoccupation est partagée par la France et de nombreux pays européens. »
(1) Loi n° 1.346 du 9 mai 2008.
(2) C’est en 2003 que la France interdit toute vente des produits du tabac aux mineurs de moins de 16 ans. Ce dispositif a été étendu aux moins de 18 ans en juillet 2009.

