Entre 250 000 et 600 000 euros, c’est le montant exorbitant que doivent débourser les acheteurs en quête d’une place de parking ou d’un box privé à Monaco.
On savait que le prix des appartements au mètre carré en principauté atteignait des chiffres astronomiques. C’était sans compter sur le business sous-terrain des places de parking privé qui fait grandement monter les enchères. Les raisons de ces montants stratosphériques sont multiples. D’une part, le nombre insuffisant de parkings privés ou de box dans les immeubles qui n’en sont pas tous pourvus. D’autre part, des places sous dimensionnées qui ne conviennent plus aux modèles de véhicules utilisés par les propriétaires actuels. Le résultat, c’est un marchandage toujours en faveur du vendeur qui n’a aucun mal à revendre sa place de parking. « En cinq ou dix ans, il y a eu une vraie inflation. Les prix ont plus progressé que le prix au mètre carré. Il y a 10 ans, les prix oscillaient entre 150 000 et 200 000 euros », confirme Jean-Yves Le Graverend, directeur de John Taylor. Selon, Kate Dorfman, directrice de l’agence immobilière Caroli Real Estate, posséder des parkings privés en principauté permettrait clairement « d’avoir une rentabilité plus élevée qu’avec des appartements. »
Un million d’euros sur le Rocher
Les agents immobiliers interrogés par l’Obs’ confirment tous cette tendance haussière. « Il n’y en a pas assez, il y a donc toujours de la demande », résume Jean-Yves Le Graverend. Pour une simple place de parking privé, il faudra donc compter au minimum sur 250 000 euros. Un peu moins si on en accepte les conditions. « Au Trocadéro, place des Moulins, on peut trouver une place à 180 000 euros minimum mais pour un parking assez étroit », indique Laurent Locchi, directeur adjoint de l’agence Miells Christie’s. Le business de la place de parking privé est même devenu le théâtre des surenchères les plus folles. « Dans certains quartiers, c’est une caricature. A Monaco-Ville par exemple, il n’y en a tellement pas, que le box fermé se vend à un million d’euros sans problème », révèle encore l’agent immobilier. A ce prix-là, il n’y en aurait que 5 ou 6 en tout en Principauté et qui changent peu de mains.
Des places trop petites (ou des voitures trop grosses)
Autre problème relevé par nos professionnels de l’immobilier : de nombreux parkings en principauté sont relativement petits. « Les propriétaires de grosses voitures de luxe ne peuvent donc pas stationner leur véhicule… », note Kate Dorfman. « Au Château Périgord 1 et 2 par exemple, qui datent des années 1970, de base, il n’y avait pas une place de parking par appartement. De plus, les standards de taille de l’époque ne correspondent plus aux besoins d’aujourd’hui. Dans ces résidences, vous vous retrouvez ainsi avec une place de 2m50 de large alors qu’il faudrait au moins 2m70 de large sur 5 mètres de long pour disposer d’une place confortable », explique Jean-Yves Le Graverend. Cette clientèle aisée en quête désespérée de places XL est donc prête à débourser des sommes astronomiques. « Les propriétaires sont effectivement prêts à payer n’importe quel prix pour disposer d’un parking suffisamment grand. Dès qu’un parking se libère dans une résidence luxueuse, les acheteurs se l’arrachent et les prix peuvent s’envoler très vite », constate encore Kate Dorfman. En moyenne, pour décrocher une « belle place », il faut désormais tabler sur 500 000 à 600 000 euros.
