Après l’annonce du gouvernement monégasque de suspendre les négociations avec l’Union européenne, le Conseil national, le think tank Objectif Monaco mais également Robert Fillon et Bernard Pasquier ont aussitôt réagi.
Le Conseil national encourage le gouvernement à conclure des accords sectoriels
Le Conseil national qui se qualifie non pas « d’anti-européen » mais « d’euro-pragmatique » a rapidement réagi après l’annonce du gouvernement de suspendre les négociations avec Bruxelles. Les élus ont indiqué « prendre acte » de la suspension des négociations. « La position très ferme de notre Assemblée, que les Monégasques connaissent bien, aura permis aux négociateurs de la Principauté de ne pas reculer. » Avant d’ajouter : « En toute responsabilité et conscients des besoins de certains de nos acteurs économiques, les conseillères nationales et les conseillers nationaux encouragent le gouvernement à poursuivre le dialogue en vue d’éventuels futurs accords sectoriels qui n’engageraient pas la pérennité de notre modèle.» A noter enfin que l’étude d’impact qui avait été diligentée par le Conseil national fera l’objet d’une présentation à la presse dans les prochaines semaines.
Pour Objectif Monaco : « Une décision qui évite à la Principauté un saut dans l’inconnu »
Les membres du bureau de l’association Objectif Monaco ont également réagi. Ils disent « partager cette décision du Prince » de suspendre les négociations avec l’Union européenne. Avant d’ajouter : « La préservation des grands principes qui fondent l’identité de la Principauté a prévalu, ainsi que le constat de l’incompatibilité du mandat de négociation avec lesdits principes. Elle reflète aussi l’avis de la population, notamment économique, sur la nécessité de protéger notre modèle social. Une décision qui évite à la Principauté un saut dans l’inconnu alors que nous sommes déjà confrontés à de nombreux défis.» Le think tank précise qu’il continuera à exister et « reste à la disposition du gouvernement pour contribuer aux réflexions quant à notre droit ou notre diversification, dans le respect de nos spécificités et de notre population.»
Robert Fillon et Bernard Pasquier : « On parle bien d’une suspension et non pas d’un abandon »
Le cercle de réflexion créé par Robert Fillon et Bernard Pasquier nous a également transmis une réaction : « Tout d’abord, nous tenons à rappeler que l’objectif fondamental de cette négociation était de combler un certain nombre de vides juridiques entravant l’accès de nos entreprises au marché unique européen. Le Ministre d’Etat l’a rappelé lui-même il y a peu : Monaco a besoin d’un accord avec l’Europe. Il est bien évident par ailleurs, et nous l’avons toujours souligné, que la Principauté ne saurait s’engager sur un texte que si celui-ci apparaît équilibré. Ce que laisse entendre le communiqué du gouvernement – en dépit de sa formulation peu détaillée – c’est que cet objectif n’avait pas été atteint. Il est possible qu’il puisse l’être ultérieurement, sur la base d’un mandat différent ou modifié de la Commission européenne. En attendant, il nous semble essentiel que la cessation provisoire (car on parle bien d’une suspension et non pas d’un abandon) de cette négociation apparaisse le moins possible comme un échec. Pour cela, la mise en évidence auprès des Autorités européennes du travail déjà effectué de reprise de l’acquis communautaire et, plus généralement, de la volonté de coopération de la Principauté, apparaîtra sans aucun doute comme un élément décisif. Nous pensons qu’il est important d’insister sur cet aspect.»
