Au fil des décennies, le célèbre couturier allemand et la princesse Caroline de Monaco ont développé des liens d’amitié très forts.
Le célèbre styliste, Karl Lagerfeld, a eu durant des décennies des liens très étroits avec la Principauté et la famille princière en particulier, et ce, dès le début des années 80. Trois mois seulement après l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en France, en 1981, le couturier s’installe à Monaco « pour des raisons fiscales », précise Raphaëlle Bacqué, journaliste au quotidien Le Monde qui a publié la toute première biographie consacrée à l’ex-directeur artistique de Chanel(1). De la villa La Vigie (entièrement restaurée et louée pendant 14 ans) à l’appartement tout en haut du Millefiori avec vue sur le Casino de Monte-Carlo, Karl Lagerfeld avait trouvé un cocon doré en principauté. « C’est mon paradis, moi qui suis un papillon international. J’ai été accueilli à Monaco comme nulle part ailleurs », avait-il d’ailleurs déclaré. En Principauté, il développe également un cercle d’amis aux côtés du photographe australien d’origine allemande, Helmut Newton (1920-2004).
Une rencontre dès l’âge de 16 ans
Mais l’amitié la plus marquante est sans nul doute celle qu’il a nouée avec la princesse Caroline. « Il l’a connue très jeune, alors qu’elle n’avait que 16 ans. C’était à l’occasion d’une séance photo, organisée par un magazine. Un peu plus tard, un autre magazine a demandé à la princesse Caroline d’être rédactrice en chef d’un numéro. Elle a demandé à Karl Lagerfeld de le faire avec elle, et d’être à la fois son conseiller et son photographe. Leur relation s’est nouée comme ça », rappelle encore la journaliste Raphaëlle Bacqué. Selon elle, les princesses Caroline et Stéphanie se sont ensuite occupées de Jacques de Bascher, le compagnon de Karl Lagerfeld atteint du sida et décédé à 38 ans, en 1989. Ce dandy parisien s’est alors très souvent réfugié à Monaco. « Notamment parce qu’il ne voulait plus être vu ainsi à Paris, où il était une figure mondaine extrêmement importante. Il passait son temps emmitouflé au soleil », raconte-t-elle.
« Une entraide dans le malheur » avec la princesse Caroline
Lorsque Caroline de Monaco perd son mari, Stefano Casiraghi en 1990 alors âgé seulement de 30 ans, Karl Lagerfeld lui apporte à son tour un grand soutien. « La princesse Caroline venait très souvent dans l’une de ses maisons de campagne, autour de Paris. Il lui écrivait sans cesse. Ils se sont entraidés dans le malheur. Leur amitié profonde et intime est née comme cela : dans un mélange de mondanité, de gaieté, et aussi dans cette entraide dans le malheur. » L’hebdomadaire Le Point a révélé il y a quelques semaines que dans le testament de Karl Lagerfeld, Caroline de Monaco, Amanda Harlech (rédactrice de mode et collaboratrice) et la directrice de la maison Chanel, Virginie Viard, pourraient choisir certains des meubles du couturier.
(1) Extrait d’une interview de Raphaëlle Bacqué accordée à Monaco Hebdo : « Karl Lagerfeld a voulu faire de sa vie quelque chose d’extraordinaire »
