La Société des Bains de Mer souhaite un agrandissement et une refonte totale du Sporting d’été et de la Salle des étoiles. Le groupe désormais dirigé par Stéphane Valeri est également candidat pour la reprise de l’Hôtel Méridien au Larvotto.
C’était il y a presque 50 ans… En 1974, Joséphine Baker inaugure en grande pompe la Salle des étoiles du Sporting d’été. Depuis cinq décennies, une pléiade de stars internationales s’y produit. Mais de l’aveu même du nouveau président de la Société des Bains de Mer, si ce bâtiment, qui abrite également le restaurant Coya et la boite de nuit le Jimmy’z, a « extrêmement bien vieilli », il faut sérieusement songer à lui donner une plus grande envergure. « C’est un très grand défi qu’il faudra relever ces prochaines années », a d’ores et déjà annoncé Stéphane Valeri. Au-delà de son aspect esthétique, la capacité d’accueil est désormais bien trop réduite pour les nouvelles ambitions de la SBM.
De 1000 à 670 couverts à la Salle des étoiles
« Avec les normes européennes de sécurité qui nous sont de plus en plus imposées, la Salle des étoiles qui a été conçue au départ pour recevoir 1000 personnes en dîner, ne peut accueillir désormais, qu’environ 670 couverts. Soit un tiers de capacité en moins, a rappelé Stéphane Valeri. Ne serait-ce que pour cela, si l’on veut faire de grandes soirées à Monaco, il est clair qu’il faut repenser complètement le Sporting d’été avec notamment une très grande salle de spectacles. » S’agira-t-il d’une démolition/reconstruction, ou bien d’une vaste rénovation ? A ce stade, rien n’est encore acté. « Nous en sommes véritablement aux ébauches de réflexion », indique-t-il. Le dirigeant de la SBM échafaude toutefois déjà dans son esprit un projet qui pourrait aller bien au-delà du simple Sporting. Et pour cause.
Une urbanisation totalement revue de la presqu’île ?
La Société des Bains de Mer est en effet totalement propriétaire de la presqu’île du Larvotto. Le champ des possibles est donc large sur cette portion de territoire… « Deux possibilités s’offrent à nous. Soit – et c’est déjà un sacré projet – nous reconstruisons le Sporting d’été sur le site actuel avec, notamment, une plus grande salle de spectacles, des boîtes de nuit et des restaurants, mais en ne touchant pas l’urbanisation globale que l’on connaît aujourd’hui. Soit, on repense totalement l’urbanisation de la presqu’île, indique Stéphane Valeri. C’est-à-dire que l’on change la localisation de certaines constructions et de la salle de spectacles, on repense les parkings, et on intègre beaucoup de verdure et d’espaces verts. On pourrait également envisager d’enterrer cette route d’accès en surface qui n’est pas très utile entre l’avenue princesse Grace et le Sporting actuel. Le débat est devant nous. Et il sera bien évidemment tranché avec l’actionnaire de référence, à savoir l’Etat monégasque. »
La SBM sera candidate à la reprise du Méridien
Autre défi en perspective pour la SBM : la reconstruction et la modernisation du Méridien au Larvotto. « Ce n’est pas un terrain qui nous appartient. C’est un terrain qui appartient à l’Etat monégasque. Nous avons simplement le fonds de commerce », a rappelé en préambule le président-délégué qui n’a toutefois pas fait de mystère sur les intentions du groupe par rapport à ce projet. La SBM sera bel et bien candidate à la reprise du Méridien pour proposer au gouvernement un nouveau complexe hôtelier. « J’espère que l’on sera retenu pour être le groupe qui va repenser, reconstruire et exploiter ce futur 4 ou 5 étoiles. C’est un endroit extraordinaire. C’est le seul emplacement en Principauté où l’on peut proposer encore une plage privée, a-t-il rappelé. Je pense que l’on est assez bien placé pour savoir quel est le bon programme à proposer dans ce futur resort. On pourrait y mettre tout notre savoir-faire. » Là encore, le groupe n’a pas définitivement tranché si une démolition/reconstruction est nécessaire ou si une rénovation en profondeur suffit. Mais Stéphane Valeri a déjà, semble-t-il, sa petite idée sur la question… « Cela me semble assez évident, mais n’étant pas un expert, je serai peut-être démenti dans les prochains mois, que ce bâtiment Holiday Inn datant des années 70 doit être complément démoli et reconstruit et non pas amélioré et rénové. C’est ma première impression. On peut d’ailleurs imaginer construire deux bâtiments avec des espaces verts et des piscines au milieu pour proposer quelque chose d’aéré. Nous ne sommes pas obligés de faire une grande tour »,a-t-il suggéré.

Une continuité territoriale du Méridien jusqu’au Beach
De plus, si le Méridien devient à l’avenir un nouveau fief de la SBM, Stéphane Valeri y voit une continuité territoriale cohérente avec les autres établissements du groupe situés à proximité. « On part du Méridien, on arrive ensuite sur notre presqu’île, on continue avec le Monte-Carlo Bay et on finit par le Monte-Carlo Beach. On voit là qu’il y a un resort SBM incroyable qui peut être pensé de manière globale avec des urbanistes, indique le président-délégué. Je vous rappelle également que la route qui relie aujourd’hui le Monte-Carlo Bay au Monte-Carlo Beach appartient à la SBM. Nous avons donné l’autorisation à l’Etat français de circuler sur cette route mais cet espace appartient à la SBM. Y compris la forêt située derrière. Des urbanistes commencent à me dire que l’on pourrait aussi dévier cette route… ».
