Monaco Gourmet Collection a été créé en 2014 par Grégory Rougaignon. Derrière ce groupe de restauration rapide, se cachent des enseignes bien connues des résidents et des salariés de la Principauté : A Roca, A Roca Gourmet, Poké Toké, et Ici Salad. Le directeur général nous dévoile les coulisses de cette success story monégasque.
Monaco Gourmet Collection a été créé il y a presque 10 ans. Si l’on cumule les quatre activités principales du groupe, à savoir A Roca, A Roca Gourmet, Poké Toké, et Ici Salad, combien de salariés employez-vous au total aujourd’hui ? Et recrutez-vous ?
Nous employons actuellement 55 personnes, et même si notre turn-over en termes de ressources humaines est relativement faible, nous sommes régulièrement à la recherche de personnel de cuisine ou de service.
Combien de commerces physiques avez-vous en principauté ?
Nous avons sept points de vente à Monaco qui couvrent de façon relativement homogène l’ensemble de la Principauté. Quatre points de vente A Roca, et trois points de vente ICI Salad Bar.


Pouvez-vous nous décrire votre atelier de production ?
Notre laboratoire de production est situé dans le quartier de Fontvieille et plus précisément dans la rue du Gabian, au Lumigean. Notre laboratoire, d’une superficie de 520m2 dispose d’un atelier de préparation froide, d’un atelier de préparation chaude, d’un atelier dédié à la confection des pâtes, d’un atelier pâtisserie, et pour finir, un atelier dédié à la production du service “traiteur“.
Combien de salariés y travaillent ?
Pour assurer une production efficace, nous avons constitué une équipe de professionnels de 20 salariés qui s’alternent en continu, matin et soir.
Avez-une idée du volume de production par jour ?
Concernant le volume de production et pour vous donner quelques chiffres évocateurs, nous réalisons quotidiennement plus de 5000 barbagiuans, un millier de desserts, et suffisamment de sandwichs, soupe, spécialités, base de salade, et toppings, pour alimenter près de 1500 personnes par jour pour le déjeuner. Pour le Grand Prix de F1, au-delà des points de vente, nous pouvons produire jusqu’à 1500 repas par jour délivrés sur plus d’une trentaine de terrasses.
Beaucoup d’industriels évoquent la difficulté logistique et technique en Principauté de produire en étages, dans des immeubles. Est-ce également contraignant pour votre activité ?
Il serait bien entendu plus simple de se situer en rez-de-chaussée ! D’un autre côté, Monaco est ainsi fait, et vu la superficie disponible, nous n’avons pas d’autre choix que de construire des immeubles avec beaucoup d’étages ! Nous devons donc composer avec ce type de contraintes. Et même si elles existent, elles se gèrent et s’anticipent.
De nombreux industriels évoquent également le problème du manque de surface. Auriez-vous besoin de vous étendre davantage ?
La surface est un problème assez récurrent pour toute entreprise qui se développe ! Raison pour laquelle nous envisageons d’agrandir notre laboratoire de production fin 2023… Une fois le lieu trouvé (ce qui est notre cas depuis 2016) le plus compliqué reste de définir qu’elle sera la surface supplémentaire la mieux appropriée, la possibilité de gagner ces m2 et pour quel gain ? Il faut prendre en compte plusieurs critères : le confort de travail, l’augmentation de notre capacité de production mais aussi de notre chiffre d’affaires.
Les coûts des locaux industriels en Principauté sont-ils trop élevés selon vous ?
Ils le sont toujours ! Mais le gouvernement contribue grandement à nous aider, en proposant, sous réserve du respect de certains critères, une prime industrielle.
Est-ce que la hausse du coût des matières premières et l’augmentation des prix de l’énergie ont un gros impact sur votre entreprise ?
Nous devons faire face à une augmentation moyenne de 10% à 12% des matières premières, voire plus dans certains cas. Concernant l’énergie, l’augmentation est de plus de 30%. Les tickets moyens sur nos points de vente sont relativement bas car notre volonté depuis toujours est de permettre l’accès à nos établissements pour tous.
Notre marge ne nous permettait donc pas de ne rien répercuter sur le consommateur final. L’impact est donc réel et nos prix ont subi une légère hausse il y a quelques mois. Cela était inévitable pour la survie de l’entreprise.
Estimez-vous que les aides mises en place par la Principauté soient suffisantes pour surmonter ces difficultés ?
Quand je vois la flambée du prix de l’électricité en France, je m’estime privilégié.
Quel est le chiffre d’affaires du groupe ?
Notre chiffre d’affaires prévu pour 2023 devrait avoisiner 6,5 millions d’euros HT.
Avez-vous des projets ?
Conserver mes équipes, malgré les temps qui courent… Continuer de servir au minimum 1500 repas tous les midis. Pouvoir m’adresser à l’ensemble de la population monégasque et des pendulaires et continuer le développement sur la partie “traiteur“ de notre activité A Roca Gourmet.
Activités du groupe : de A Roca à Ici Salad
Le groupe de restauration Monaco Gourmet collection regroupe quatre activités principales. La marque A Roca, bien connue des Monégasques, des résidents et des salariés, est la plus ancienne. « Elle a intégré Monaco Gourmet Collection en 2016. Elle propose une offre de snacking variée, et sa notoriété pour les spécialités monégasques qu’elle propose n’est plus à faire, notamment avec son célèbre barbagiuan… connu de tous ! », précise Grégory Rougaignon. ICI Saladbar est une autre marque de restauration rapide proposant elle aussi une offre variée. Le concept tourne autour de la salade sur mesure. « Du choix de la base, aux ingrédients, en passant par la sauce, le client peut composer exactement la salade de son choix », précise le dirigeant. Poke Toqué, son petit frère, dernière-née du groupe, n’est disponible qu’en livraison et propose, comme son nom l’indique, des Poke Bowl sur mesure. Quant à la marque A Roca Gourmet, qui est le service traiteur du groupe, elle a été créée en 2014 lors de la création du groupe.
« Depuis sa création, cette activité n’a cessé de se développer, hors années Covid 2019/2020 bien sûr ! », précise encore Grégory Rougaignon.
Bio express : de l’industrie pharmaceutique à l’industrie alimentaire
A l’origine, Grégory Rougaignon n’était pas tout à fait destiné à faire carrière dans la restauration rapide. C’est en effet dans un tout autre domaine qu’il a débuté sa carrière professionnelle. Après un parcours en tant que chef produit dans l’industrie pharmaceutique, et quelques années dans l’automobile, il a souhaité s’orienter vers le secteur de la restauration. C’était en 2013. « Il y a dix ans, je rentrais en tant qu’investisseur dans ce domaine que je découvrais totalement. Trois ans plus tard, je n’ai pas eu d’autre choix que de m’en occuper personnellement… pour mon plus grand plaisir ! », assure-t-il.


