C’est un sujet régulièrement pointé du doigt par les syndicats à Monaco… Contrairement à la France, l’intérim en Principauté n’est pas réglementé par une loi spécifique. Pourtant, ce mode de travail concerne de très nombreux travailleurs en Principauté.
C’est un mode de travail qui concerne plusieurs milliers de salariés à Monaco. Pourtant, en dehors d’une charte de bon fonctionnement — charte qui n’a donc rien de contraignant — l’intérim n’est étonnamment pas réglementé dans la loi monégasque. Cet encadrement juridique est donc attendu de pied ferme (et depuis longtemps) par les organisations syndicales monégasques. « Cela fait 20 ans que l’on réclame une législation sur l’intérim », rappelle notamment Olivier Cardot, secrétaire général de l’Union des syndicats de Monaco. Dans ce texte, plusieurs points essentiels devraient être abordés : les conditions d’embauche, de rémunération, de licenciement, mais aussi les droits des salariés en termes d’accompagnement, de formation, de sécurité au travail, ou encore de suivi médical. La F2SM aussi réclame qu’une législation sur le travail intérimaire soit enfin votée à Monaco. « Il y a deux sortes de salariés : ceux qui souhaitent rester en intérim. Ils pourront toujours le rester si c’est leur souhait. En revanche, il y a également tous ceux qui souhaitent basculer sur des contrats plus classiques et qui sont en intérim depuis des années. Il faut qu’on puisse leur proposer », insiste Cédrick Lanari, le président de cette organisation syndicale.
La majorité des intérimaires dans le bâtiment
Si cette législation est très attendue par les syndicats c’est aussi parce que l’intérim concerne un nombre très élevé de travailleurs à Monaco. Selon une récente étude de l’IMSEE, pas moins de 11 390 personnes ont travaillé (au moins une heure) sous ce statut en 2021 (toutes durées de missions confondues). C’est sans surprise dans le bâtiment qu’ils sont les plus nombreux : « La construction représente toujours plus de la moitié des missions effectuées », précise l’institut statistique. Autre donnée intéressante : l’hébergement/restauration, un secteur traditionnellement pourvoyeur de missions d’intérim, ne retrouve pas (loin de là) son niveau d’avant la pandémie. Ce domaine d’activité a embauché en 2021 moins de 3% d’intérimaires contre, 20 % en 2019.
Des jeunes et des hommes
La population intérimaire est également très majoritairement masculine. En 2021, cette main d’œuvre est en effet composée de près de 9 000 hommes pour environ 2 400 femmes, soit une population masculine à près de 80 % (proportion identique à l’année précédente). Autre caractéristique : ils sont également en grande majorité jeunes. « Les intérimaires sont âgés de 38 ans en moyenne en 2021 (contre 42 ans dans le secteur privé) », rajoute l’IMSEE.
Des Français, des Italiens et des Portugais
Côté nationalités, quasi 50 % sont Français (alors que cette communauté pèse plus de 60 % de l’effectif salarié du secteur privé). Les autres sont à 15 % des Italiens et à 16 % des Portugais. Les Monégasques sont quant à eux très peu nombreux (moins de 100 personnes). Par ailleurs, la large majorité de ces intérimaires ne vit pas à Monaco. En 2021, près de 85 % résident en France, 12 % en Italie, et moins de 3 % à Monaco.
