mardi 23 juin 2026
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    À la découverte des villas les plus emblématiques de Cap d’Ail

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    Vous êtes sans doute déjà passé devant plusieurs fois, mais connaissez-vous l’histoire des villas de Cap d’Ail ? Dans un écrin de verdure ou face à la Méditerranée, certaines d’entre elles ont appartenu à Sacha Guitry ou aux frères Lumières. Des hôtes comme Winston Churchill et le Roi des Belges y ont séjourné… Zoom sur huit demeures légendaires.

    Le Château des Terrasses : le lieu de culture des Cap d’Aillois

    © Ville de Cap d’Ail

    Commençons notre visite par le Château des Terrasses, bien connu des Cap d’Aillois. C’est dans cette superbe demeure qu’un grand nombre d’expositions ou de concerts sont organisés. Une bâtisse Belle époque qui dénote des autres par ses murs orangés faits de briques et de chaux. Pour la petite histoire, en 1895, le Grand-Duc Georges Alexandrovitch, frère du Tsar Nicolas II, séjournera au Château des Terrasses. Il sera rejoint par sa mère, l’impératrice Maria Feodorovna accompagnée du Prince Michel et de la Princesse Olga. Il recevra aussi la visite du Président de la République française Félix Faure et celle de sa cousine qui n’est autre que la Reine Victoria. Acquis un temps par l’ancienne Prima Donna de l’Opéra de Saint-Pétersbourg dans les années 30, le Château passera aux mains du vice-consul d’Angleterre, Mr Buckingham. En 2001, il sera cédé à la ville de Cap d’Ail. Depuis, il a été restauré même si un maximum d’éléments a été conservé. Le parquet, le marbre et les cheminées sont d’origine, tout comme les fresques peintes à la main sous les escaliers et la mosaïque sur les spacieux balcons. On remarque aussi les grandes fenêtres qui permettaient de profiter des journées d’hiver, sans oublier les jardins dans lesquels une multitude d’espèces de végétaux prospère. Pensez-y, des réceptions peuvent être données dans cette somptueuse villa qui, il faut le dire, a de quoi impressionner vos convives !

    « Le parquet, le marbre et les cheminées sont d’origine, tout comme les fresques peintes à la main sous les escaliers »

    La villa Mirasol : l’inspiration de Gabrielle Réval

    © Sarah Incari

    L’endroit l’a beaucoup inspiré dans ses écrits… Gabrielle Réval, écrivaine renommée du XXème siècle, a fait construire cette villa blanche aux larges terrasses vers 1908. La femme de lettres y rédigera plusieurs ouvrages comme La bachelière et Lycéennes… Elle est également à l’origine du premier guide touristique sur la Côte d’Azur dans lequel elle rend un hommage à Cap d’Ail. Elle écrira : « Que signifie ce nom, qui est resté dans le patois du pays Cap d’Aglio ? Laissons le mystère de ses origines pour n’admirer que son décor ravissant ». Après elle, Madame Rouzeaud, marquise de Sévigné, habitera de nombreuses années dans cette bâtisse. Comme en témoigne son livre d’or, elle a reçu des invités prestigieux. Joséphine Baker, Marie Lecomte, Arlette Dorgère et Emma Colué, pour ne citer qu’elles. Vers 1925, la villa passe aux mains d’une anglaise Mrs Dwights-Harris qui elle aussi, y reçut de hautes personnalités comme le roi Gustave V de Suède ou encore Winston et Diane Churchill.

    « Comme en témoigne son livre d’or, GabrielLE Réval a reçu des invités prestigieux comme Joséphine Baker, Marie Lecomte, Arlette Dorgère et Emma Colué »

    La villa Lumière : quand le 7ème art s’invite à Cap d’Ail

    © Ville de Cap d’Ail

    Antoine, le père de Louis et Auguste Lumière, a compris que l’invention du cinématographe et de la plage photo couleur pouvait rapporter des profits importants. C’est donc lui, Antoine Lumière qui incita ses fils à organiser des séances cinématographiques publiques et payantes. Direction Nice en 1896. Les Lumière organisent une projection sur le carnaval de Nice. Le charme de la Côte d’Azur opère. Antoine fait bâtir en 1902 trois grandes villas blanches à Cap d’Ail. À la belle saison, les frères Lumière étaient tour à tour en villégiature dans l’une de ces trois maisons. Tours aux angles adoucis façon bow windows portés par des culs-de-lampe ornés de Gordon, la villa Lumière ou Perle Blanche est sans doute la plus impressionnante. Elle appartenait à l’un des fils, Auguste. C’est aussi l’une des rares villas à être exposée en direction, non pas de la mer, mais de l’hôtel Eden qui constitue alors, la principale attraction de la station. À l’est de la villa Lumière, La Pergola du père Antoine, qui a été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. Seuls les piliers du portail et la grille de clôture sont encore en place. Enfin, la villa Hélios, située devant le fameux hôtel, appartenait au deuxième frère, Louis. Elle existe toujours et a été divisée en plusieurs appartements.

    « Les Lumière ont organisé une projection sur le carnaval de Nice en 1896 »

    L’Eden : l’hôtel à la pointe de la modernité

    © Ville de Cap d’Ail

    l rivalise par son luxe et la modernité de ses équipements avec les plus grands palaces de la Côte d’Azur. Inauguré à la fin du XIXème siècle, ce vaste palais est construit au milieu d’un parc de 5 hectares. Il est situé entre la gare et la route Nationale à 90 mètres au-dessus de la mer. Il s’impose dans le paysage au sommet du Cap Mala par ses élévations blanches et régulières. À l’époque, les journaux étaient unanimes : c’était « le plus élégant et le plus confortable », le « mieux situé de tout le littoral ». À l’ouverture, l’hôtel compte 150 chambres équipées de salle de bain avec chauffage à vapeur, électricité, télégraphe et téléphone. L’ascenseur sera aussi, par sa rareté, une véritable attraction pour la clientèle. Plus tard, une annexe sera construite pour augmenter la capacité de l’hôtel. Aujourd’hui, la bâtisse est divisée en appartements et la totalité a été vendue à de chanceux propriétaires.

    « Il rivalise par son luxe et la modernité de ses équipements, avec les plus grands palaces de la Côte d’Azur »

    Villa Les Funambules : le refuge de Sacha Guitry

    © Sarah Incari

    Au bord de l’eau, c’est la plus blanche et la plus éblouissante de Cap d’Ail. Grâce aux cachets de sa tournée américaine, Sacha Guitry achète en 1926 cette vaste demeure aux deux tourelles octogonales. L’auteur dramatique la rebaptise “Les Funambules” et viendra y séjourner avec son épouse Yvonne Printemps. Le couple tire parti de la vue et du climat par l’ampleur des baies, l’étendue des terrasses et la présence de deux belvédères. Dès leur arrivée, leur valet avait ordre de hisser en haut d’un mat l’étendard blanc arborant les initiales G et P pour indiquer que le Maitre et son épouse étaient là. Entre chaque saison théâtrale à Paris, Sacha Guitry s’y rendait pour écrire et se reposer. C’est à Cap d’Ail qu’il écrira d’ailleurs plusieurs des ses pièces phares comme Villa à vendre. Chez lui, Sacha Guitry avait rassemblé une riche collection de tableaux notamment de femmes nues. Et pour l’anecdote, il disposait à la gare qui se trouve juste derrière, d’un quai et d’un wagon personnel. Il a habité cette villa jusqu’à sa mort. Mais après sa disparition, sa 5ème et dernière épouse Madame Lana Marconia a décidé de vendre. Aujourd’hui, le bâtiment est divisé en plusieurs habitations.

    « Entre chaque saison théâtrale à Paris, Sacha Guitry s’y rendait pour écrire et se reposer »

    L’âme de Greta Garbo plane sur la Villa The Rock

    Villa the Rock
    © Sarah Incari

    La Villa The Rock n’est pas très visible de l’extérieur, tant la végétation autour est dense. Cette magnifique demeure, construite en 1910 se situe à la pointe du cap du sentier du littoral. La vue extraordinaire a séduit l’américain d’origine russe George Shlee, prospère producteur de théâtre marié à une styliste russe surnommée Valentina. L’actrice Greta Garbo, qu’on appelait “La Divine” aura une liaison avec George qui défrayera la chronique. Elle se rendait à la villa en compagnie de Georges mais aussi de son épouse Valentina, qui forcement, ne voyait pas d’un bon oeil ces vacances à trois. La styliste qui habitait New York dans le même immeuble que sa rivale, avait toujours considéré Greta Garbo comme une sorcière. Après la disparition de son mari, elle retourna à Cap d’Ail mais uniquement après avoir fait exorciser la bâtisse par un prêtre.

    Après la disparition de son mari, Greta Garbo retourna à Cap d’Ail mais uniquement après avoir fait exorciser la bâtisse par un prêtre

    Winston Churchill écrit ses mémoires à La Capponcina

    Winston Churchill La Capponcina
    © Ville de Cap d’Ail

    Elle est de style provençal et se démarque des autres. C’est le couturier Edward Molyneux qui fait bâtir en 1926, sur l’emplacement de l’ancien Tir aux pigeons, cette villa. Elle est agrémentée d’un patio et d’une longue galerie à arcades dominant la mer. Pas de meilleur endroit pour le styliste qui y installe ses ateliers et organise des défilés de mannequins très privés. Grand collectionneur d’art, Edward Molyneux avait dix-sept Renoir, dix Eugène Boudin, sept Vuillard, un Van Gogh, des Bonnard, Monet et Matisse dont il aimait s’entourer… Après la Seconde Guerre mondiale, la villa est acquise par Lord Beaverbrook, ancien Ministre britannique de l’Armement. Proche de Winston Churchill, le “Vieux lion” viendra alors à la fin de la guerre, en villégiature chez son ami. Il apportera dans ses bagages son chevalet, ses tubes de peinture et ses milliers de notes qui lui serviront à rédiger ses mémoires… À l’été 1952, la municipalité de Cap d’Ail souhaite honorer l’attachement de Churchill qui est de nouveau premier ministre du Royaume-Uni et le fait « maire d’honneur » de Cap d’Ail. C’est dans cette ville qu’il fêtera quelques années plus tard ses noces d’or !

    « À l’été 1952, la municipalité souhaite honorer l’attachement de Churchill et le fait “maire d’honneur” de Cap d’Ail »

    Les Camélias : villa-musée où Malraux à séjourné

    Villa Les Camélias
    © Sarah Incari

    La villa Les Camélias est l’une des plus anciennes bâtisses de Cap d’Ail. Malraux y a passé un petit moment en 1941. Aujourd’hui, c’est un musée que les Cap d’Aillois connaissent bien. Le rez-de-jardin de la villa Belle époque est dédié à l’histoire de la ville à travers des objets et d’innombrables clichés du XIXème aux années 50. Vous découvrirez un instrument très original, créé par des autochtones de Cap d’Ail… Une démonstration de “piano pneumatique” vous attend ! Il s’agit d’un piano centenaire qui joue des classiques “enregistrés” sur des rouleaux perforés par les grands pianistes de l’époque. À l’étage, le public découvre une impressionnante collection de peintures, de dessins et d’émaux de l’artiste basque Ramiro Arrue. Et puis dans le jardin intime, une flore luxuriante. Des oliviers côtoient des caroubiers centenaires, des mimosas, des arbres de Judées, des jasmins parfumés, et comme il se doit, des camélias ! Plus insolite, on retrouve aussi un petit potager avec tomates, salades et pommes de terre !

    « Le rez-de-jardin de la villa Belle époque est dédié à l’histoire de la ville à travers des objets et d’innombrables clichés du XIXème aux années 50 »

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