Le Grand Prix historique qui aura lieu ce week-end en Principauté risque d’être très perturbé. Des salariés de l’hôtellerie/restauration à Monaco ont décidé un arrêt de travail ce jeudi 12 mai, mais aussi ce samedi 14 mai pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Un rassemblement est également prévu Place d’Armes, toujours ce samedi, de 15h à 17h.
« Plus personne ne veut faire ce métier. Les salariés en poste sont révoltés. Le secteur traverse une énorme crise. » Rien ne va plus dans le secteur de l’hôtellerie/restauration à Monaco… C’est en tout cas ce que déplorent et crient haut et fort certains syndicats. « La situation est très tendue et même explosive, nous confie un responsable syndical. Dans ce secteur, les conditions de travail étaient déjà difficiles. Mais depuis la crise du Covid, tout s’est dégradé. Ces métiers n’attirent plus. Les employeurs sont en grande difficulté pour recruter, et la charge de travail se reporte sur les salariés actuellement en poste. Le ras-le-bol est général. » Une colère qui va manifestement s’exprimer dès demain, mais aussi ce week-end en plein Grand Prix historique.
Arrêts de travail de 24h et un rassemblement Place d’Armes
Le syndicat des cuisiniers ainsi que le syndicat des cafés/hôtels/restaurants affiliés à l’Union des syndicats de Monaco (USM) ont en effet décidé d’exprimer leur mécontentement par un arrêt de travail. Selon nos informations, les salariés de l’Hôtel Fairmont manifesteront devant l’établissement le jeudi 12 mai, de 11 h à 14h, pour dénoncer leurs conditions de travail et demander la revalorisation de leur grilles de salaires. Une cinquantaine ou une soixantaine d’employés devrait se mobiliser. Du côté des établissements de la Société des Bains de Mer, des mouvements de contestation sont aussi à prévoir. Certains salariés de l’Hôtel de Paris, de l’Hôtel Hermitage, et du One Monte-Carlo ont également tenu leur assemblée hier et ont voté 24 heures d’arrêt de travail. Celui-ci aura lieu le samedi 14 mai dès 6h du matin. « Les salariés du Méridien ont leur assemblée aujourd’hui, et ceux du Sporting vendredi », nous confie encore cette source syndicale. Un rassemblement sur la Place d’armes de 15h à 17h ce samedi 14 mai est également en préparation.« A force de ne plus appliquer les grilles de salaire, d’abuser des horaires coupés, de faire miroiter des CDI qui ne viennent jamais et de surcroît, de proposer des conditions de travail inacceptables, il fallait bien qu’un jour, le monde du travail se réveille », déclare à son tour Olivier Cardot secrétaire général de l’USM.
Forte pénurie de main d’oeuvre
Depuis la crise sanitaire, le secteur fait face à une inquiétante pénurie de main d’œuvre. Beaucoup d’extras, d’intérimaires et de travailleurs qui étaient en CDD se sont retrouvés au chômage en raison du Covid et se sont ensuite reconvertis. Désormais, ils ne veulent plus revenir dans ces métiers considérés comme difficiles. Autre problème identifié : cette pénurie de main d’oeuvre et les divers plans sociaux auraient entraîné aussi un manque de professionnalisme dans ce secteur : « Suite aux divers plans de licenciement qui ont été décidés dans les grands établissements hôteliers de la Principauté, il y a eu beaucoup de départs volontaires. Ce sont des salariés qui avaient un certain âge et qui étaient des piliers, très investis depuis des années. Aujourd’hui, ils ne sont plus là et l’on sent un vrai manque de compétences et de professionnalisme. » Reste à voir comment vont se dérouler les négociations avec les différentes directions. La crainte de nouvelles grèves durant le Grand Prix de Formule 1 étant forcément dans les esprits.
