Les auteurs de violences conjugales à Monaco auront l’obligation — si le juge l’ordonne — de suivre ce que l’on appelle “des stages de responsabilisation”. Ceux-ci ne se dérouleront pas en Principauté mais dans les Alpes-Maritimes. Explications.
C’est une nouveauté dans la prise en charge des violences conjugales à Monaco : les auteurs de ce type de fait, condamnés en Principauté, devront suivre “des stages de responsabilisation”. « Cela existe déjà en France. Notamment au niveau des Alpes-Maritimes. Ils permettent aux auteurs des faits de prendre conscience de la gravité de leurs actes. Il s’agit aussi de modifier le regard qu’ils ont sur leur comportement et d’éviter la récidive », indique Céline Cottalorda déléguée interministerielle pour la promotion et la protection des droits des femmes à Monaco. Ce stage n’est pas optionnel. Il s’agit bel et bien d’une obligation dans le cadre d’une procédure pénale, dès lors que le juge l’ordonne. « C’est le juge qui décide. Une évaluation du profil psychologique de l’auteur est réalisée avant d’ordonner ce type de stage. Il faut identifier en amont s’il y a des profils pathologiques qui ne peuvent pas être pris en charge par ce type de structure. »
« Ces stages permettent aux auteurs des faits de prendre conscience de la gravité de leurs actes. Il s’agit aussi de modifier le regard qu’ils ont sur leur comportement et d’éviter la récidive »
Des stages dans le 06, pas à Monaco
Les autorités monégasques ont toutefois décidé de ne pas effectuer ces stages en Principauté. « Nous avons convenu avec le secrétaire d’État à la justice, Robert Gelli, que les auteurs de ces faits seraient pris en charge dans les Alpes-Maritimes. Un accord a été établi avec le procureur de Nice », explique encore Céline Cottalorda. Pourquoi alors ne pas avoir créé de structure dédiée à Monaco ? « Car le nombre de condamnations en principauté est faible. Il n’y en a eu que deux en 2021. Autant s’appuyer sur des structures niçoises ou départementales qui existent et qui fonctionnent. On s’appuie sur leur expertise. Cela nous a semblé la solution la plus rapide et la plus efficace à mettre en place », estime-t-elle. Même analyse pour Isabelle Berro-Amadeï, nouvelle présidente de ce comité dédié aux femmes. « Ces programmes sont bien rodés. Autant en profiter. Le nombre de cas ne justifie sans doute pas que l’on mette en place ce type de structure à Monaco », indique-t-elle à son tour. Comment se déroulent-ils alors concrètement ? « En général, ce sont des groupes de paroles, menés par des psychologues, et des juristes. Des rappels à la loi sont effectués. Généralement, il y a 95 % d’hommes et 5 % de femmes qui y participent », conclut Céline Cottalorda.
