Lors des débats budgétaires au Conseil national qui ont démarré hier, il a été annoncé que la destruction et la reconstruction du Bel Air a pris beaucoup de retard. Cet immeuble domanial situé au Jardin exotique, qui abritera environ 200 logements pour les Monégasques, sera livré non pas en 2023/2024 comme initialement prévu, mais en 2026, début 2027. Un gros retard qui fait craindre aux élus une nouvelle pénurie de logements pour les nationaux. Pour combler ce retard, les conseillers nationaux demandent donc que des opérations intermédiaires soient lancées.
Il fait partie des immeubles domaniaux les plus anciens de la Principauté… Le Bel air, situé au 64 boulevard du Jardin exotique, a été livré durant l’année 1966. Et il devait être le prochain immeuble détruit et reconstruit dans le cadre du plan national pour logement des Monégasques. Sauf que, lors des débats budgétaires au Conseil national qui ont démarré hier, il a été annoncé que la destruction et la reconstruction de cet immeuble a pris beaucoup de retard. « C’est une opération domaniale qui devait être livrée en 2023. Elle ne sera finalement disponible que début 2027 », a déploré l’élu du Conseil national et président de la commission des finances, Balthazar Seydoux. Ce retard s’explique notamment en raison de la position très délicate de ce chantier situé à proximité immédiate de l’hôpital. La phase démolition et terrassements – la plus susceptible de causer de fortes nuisances – a dû en effet être retardée. Car pour limiter les nuisances sonores et les vibrations, des mesures et des techniques de construction spécifiques doivent être prévues pour protéger le CHPG, déjà très impacté par un autre projet d’envergure situé tout près : la construction du nouvel hôpital. Un groupe d’experts a même été mandaté pour étudier les possibilités de limiter les nuisances.
Une pénurie de logements pour les nationaux entre 2024 et 2026 ?
Les élus du Conseil national craignent donc que le retard de livraison du Bel Air entraîne à nouveau une pénurie de logements pour les nationaux entre 2024 et 2026. Les élus ont donc demandé au gouvernement de réaliser des programmes de construction intermédiaires, qui devront être livrés durant cette période. Trois pistes de construction ont été mises en avant par les élus pour éviter la pénurie de logements : la construction d’un immeuble domanial de 60 logements sur l’emprise foncière de Monte-Carlo, où un EHPAD doit être construit (en bas de l’avenue de Grande-Bretagne). D’autre part, l’opération dite « Les Lierres»/« Nathalie », pour plus de 40 logements, dans le quartier de l’Annonciade. Les élus ont également sollicité du gouvernement la possibilité de surélever l’opération Palais Honoria située au boulevard de Belgique, qui permettrait de livrer une trentaine de logements supplémentaires. « Ces trois opérations, si elles étaient envisagées dès maintenant, aboutiraient sans doute à la construction de plus d’une centaine de logements supplémentaires, qui devraient limiter les effets de l’absence de livraisons entre 2024 et 2026 », a rajouté Balthazar Seydoux. En réponse le gouvernement a notamment indiqué que « la possibilité de surélever le bâtiment arrière du futur complexe Palais Honoria est effectivement étudiée ». Quant à la construction de l’EHPAD et de logements sur la parcelle dite « Grande Bretagne », ainsi que l’opération « Les Lierres/Nathalie » , elles ont bien été initiées, selon le ministre d’Etat Pierre Dartout. « Toutes les dispositions seront prises pour que ces opérations soient livrées dans les meilleurs délais », a-t-il assuré. Le président du Conseil national Stéphane Valeri a toutefois demandé à plusieurs reprises que le gouvernement revienne avec des engagements fermes et avec un calendrier de construction sur ces différentes opérations intermédiaires. A suivre.

Les résidents du Bel air exonérés de loyer
L’ensemble des résidents qui vivait dans l’immeuble domanial le Bel Air a d’ores et déjà été relogé. Environ 80 foyers au total y résidaient. Pour l’État, le coût du relogement de ces locataires s’élève d’ailleurs à la coquette somme de 6,2 millions d’euros par an. « 25 foyers ont été relogés dans des appartements domaniaux, 5 foyers dans des appartements domaniaux définitivement, sans retour au Bel Air, 5 foyers ont opté pour un relogement personnel, et 44 foyers ont été relogés dans des appartements du secteur privé », nous indique Albert Croesi, conseiller interministériel auprès du Ministre d’État en charge du cadre de vie et des relations avec les usagers. Bonne nouvelle pour ces locataires : tous sont exonérés de loyer pendant toute la durée du relogement. Reste à voir désormais, étant donné le retard très important de livraison, si cette exonération de loyer perdurera jusqu’en… 2027. S.B.
