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    Transition énergétique : l’envers du vert avec Guillaume Pitron

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    La transition énergétique est-elle si écologique ? Pour le journaliste d’investigation Guillaume Pitron, auteur du livre La guerre des métaux rares (1) et coréalisateur du documentaire avec Jean-Louis Perez La face cachée de la révolution verte, diffusé en novembre dernier sur Arte, la réponse n’est pas si évidente.

    A l’initiative de l’association Oceano Scientific, celui-ci tiendra une conférence le 25 mars 2021, pendant la Monaco Ocean Week au Yacht Club de Monaco.

    Pourquoi avoir décidé d’enquêter sur ce sujet ?

    Je me suis toujours passionné pour les matières premières. En tant que journaliste depuis 2007, elles ont toujours constitué un fil rouge dans mon travail. Quand on travaille sur des questions géopolitiques, je trouve qu’une façon simple d’intéresser le public à des enjeux sociaux ou environnementaux, mais qui se trouvent loin de nos frontières, c’est de parler de matières premières qui génèrent ces enjeux-là et qui se trouvent dans notre assiette, dans notre téléphone ou notre porte-monnaie. La matière première tout d’un coup fait de nous des acteurs de ce qui se passe à l’autre bout du monde puisque nous en sommes les consommateurs.

    Sur quelles bases de départ avez-vous lancé vos investigations ?

    C’est par une lecture dans un journal, il y a une dizaine d’années, sur les métaux stratégiques, pour une grande partie d’entre eux des métaux rares, que j’ai découvert ce monde complètement fabuleux et passionnant. A cette époque-là, on en parlait déjà comme le prochain pétrole. J’étais fasciné par ces enjeux qui racontaient le monde qui allait arriver et qui étaient finalement très peu évoqués dans les médias. De cette espèce de paradoxe entre l’importance grandissante de ces matières premières et le fait qu’on en parlait peu est née l’idée de m’intéresser au sujet.

    Aviez-vous des préjugés avant de démarrer votre enquête ?

    Au départ, mon approche était géostratégique. Ce qui m’intéressait, c’était la géopolitique des métaux rares comme il y avait une géopolitique du pétrole. Et d’expliquer que nos besoins croissants en ces matières premières nous rendent dépendants de la Chine. C’est le sujet évoqué dans la majeure partie du livre. Et puis, j’ai décidé d’élargir le spectre de l’étude de ces matériaux en réalisant qu’il y avait un paradoxe de ces énergies vertes. J’en suis venu à la conclusion que le vert n’était pas vert. C’est aussi un livre d’économie qui pose la question de nos approvisionnements. Donc aucun a priori, aucune idéologie, aucun biais. Moi je ne suis pas écolo. C’est vraiment un constat bête et méchant en allant sur le terrain.

    C’est compliqué de travailler sur ce genre de sujets ?

    Non, en fait ce n’est pas compliqué de parler aux personnes qui travaillent dans le secteur des matériaux. Ce sont des gens assez accessibles. Généralement des chercheurs, des universitaires. Mais c’est un peu plus difficile de parler aux industriels. Ils ont des secrets de boutique. Même entre eux, ils ne se parlent pas. Il y a une culture du secret très forte. Ce sont des sujets extrêmement techniques. Chez les industriels, il y a une volonté de ne pas trop parler de ces chaînes d’approvisionnement, de ses procédés de fabrication ou de recyclage. De ce côté-là, ça peut être difficile. Par contre, ce qui a été compliqué, c’est d’aller filmer pour le documentaire dans les mines chinoises. La Chine produit une grande partie de ces métaux rares. Pour se rendre sur les zones où on raffine le minerai, c’est souvent de façon illégale.

    Dans le documentaire que vous avez coréalisé avec Jean-Louis Perez, des ouvriers chinois témoignent à visage découvert. Est-ce risqué pour eux ?

    Se rendre dans ces zones-là et filmer, ça a été excessivement complexe. Nous avons parlé à des gens qui disent des choses et qui sont courageux. Qui acceptent de parler face caméra, qui ne demandent pas à être flouté. Ils acceptent de raconter comment cela se passe dans les campagnes, loin de la belle vitrine chinoise.

    On a toujours des détracteurs mais en attaquant assez frontalement certaines industries puissantes et certains pays tout aussi puissants, avez-vous fait l’objet de menaces ou d’intimidations quelconques ?

    Je n’en ai jamais fait l’objet. Je constate simplement qu’il y a une rage qui est consubstantielle aux réseaux sociaux et qui s’exprime par vague. Je ne peux pas répondre à tous, sinon je perds du temps et je me consume. Par contre, je n’ai jamais été contacté par un industriel, jamais intimidé ou reçu de menaces quelles qu’elles soient. Le pire, c’est que je peux retourner en Chine. Je n’ai jamais été empêché de travailler par qui que ce soit.

    On peut chercher à vous discréditer ?

    Je sais que ça dérange. Quand j’ai sorti mon livre, moi-même j’étais un peu inquiet de la réaction que ça allait générer. Je savais que c’était extrêmement violent comme charge. Et je m’attendais que la charge en retour soit extrêmement violente également. Paradoxalement, ça a aussi créé une forme de consensus. Le livre a eu 9 prix, il s’est vendu à 70 000 exemplaires en 8 langues.

    Des contre-thèses existent ?

    Quel crédit dois-je accorder à des informations véhiculées par des gens dont on ne connaît rien ? Si demain le patron de Renault, Nicolas Hulot ou un éminent chercheur me répond, ce sera un débat calme et respectueux. Mais ça ne s’est jamais produit. Donc en fait il y a un bas bruit, c’est la vie. Je ne peux pas m’intéresser à des affirmations qui émanent de personnes dont on ne connaît pas la légitimité.

    transition écologique mine ciel ouvert
    RESPONSABILITÉ — « Il y a des pays qui paient le prix fort pour que nous puissions passer au vert. Notamment la Chine qui en est consciente. Ces pays paient un vrai coût environnemental et minier pour qu’ensuite certains pays puissent s’enorgueillir d’être responsable envers les générations futures. » © Photo DR

    « Ce qui a été compliqué, c’est d’aller filmer dans les mines chinoises. La Chine produit une grande partie de ces métaux rares. Pour se rendre sur les zones où on  raffine le minerai, c’est souvent de façon illégale » Guillaume Piron

    Qu’avez-vous découvert sur les voitures électriques ?

    Je tiens à préciser que ce sont des découvertes totalement hasardeuses. Je ne me suis pas dit “tiens, je vais me faire la voiture électrique et je vais trouver des arguments pour”. Je suis parti d’une question géostratégique et j’ai découvert que ces voitures étaient bourrées de ces matériaux et que ça posait problème. Mes découvertes se résument en un paradoxe entre un marketing extrêmement bien ficelé qui présente cette voiture comme propre, zéro émission et verte, alors qu’en fait les conditions de sa production sont aux antipodes des mots employés par le marketing. Pour faire du propre, il faut faire du sale. Je découvre qu’il existe des rapports qui se sont intéressés à ces voitures électriques et qui corroborent ce constat par des chiffres. J’ai découvert une information qui n’est pas arrivée jusqu’au grand public pourtant disponible sur les grands sites internet publics, à commencer par l’Ademe (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, NDLR).

    Quelle problématique se niche derrière le cycle complet de vie d’une voiture électrique ?

    La voiture est à zéro émission quand elle roule. Mais c’est là toute l’ambiguïté de cette appellation car elle a émis du CO2 pendant sa fabrication et générera de la pollution au moment de son recyclage, si tant est qu’il y en ait un. Nous nous sommes bercés dans l’illusion d’un véhicule propre parce qu’il y a un découplage entre l’utilisation que l’on fait de ce véhicule et la pollution que ça génère avant, après ou ailleurs. Parce qu’il va bien falloir produire l’électricité pour recharger la batterie.

    A choisir, ne vaut-il pas mieux aujourd’hui de se tourner vers ces nouvelles énergies que vers le pétrole ou les énergies fossiles ?

    Je ne suis pas contre la voiture électrique. J’ai été un peu désolé qu’on nous ait servi la soupe et autant baladé. C’est juste qu’à un moment donné ces orientations, les politiques et les industriels les ont faites. La transition énergétique se discute depuis que je suis né. On va y aller. Moi je suis pour passer à autre chose qu’au pétrole. Vive la fin de la voiture thermique au diesel. Allons-y vers cette voiture électrique pour plein de raisons. Tout mix électrique mondiaux confondus, elle va permettre de générer moins de CO2. L’Ademe de son côté dit qu’elle va polluer autant. A ses yeux, tout poste de pollution confondu, la voiture électrique est aussi polluante que la voiture thermique. Mais sur le plus important, l’émission de CO2, elle en émet moins.

    La vraie question, c’est alors à quelles conditions ?

    C’est là que l’on rentre dans la transition 2.0. Est-ce que c’est juste en achetant une voiture électrique que l’on sauve la planète ou est-ce qu’il va falloir revoir complètement la façon de fabriquer et d’utiliser une voiture électrique ? Ou est-ce que l’on va chercher les matériaux ? Est-ce que l’on continue d’aller les chercher en Chine sans savoir dans quelles conditions ils ont été extraits ? Quel mix électrique dans les processus industriels permettent de fabriquer ces matériaux ? Parce qu’en Chine, là où sont produit l’essentiel des matériaux, c’est quand même une électricité qui provient à 75 % du charbon et du pétrole. Comment est-ce qu’on recycle cette voiture électrique ? Comment est-ce qu’on réutilise les batteries ? Quelle économie circulaire de tous ces matériaux ? C’est là qu’on se rend compte qu’écologie et économie circulaire ne vont pas forcément ensemble, écologie et recyclage non plus, écologie et approvisionnement durable de même. Une fois qu’on a passé le stade des grandes proclamations, il y a des dizaines d’années de travail devant nous pour réellement réussir cette transition écologique. Si on continue comme ça, on ne la réussira pas. Qu’est-ce qu’on va faire et à quels horizons ? Il faut bien être conscient que, qu’on le veuille ou non, le pétrole est bien là pour durer.

    Pourquoi dire cela ?

    Si vous regardez les chiffres prospectifs d’utilisation du pétrole d’ici 2035, sa part dans la production d’électricité mondiale baissera et pourtant on en extraira toujours autant. La transition énergétique, c’est cette capacité à répondre aux besoins nouveaux en énergie et en électricité générés par la croissance mondiale avec des sources additionnelles d’électricité qui seront les énergies vertes. Mais la base de notre consommation de pétrole, elle, ne va pas tant bouger que ça. C’est pour ça que l’on parle souvent non pas de transition énergétique mais d’addition énergétique. C’est en fait une couche technologique supplémentaire qui s’ajoute aux couches préexistantes qui ne vont pas les remplacer mais juste s’additionner. Pour autant, dans un monde idéal, on se passerait de pétrole, ce serait merveilleux. Faisons-là cette transition énergétique. Mais passé le stade des constats, vient aussi le moment des solutions.

    Votre constat est implacable : pour faire du propre, il faut faire du sale…

    On ne sauvera pas la planète en roulant en voiture électrique et en posant un panneau solaire sur notre toit. C’est d’une illusion presque naïve, d’une niaiserie qui m’inquiète. Maintenant, il va falloir se retrousser les manches pour savoir exactement les conditions d’application et d’amélioration de l’utilisation de ces technologies. Je pense que nous sommes déconnectés en tant que consommateur. Ce que nous avons gagné en pouvoir d’achat, nous l’avons perdu en savoir d’achat.

    Que voulez-vous dire ?

    Ce qui me frappe, c’est que comme nous vivons dans des sociétés qui ne sont plus du tout agricoles et de moins en moins industrielles en Occident, le lien entre la phase de production et la phase de consommation n’est plus évident. Les chaînes de production sont éclatées, le génie de la sous-traitance et de la logistique a fait qu’aujourd’hui on achète des produits qui ont fait dix fois le tour de la planète, qui sont passés entre les mains de dizaine ou centaine de personnes différentes avant de se retrouver dans notre sac à main ou notre téléphone.

    Quelles en sont les conséquences ?

    Cette espèce d’acculturation crée un terreau favorable au développement de croyances. En tant que consommateur, nous sommes beaucoup plus enclins à avaler un discours facile présentant tous ce qui nous entoure comme pouvant ne pas avoir d’impact. Ce qui crée cela, c’est que nous ne sommes plus un peuple de la terre. Avant d’être un journaliste, je suis d’abord un consommateur. Nous vivons dans un monde très compliqué, avec une cascade de sous-traitant, une complexification des chaînes logistiques, ultra saturé d’informations. Il ne s’agit pas de culpabiliser mais plutôt d’aider à prendre conscience que si on parle de transition écologique à tout bout de champs, il faut que cela s’accompagne d’une meilleure connaissance de la source de nos produits.

    Quelles tensions cette situation induit sur les pays producteurs de minerais rares et précieux ?

    Il y a des pays qui paient le prix fort pour que nous puissions passer au vert. Notamment la Chine qui en est consciente. Ces pays paient un vrai coût environnemental et minier pour qu’ensuite certains pays puissent s’enorgueillir d’être responsable envers les générations futures. Quand un pays comme la Chine tient 40 % de la production de métaux rares de la planète, naturellement c’est une arme commerciale absolument fabuleuse. Ce pays a bien compris l’intérêt, sur le plan diplomatique et militaire, qu’il pouvait en tirer même de pouvoir maîtriser les approvisionnements de ces matériaux et toute la chaîne aval. La Chine vend non plus seulement du minerai mais du métal et un produit fini. Elle vend la voiture électrique avec de la terre rare et du graphite à l’intérieur donc naturellement, elle s’enrichit. Cette logique de remonter la chaîne de valeur a tellement bien fonctionné qu’il y a des pays qui s’imaginent faire la même chose.

    Il y a un effet boule de neige ?

    Ce nationalisme des ressources premières qui consiste à limiter ses exportations de matières premières pour les valoriser et les vendre à un coût supplémentaire commence à faire des petits ailleurs. Les pays qui aimeraient profiter de la transition énergétique pour valoriser leurs minerais et la valeur ajoutée, il va falloir qu’ils investissent dans des infrastructures routières et énergétiques, ainsi que de la ressource humaine compétente.

    Par exemple ?

    Vous avez deux pays qui se sont positionnés là-dessus : l’Indonésie qui en 2017 a imposé un embargo à l’importation de toutes sortes de minerais vers l’extérieur, même si ça n’a pas fonctionné car elle n’avait pas l’outil industriel pour le transformer. Et vous avez la Bolivie qui, par la voix d’un de ses ministres, dit que son pays ne va pas produire que du lithium mais qu’il va fabriquer aussi des batteries. Mais quels sont les moyens de sa politique ? Elle signe déjà des partenariats avec la Chine. Il ne faudrait pas que la Chine arrive, prenne le minerai, s’en aille avec celui-ci à peine traité et transformé pour en conserver la valeur ajoutée et la transformer sur son territoire. Ce n’est pas automatique que parce que vous avez le minerai, vous allez forcément avoir tout l’aval industriel derrière.

    transition énergétique panneaux solaires éoliennes
    TECHNOLOGIES VERTES — « Ce que nous avons gagné en pouvoir d’achat, nous l’avons perdu en savoir d’achat. On ne sauvera pas la planète en roulant en voiture électrique et en posant un panneau solaire sur notre toit. Maintenant, il va falloir se retrousser les manches pour savoir exactement les conditions d’application et d’amélioration de l’utilisation de ces technologies. » © Photo DR

    « Il est mortifère de célébrer la voiture électrique propre en France si on n’a pas une appréciation globale »

    Vous écrivez : « La pollution des technologies vertes a été délocalisée » ou « Voir midi à sa porte est assurément mortifère. » L’Europe ferme trop les yeux sur des conséquences lointaines ?

    On délocalise la pollution, le grand public ne le sait pas forcément. Bien des politiques et des industriels sont au courant. Mais maintenant relocaliser un processus industriel… bon courage ! Une partie de la classe politique française se verrait bien ouvrir une mine de tungstène sur le territoire mais la population française n’en veut pas. Nous sommes aussi nous consommateurs/ électeurs, totalement paradoxaux. Si jamais je dis “moi je suis propre”, alors qu’en fait je ne comprends pas que ma pollution a été exportée et délocalisée, si je n’ai pas une vision mondiale de ce sujet, alors c’est mortifère. Je ne comprends pas les réels impacts de mon mode de consommation et donc je ne peux pas agir pour les éviter.

    Certains pays sont-ils plus à blâmer que d’autres ?

    Il n’y a pas un réchauffement climatique français, allemand ou chinois. C’est un réchauffement climatique pour tout le monde. Les nuages de pollution produit par les centrales à charbon d’autres pays qui produisent de l’électricité pour faire fonctionner les batteries des voitures électriques ne vont pas rester là-bas. C’est mortifère de célébrer la voiture électrique propre en France si on n’a pas une appréciation globale. L’aspect norvégien est un total paradoxe. D’un côté, vous avez la transition énergétique et en même temps, on ne soucie absolument pas de ce que ça peut représenter de continuer à exporter son pétrole et de rendre le reste du monde accro.

    L’Europe pourrait-elle faire avec ses propres ressources minières ?

    Oui, elle en a. L’Europe a du lithium, des terres rares, du germanium, du tungstène, de l’antimoine etc. Elle a des gisements, c’est-à-dire qu’elle a le potentiel. Ce qui ne veut pas dire qu’elle va se lancer dans l’exploitation de ses mines. Est-ce qu’elle aurait suffisamment pour couvrir 100 % de ses besoins ? Pas sûr… L’Europe, c’est 25 % de la consommation mondiale des métaux. Mais elle ne produit que 3 % de la production mondiale.

    Vous parlez d’un 21ème siècle, âge de métal. De quoi s’agit-il ?

    Il faut comprendre que cette transition énergétique est une transition du métal. Plus nous allons vouloir rouler propre, plus il va falloir creuser profondément. Est-ce qu’on continue de laisser les pays les plus pauvres de la planète où les réglementations sociales et environnementales s’appliquent moins, où éventuellement les droits humains sont bafoués, pour célébrer notre marche plus verte vers un monde plus solidaire ? Ou est-ce qu’on dit qu’il y a un enjeu éthique et moral consistant à dire qu’il y a un fardeau de cette transition et qu’il faut que nous l’assumions à la proportion de nos besoins, de notre consommation, de notre part dans le PIB mondial ?

    Le sous-jacent de votre réflexion, c’est presque un plaidoyer pour la sobriété ?

    Il y a une transition dans la transition. Il n’est pas question de tourner le dos au progrès technologique. Il faut absolument investir dans la recherche pour améliorer les performances technologiques de ces green tech. Est-ce que ça suffira ? Moi, je ne le pense pas. Nous substituons un problème par un autre. Dans un monde à 9 milliards d’habitants où tout le monde voudra consommer comme un Français, est-ce que les quelques gains en matière de CO2 notamment générés par cette transition énergétique vont suffire à compenser l’explosion de consommation que ça va générer ? C’est pour cela que je crois que c’est une illusion de juste s’en remettre au progrès technologique. Est-ce que ces sauts technologiques ne doivent pas s’accompagner de sauts de conscience ? C’est la façon dont nous consommons qui est questionnée plutôt que sur les technologies mêmes que nous choisissons de consommer. Si nous voulons appliquer dans les faits la transition, elle devra être beaucoup plus radicale que ce que nous croyons. Nous avons cru à une transition douce, facile, sous le sceau du progrès technique, on se rend compte qu’elle ne sera pas suffisante. Cette question d’une forme de sobriété se pose. Pour autant, je ne suis pas pour la croissance infinie et pas non plus pour la décroissance. Ces deux solutions sont mortifères.

    La guerre des métaux rares, Guillaume Piron
    La guerre des métaux rares, Guillaume Pitron, éditions Les Liens, 2018, 296 pages, 20 euros.

    La guerre des métaux rares, Guillaume Pitron, éditions Les Liens, 2018, 296 pages, 20 euros.

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