mardi 2 juin 2026
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    Des ados boulimiques aux réseaux sociaux et aux écrans

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    L’étude ESPAD dévoile que les jeunes de la Principauté sont de très gros consommateurs d’écrans, et de réseaux sociaux en particulier.

    Plusieurs experts de la Principauté expliquent quels peuvent être les effets néfastes de cet usage massif sur les adolescents.

    Si vous avez des enfants ou des adolescents, il y a de fortes chances que vous vous inquiétiez de leur présence sur les réseaux sociaux. Avec qui échangent-ils ? Que postent-ils ? Sont-ils victimes de harcèlement ? Y passent-ils trop de temps ? Pour cette dernière question, la réponse est manifestement oui… C’est en tout cas ce qui dit l’étude ESPAD qui s’est penchée sur les habitudes de consommation de 1369 jeunes collégiens et lycéens de la Principauté en matière d’écrans et de réseaux sociaux. Selon leurs déclarations, durant les jours de classe, 12 % estiment passer plus de 6 heures par jour sur ces plateformes (de type Instagram, Tik Tok, ou encore Snapchat.) 54 % y passent entre 2 et 5 heures par jour. Et pendant les week-end et les vacances scolaires, le pourcentage explose : 31 % des lycéens de Monaco estiment y passer plus de 6 heures par jour. A cela s’ajoute le temps passé sur d’autres supports (non comptabilisé dans la statistique précédente) comme Youtube, jeux vidéo, et autre télévision.

    61 % reconnaissent y passer trop de temps

    La grande majorité des adolescents interrogés reconnaissent d’ailleurs que ces réseaux sociaux les accaparent trop. « Alors qu’en 2015, 37 % des lycéens étaient d’accord pour dire qu’ils passent trop de temps sur les réseaux sociaux, cette proportion s’élève à 61 % en 2019, rajoute Sophie Vincent, directrice de l’IMSEE. De la même façon, la part de ceux qui affirment que leurs parents disent qu’ils passent trop de temps sur les réseaux est passée de 28 % à 45 % entre les deux années d’enquête. » Autre constat qui démontre à quel point le web inonde de plus en plus la vie des adolescents : en 2019, 9 répondants sur 10 déclarent utiliser Internet « presque chaque jour ». Ils étaient 69 % en 2007.

    Chute de la lecture

    Cette étude opérée à Monaco montre en parallèle une véritable chute des activités de loisirs, en particulier la lecture pour le plaisir, en dehors du cadre scolaire. « En 2019, 32 % des lycéens ont par exemple déclaré ne jamais lire de livres pour le plaisir. Cette proportion était de 26 % en 2015 », rapporte encore Sophie Vincent. La question de ce que l’on appelle « l’addiction sans produit » est donc devenue une véritable source d’inquiétude, au même titre que les usages de produits psychoactifs. « Au plan de la psychopathologie, les addictions sans produits sont à prendre en compte de la même façon qu’avec des substances, même si les conséquences peuvent être différentes, confirme Valérie Aubin qui chapeaute le service psychiatrie au CHPG. Nous avons bien compris l’importance en psychiatrie et en psychologie de s’attaquer à ce problème »

    Troubles neurocognitifs ?

    Car les effets négatifs potentiels de ces plateformes sur la santé mentale de ces jeunes sont de diverses natures : le risque d’apparition de troubles du sommeil, de cyber harcèlement, de comparaison négative avec les autres et de dégradation de la perception de son corps sont les plus récurrents. « Les addictions aux écrans sont également très néfastes, y compris au niveau neurocognitif pour le cerveau, car cela fait disjoncter d’autres circuits en termes d’apprentissage de la lecture, du vocabulaire ou encore du langage. Il y a manifestement une perte, constate Valérie Aubin. Des études montrent que, malheureusement, les générations biberonnées à internet et aux écrans depuis l’enfance vont perdre l’intelligence telle qu’elle est mesurée actuellement avec nos échelles de QI. Certains professeurs vont vous dire que d’autres compétences sont certes développées, mais je pense qu’il faut être extrêmement vigilant. »

    Plasticité du cerveau jusqu’à 25 ans

    Heureusement, selon ces experts, ces adolescents ont une grande capacité de récupération. « Il y a une véritable plasticité cérébrale jusqu’à l’âge de 25 ans. En quelques mois, ils peuvent récupérer avec l’aide d’un neuropsychologue qui va faire un travail de rééducation cognitive », explique Valérie Aubin. Une analyse que confirme le docteur Goldbroch, chef de service adjoint au service psychiatrique du CHPG. « Ce sont des cerveaux très fragiles mais qui, en même temps, peuvent récupérer très rapidement contrairement à un adulte après 25 ans, indique-t-il. Le plus important pour nous est donc d’intervenir le plus tôt possible, quelle que soit l’addiction. Nous ne sommes pas là pour diaboliser les écrans, mais tout est une question d’équilibre. »

    La règle des « 3-6-9-12 » pour les enfants et les ados

    1. Pas d’écran avant 3 ans, ou tout au moins les éviter le plus possible. De nombreux travaux montrent que l’enfant de moins de trois ans ne gagne rien à la fréquentation des écrans.

    2. Pas de console de jeu portable avant 6 ans. La cause ? Aussitôt que les jeux numériques sont introduits dans la vie de l’enfant, ils accaparent toute son attention, et cela se fait évidemment aux dépens de ses autres activités.

    3. Pas d’Internet avant 9 ans, et Internet accompagné jusqu’à l’entrée en collège. L’accompagnement des parents sur Internet n’est pas seulement destiné à éviter que l’enfant y soit confronté à des images difficilement supportables. Il doit lui permettre d’intégrer trois règles essentielles : tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public, tout ce que l’on y met y restera éternellement, et tout ce que l’on y trouve est sujet à caution parce qu’il est impossible de savoir si c’est vrai ou si c’est faux.

    4. Internet seul à partir de 12 ans, avec prudence Là encore, un accompagnement des parents est nécessaire. Il faut définir avec l’enfant des règles d’usage, convenir d’horaires prédéfinis de navigation, mettre en place un contrôle parental…

    Paris d’argent — Les chiffres à retenir

    • 21,3 % des lycéens ont parié de l’argent au cours des 12 derniers mois, dont 2,8 % 2 à 3 fois par semaine.
    • 35 % des garçons ont déjà parié contre 8 % des filles
    • En 2019, parmi l’ensemble des parieurs, 23 % ont déclaré avoir déjà ressenti le besoin de parier de plus en plus d’argent, et 13 % ont déjà menti au sujet du montant qu’ils ont parié.

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