mercredi 3 juin 2026
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    Voitures sans permis : nouvelle lubie de la jeunesse azuréenne

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    Depuis quelques années, les voitures sans permis connaissent un franc succès auprès des jeunes, qui peuvent en conduire dès 14 ans. Elles sont de plus en plus nombreuses sur les routes de la Principauté et de la Côte d’Azur. Motorisations, prix, règles de stationnement, sécurité… l’Obs’ fait le point sur les avantages et les inconvénients de ces voiturettes, longtemps négligées, mais désormais ultra branchées.

    Depuis quelques années, les voitures sans permis (VSP) semblent prendre leur revanche. Longtemps perçues comme des « pots de yaourt » réservés aux seniors et aux personnes ayant perdu le permis, elles affichent un nouveau look et séduisent un public de plus en plus large, les ados notamment. La création du permis AM, en 2013 en France et en 2019 à Monaco, qui a autorisé la conduite des quadricycles légers dès 14 ans, a donné un vrai coup de pouce au marché. Pour les jeunes, c’est une alternative au scooter qui leur permet d’être à l’abri des intempéries. Les parents, eux, sont séduits parce que les voiturettes semblent plus sécuritaires que les deux-roues (ceinture, carrosserie). Elles sont en revanche bien plus chères. Les Citroën AMI, lancées en 2020, sont les modèles les plus abordables : à partir de 7 990 euros, d’où sa popularité. Pour les autres, il faut plutôt compter entre 10 000 et 15 000 euros en neuf.

    Succès dans les zones CSP+

    Conséquence d’une demande plus importante, les constructeurs sont plus nombreux sur le créneau et redoublent d’efforts sur l’esthétique des modèles. L’AMI et la Renault Twizy sont les plus célèbres, mais on peut aussi citer la récente Fiat Topolino ou encore les traditionnelles Ligier, le spécialiste historique, dont les modèles ont bien évolué. « Notre clientèle ne voulait pas qu’on la stigmatise comme étant sans permis. Donc on produisait des véhicules très fades dans leur présentation, qui pouvaient passer inaperçus dans le flot de la circulation », avait expliqué François Ligier, PDG du constructeur éponyme, à l’Agence France Presse dans le cadre de la présentation de Myli, son premier modèle électrique. Désormais, les clients sont pour beaucoup des adolescents et réclament des modèles branchés. « Ce public adolescent, on le retrouve proche des villes, de façon très importante sur le bassin méditerranéen de Marseille à Nice », détaille François Ligier. La région parisienne n’est pas épargnée par la tendance, « notamment les zones CSP+ comme Neuilly », selon le PDG. 

    Voiture sans permis
    © Photo DR

    657 voitures immatriculés en Principauté

    La tendance est bien visible sur la Côte d’Azur, mais aussi à Monaco, où l’on en croise de plus en plus sur les routes. 657 quadricycles sont actuellement immatriculées en Principauté, dont 249 quadricycles légers et 408 quadricycles lourds (voir différence en encadré). « 55 quadricycles ont été immatriculés en 2021. Un chiffre qui a quasiment doublé depuis puisque 104 ont été immatriculés en 2024 », note le service monégasque des Titres de circulation. Deux des quatre auto-écoles de Monaco, Monaco Bonne Conduite et l’auto-école Georges, se sont rapidement mises elles aussi à la page en investissant dans une AMI (pour le permis AM) et une Twizy 80 (pour le permis B1). « On a acheté la première il y a deux ans car il y avait beaucoup de demandes », confirme Christine Gras, responsable de l’auto-école Georges. Jean-Claude Vulliez, responsable de Monaco école, estime de son côté que deux écoles proposant ce service suffisent. « Il n’y a pas de place pour tout le monde, ça reste minoritaire, nous aurions investi à perte », explique-t-il.

    Moins de 50 permis par an à Monaco

    Monaco Bonne conduite comptait 29 inscrits l’année dernière pour le permis AM, et 27 inscrits cette année. Chez Georges c’était 9 élèves en 2023 et 10 en 2024. Le nombre total d’inscrits permet effectivement de relativiser : « Nous délivrons moins de 50 permis par an pour ce type de véhicule. En Principauté, les jeunes restent globalement tournés vers les transports en commun et les mobilités actives : la marche ou le vélo », affirme Bertrand Vanzo, Chef du Service monégasque des Titres de Circulation. Quant à l’âge moyen des propriétaires, il est de 52 ans pour les quadricycles légers et de 54 ans pour les quadricycles lourds. « Les propriétaires ne sont probablement pas les conducteurs », précise-t-il. On imagine en effet que les parents préfèrent mettre la voiture à leur nom pour éviter les tarifs élevés des assurances jeunes conducteurs.

    Gênantes pour les automobilistes ?

    Si elles ont amélioré leur esthétique, les VSP sont toujours perçues comme gênantes par les automobilistes parce qu’elles prennent autant de place sur la route mais avancent bien plus doucement. Par ailleurs, ces derniers se plaignent régulièrement des comportements problématiques de leurs conducteurs. Un ressenti qui n’a pas été confirmé par la Sûreté publique. « Des vidéos mettant en scène des véhicules sans permis ayant des comportements problématiques ont été mises en ligne sur internet, certaines pouvant se dérouler sur le territoire national », explique le département de l’Intérieur. Il évoque probablement la vidéo devenue virale d’une Citroën AMI prenant le virage du Fairmont à pleine vitesse avant de finir dans le décor. « Nonobstant, nos services n’ont pas constaté de récurrence particulière des comportements dangereux de la part des conducteurs de voitures sans permis, qu’ils soient majeurs ou mineurs. Les utilisateurs de ce type de véhicule ne sont pas sur-représentés dans les statistiques de l’accidentologie ni dans celles des verbalisations dressées pour les infractions au code la route », a-t-il poursuivi. En effet, cette année, seulement un accident corporel de la circulation impliquait ce type de véhicule sur 132 accidents corporels enregistrés à ce jour.

    Elles peuvent se garer partout

    Autre problème, soulevé, lui, par les conducteurs de deux-roues : leur stationnement. « Tous les matins, il y a des voitures sans permis garées sur les places de deux-roues sur le port de Fontvieille. Je pensais que c’était interdit, mais je vois les mêmes véhicules tous les jours ce qui me fait penser qu’elles ne sont pas verbalisées », regrette Caroline, une mentonnaise travaillant à Monaco. En réalité, les voiturettes disposent d’une immatriculation semblable aux deux-roues et d’une seule plaque d’immatriculation située à l’arrière. Elles figurent ainsi au titre IV du Code de la Route (art. 153 et suivants). « Ces véhicules sont tenus, en théorie, d’utiliser exclusivement les zones de stationnement réservées aux deux-roues », a expliqué le département de l’Intérieur, questionné par L’Obs’ sur le sujet. « En prenant en compte les contraintes de stationnement, nos services accordent une tolérance pour le stationnement de ces engins sur les emplacements réservés aux automobiles », a-t-il ajouté. En somme, les conducteurs de voitures sans permis peuvent se garer partout. Un atout non négligeable quand on sait combien le stationnement peut être compliqué à Monaco. Une incompréhension pour Caroline : « Non seulement elles prennent deux places, mais en plus celles qui s’ouvrent sur les côtés abîment les scooters garés aux abords quand le conducteur doit entrer dans sa voiture… Les emplacements ne sont pas adaptés », déplore-t-elle.

    Quid de la sécurité ?

    Nous en parlions plus tôt, la sécurité est leur meilleur argument des VSP auprès des parents. Mais qu’en est-il véritablement ? Une étude de l’institut belge VIAS s’est penché sur le sujet. Conclusion : par kilomètre parcouru, le risque d’être gravement blessé est six fois plus élevé pour les occupants de ces voiturettes que pour les occupants des véhicules conventionnels. La gravité des accidents s’explique principalement, selon VIAS, par leur poids plume, limité à 425 kg. Logiquement, le choc est violent lorsqu’une collision intervient avec un véhicule classique qui pèse en moyenne 1,4 tonne. La force d’impact est plus grande, donc les conséquences plus graves, d’autant que ces véhicules ne sont pas nécessairement équipés de systèmes de retenue comme des airbags ni d’un système antiblocage de freinage (ABS). VIAS souligne aussi que la protection de la tête est souvent insuffisante lors d’un choc frontal. L’organisme suggère d’apposer sur l’arrière des voitures sans permis un signe distinctif visant à ce que ces véhicules soient mieux identifiés par les autres usagers de la route. Il recommande aussi de rendre obligatoires les équipements de sécurité comme l’ABS ou les airbags.

    Voiture sans permis
    © Photo DR

    Distinction : deux types de voitures sans permis

    Contrairement à ce que l’on pourrait croire, toutes les voitures sans permis ne sont pas équivalentes. Il existe deux types de puissance, qui parfois peuvent être sous la même carrosserie. En dessous de 6 kW, il s’agit d’un quadricycle léger, bridé à 45 km/h. En Principauté, le permis AM est obligatoire pour la conduire et accessible dès 14 ans. A partir de 6 kW et jusqu’à 15 kW, c’est un quadricycle lourd, allant jusqu’à 80 km/h et nécessitant le permis B1, accessible à partir de 16 ans. Pour information, la Citroën AMI est un quadricycle léger, les Renault Twizy existent dans les deux types de motorisation (Twizy 45 ou 80). Dans les deux cas, il faut obtenir le code de la route, (réduit à 20 questions pour le permis AM, et à 40 questions pour le permis B1). Il faut également passer un examen qui se déroule seul au volant de la voiture. Le moniteur et l’inspecteur du permis de conduire sont derrière dans un autre véhicule et ce dernier donne les indications à l’élève par le biais d’une oreillette.

    Société Monégasque d'Assainissement SMA

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