Pour faire face à l’inflation et à l’érosion du pouvoir d’achat, le gouvernement monégasque a décidé d’augmenter les salaires des fonctionnaires et des agents de l’Etat. Cette hausse est de 3,5%, applicable au 1er septembre 2022. Les primes Carlo seront également majorées pour ces personnels.
C’est un sujet qui inquiète de près de très nombreux foyers : l’inflation galopante et l’érosion du pouvoir d’achat… Comme partout ailleurs dans le monde, les autorités monégasques observent de près la manière dont la situation va évoluer dans les prochains mois. « Nous verrons quel sera le taux d’inflation précis en fin d’année pour la France et pour Monaco. Il sera moins élevé que la moyenne européenne, et bien moins élevé qu’en Grande-Bretagne et qu’aux Etats-Unis. Mais c’est un rythme d’inflation qu’on n’avait pas connu depuis les années 83-84 », a indiqué le 16 septembre le ministre d’Etat, Pierre Dartout lors d’une conférence de presse. Face à cette inflation qui a toujours pour effet d’éroder le pouvoir d’achat des actifs, mais aussi des retraités, le gouvernement a décidé de donner un coup de pouce financier non négligeable aux personnels de l’administration monégasque.
Hausse de la rémunération mensuelle de 3,5%
« Le souverain a confirmé la proposition que nous lui avons faite qui est celle de procéder, pour les fonctionnaires et agents de l’Etat de la Principauté – y compris ceux du CHPG – à une augmentation de la rémunération mensuelle de 3,5% à compter du 1er septembre 2022 », a-t-il indiqué. Rappelons que cette hausse de 3,5 % intervient alors qu’une augmentation avait déjà été décidée à deux reprises : elle était de 1,2 % début janvier, et de 2% en juillet. Pour financer cette revalorisation des salaires, l’Etat va devoir débourser au total 6,2 millions d’euros (coût qui comprend les revalorisations des mois de septembre à décembre 2022). « Cette mesure est pérenne c’est-à-dire que lorsque les rémunérations seront à nouveau revues à la hausse plus tard, ce sera sur la base de cette augmentation », précise à son tour Marc Vassalo, secrétaire général du gouvernement. Après ces quatre premiers mois de hausse, le ministère d’État a également fait savoir qu’un nouveau point d’étape sera effectué début 2023 pour évaluer le taux d’inflation et un possible ajustement.
Les primes Carlo revalorisées
Autre coup de pouce financier : une majoration de la prime Carlo a été décidée. « Cette augmentation des salaires sera également accompagnée d’un ajustement à la hausse des bons Carlo. Rappelons que ces primes sont versées en fin d’année pour les fonctionnaires et les agents de l’Etat. Elles sont variables selon les niveau de rémunération. Pour les plus bas salaires, cette prime est de 650 euros. Pour les salaires médians, de 500 euros. Et pour les salaires les plus élevés de 350 euros », a rappelé Pierre Dartout. Le gouvernement va donc revaloriser chacun des paliers : une augmentation de 200 euros pour les plus bas salaires ( la prime passe donc à 850 euros), une hausse de 150 euros pour les salaires médians ( la prime passe donc à 650 euros) et une augmentation de 100 euros pour les salaires les plus élevés ( la prime passe donc à 450 euros.) Cette majoration représente un coût pour l’Etat de 1,5 million d’euros. Le coût global entre les deux mesures s’élève donc à 7,7 millions d’euros.
« Encourager le dialogue social » dans les entreprises
Si ces coups de pouce financiers seront également accordés aux retraités de la fonction publique, quid des travailleurs du privé ? « Pour les salariés du privé, cela dépend des entreprises. Un effort a été fait dans certains secteurs, notamment l’hôtellerie/restauration, répond Pierre Dartout. C’est peut-être dans ce secteur où il y avait les salaires les moins élevés. Ce que nous faisons – et c’est la politique menée par le conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé, Christophe Robino – c’est d’encourager le dialogue social par filière et par entreprise pour trouver de bonnes solutions. »
