A partir de mi-janvier et pour une durée d’environ treize mois, les commerçants des halles seront gratuitement relogés sur la place d’Armes dans des structures provisoires. Si l’exonération des loyers est saluée, des incertitudes subsistent et le retrait du bar Le Zinc fait polémique. Une pétition a été lancée pour sauver l’établissement.
On en sait désormais un peu plus sur le déroulement des travaux du marché de la Condamine. D’abord, les délais annoncés devraient bien être respectés. « Le permis de construire a été officiellement déposé », a expliqué le maire de Monaco, Georges Marsan. Les travaux démarreront vers le 15 janvier et dureront 13 mois. Un peu plus d’une année donc, pendant laquelle les commerçants de la halle seront relocalisés à l’extérieur, dans des kiosques en bois d’environ 11 m2 chacun, loués par la mairie et mis à leur disposition gratuitement. Tous seront équipés de matériel professionnel adapté. Par exemple, un four à pizza pour produire la traditionnelle socca Chez Roger, et une cabine réfrigérée pour confectionner les sushis de MC by Kodera.
La boucherie et le salon de manucure partent à la retraite
Exonération totale des loyers donc, mais aussi de l’eau et de l’électricité pendant toute la durée des travaux. Les maraîchers bénéficieront aussi d’une exonération du prix des emplacements car leurs horaires seront un peu réduits. Ils devront fermer à 12h pour qu’à leur place soient installées des tables pour que les gens puissent manger sur place. La capacité d’accueil extérieure pour la restauration sur place sera fixée à 220 places sur tables et mange-debout, a précisé la mairie. Un barnum principal accueillera 6 commerces et 65 places assises, tandis que l’autre sera exclusivement dédié à la boutique Solis Bio. Pour reloger la poissonnerie, les services techniques communaux ont remis en état l’ancien pavillon Topaze de la place d’Armes. « Deux exploitants, la Boucherie traditionnelle et City Ongles, ont décidé de prendre une retraite bien méritée », a expliqué Marjorie Crovetto, 2e adjointe au maire. La couturière MC Retouches sera quant à elle transférée dans un local des Jardins d’Apolline.
Le bar Le Zinc est écarté
La mairie a par ailleurs décidé de ne pas renouveler la convention d’occupation pour le bar Le Zinc. « Nous avons travaillé sur l’offre commerciale de la halle et au regard des attentes de la population, il semblerait que ce type d’établissement ne soit plus en phase avec les ambitions du projet. Il existe toutefois une véritable demande pour un commerce qui proposerait des vins fins avec une activité de caviste », a justifié Marjorie Crovetto. Il n’est pas prévu que le Zinc soit relocalisé. Une situation difficile à accepter pour les deux cogérants : Louis-Michel Aureglia et Julia Masili. « Au 15 janvier, nous allons devoir fermer l’établissement et licencier les employés. Nous ne comprenons pas trop cette décision, nous sommes installés depuis les années 70 et nous avions notre clientèle. Le Zinc marchait bien », a confié à L’Obs’ Louis-Michel Aureglia. Une décision que regrettent aussi nombre d’usagers de la Condamine. « Que la mairie nous expose les documents qui montrent que la population ne veut plus de bar à l’intérieur de la halle. Si c’est pour mettre une « sélection de vins fins » pour accompagner la pissaladière ou la socca… je ne pense pas que la population veuille cela ! », ou encore « Merci au Maire et à ses colistiers d’avoir détruit le dernier lieu de rencontre des Monégasques », a-t-on par exemple pu lire sur le groupe Facebook Les amis du marché de la Condamine. Une pétition en ligne a d’ailleurs été lancée pour sauver l’établissement.
Une augmentation des prix in fine ?
Les commerçants, qui regrettaient au départ de ne pas être assez associés au projet, constatent désormais un meilleur dialogue avec la mairie et jugent, dans l’ensemble, que leurs conditions pendant les travaux sont acceptables. Quelques inquiétudes subsistent néanmoins, notamment quant à une possible perte de chiffre d’affaires les jours de pluie. Marjorie Crovetto a assuré que la mairie travaillait sur la question. « Un dispositif pour protéger les tables est à l’étude », a-t-elle expliqué. Ils ne savent pas non plus s’ils seront indemnisés lors des trois semaines sans activité qui auront lieu pendant le Grand Prix en raison de la présence de la fan zone sur la place d’Armes. Quant à l’après, le flou est total. Les loyers seront-ils les mêmes qu’avant ou la mairie les augmentera-t-elle du fait de la montée en gamme des halles, laissant entrevoir par ricochet une montée des prix pour les clients ? « Il est trop tôt pour répondre à cette question » a répondu le maire.
Contrôle des nuisances
Le chantier est inscrit dans une démarche de certification BD2M (bâtiment durables méditerranéens). Les nuisances (bruit et poussière) seront contrôlées grâce à des capteurs et un sonomètre. « Les restaurants du premier étage, à savoir Moshi Moshi et Norma, seront protégés par une palissade hermétique. Les travaux les plus bruyants seront réalisés en dehors des heures d’ouverture afin de préserver leur activité », a assuré François Lallemand, 5e adjoint délégué aux services techniques et communaux. La base de vie du chantier sera installée sous les arcades. Les ascenseurs et le parking resteront accessibles.


