Face à la saturation des routes azuréennes et des trains, Philippe Ortelli, président de la FEDEM, a de nouveau mis en avant le projet de métro transfrontalier reliant l’aéroport de Nice à Vintimille « avec des arrêts clés à l’Allianz Riviera, Nice Nord, Pasteur, Monaco, Carnolès et Vintimille». Estimé à 4 milliards d’euros, ce projet structurant serait, selon lui, la seule réponse durable à la crise de la mobilité des salariés de la Principauté.
C’est un énième coup de gueule qu’a poussé Philippe Ortelli. Dans les colonnes du dernier Monaco Business News (1), le président de la Fédération des entreprises monégasques (FEDEM) a de nouveau pointé doigt la saturation des axes routiers et ferroviaires pour se rendre en Principauté. Le dirigeant décrit un quotidien devenu insoutenable pour de nombreux salariés, contraints à des trajets interminables : « Sans remettre en cause l’engagement des hautes sphères gouvernementales, nous appelons à davantage d’écoute et de respect pour ceux qui, chaque jour, consacrent parfois plus de deux heures à leurs trajets, pour venir créer de la valeur et de la TVA… Nos salariés ne sont pas corvéables à merci. » Selon lui, les solutions actuelles sont loin d’être suffisantes. « Il suffit d’expérimenter un train entre Monaco et Nice à 17h30, ou de prendre sa voiture entre 6h30 et 9h30, pour comprendre leur réalité : trains bondés ou annulés, axes routiers saturés. Ce n’est pas avec les 1 000 places du parking des Salines ni les éventuelles 3 500 places de la Brasca que nous résoudrons durablement la situation. Ces solutions ne sont pas acceptables au quotidien pour nos salariés, car la rupture de charge et le changement de mode de transport rallongent encore le temps de trajet ! Cela peut être intéressant seulement pour les visiteurs ponctuels. » Une colère qui intervient alors que la circulation automobile est particulièrement chaotique actuellement. Depuis le 2 septembre, les travaux menés à Cap-d’Ail sur l’avenue Prince-Rainier-III, réduite à une seule voie et limitée à 30 km/h, provoquent d’importants embouteillages à la sortie de Monaco. Le tunnel Rainier-III a même dû fermer plusieurs soirs pour éviter l’engorgement. Face au vif mécontentement des automobilistes, le gouvernement monégasque a réagi en annonçant travailler avec la mairie de Cap-d’Ail et le bailleur social Erilia pour trouver un aménagement du chantier moins pénalisant
« Nice-Est accessible en 11 minutes, l’aéroport en 23 minutes » avec un métro
Du côté de la FEDEM, Philippe Ortelli , appelle ainsi à un changement d’échelle et met en avant une proposition déjà évoquée à maintes reprises, avec, cette fois-ci, un peu plus de détails : « Nous proposons de lancer une grande étude transfrontalière sur la faisabilité d’un métro électrique moderne et fiable entre l’aéroport de Nice et Vintimille. Le projet, estimé à 4 milliards d’euros par des groupes de travaux publics, serait amorti sur un siècle – comme tous les grands projets d’infrastructure de ce type dans le monde. Le billet coûterait bien plus d’un euro, mais moins que les frais quotidiens de carburant, de péage et de stationnement. Nice-Est serait accessible en 11 minutes, l’aéroport en 23 minutes. Cela changerait tout ! » Pour l’entrepreneur, il faut penser à des solutions concrètes et durables pour les prochaines décennies : « Ce n’est pas faire preuve de radicalité que de proposer des solutions concrètes, réalistes et cohérentes. Voici la nôtre : un métro structurant avec des arrêts clés à l’Allianz Riviera, Nice Nord, Pasteur, Monaco (Fontvieille, Sainte-Dévote, Monte-Carlo, Saint-Roman), Carnolès et Vintimille. »
L’urgence du logement des actifs
Au-delà des transports, le président met également en lumière une autre urgence : celle du logement des actifs. Philippe Ortelli décrit une situation de plus en plus critique : flambée des prix, manque de logements sociaux et pression d’Airbnb qui prive le marché locatif traditionnel de centaines d’appartements. « Le dernier rapport de l’IMSEE est sans appel : les possibilités d’hébergement pour nos actifs stagnent. Dans les communes voisines, entre le rejet des nouveaux projets immobiliers et la multiplication des locations Airbnb qui ont enlevé des centaines de logements, les salariés doivent s’éloigner toujours plus. (…) À Beausoleil, les prix au mètre carré ont été multipliés par 5 en 25 ans. Il est temps de s’interroger : à qui profite cette situation ? ». Autre problématique mise en avant : l’accès aux logements sociaux qui est plus complexe pour les actifs monégasques en raison de leurs salaires plus élevés : « Alors qu’en France, 70 % des salariés peuvent prétendre à un HLM, ils ne sont que 7 % environ parmi nos salariés grâce à de meilleurs salaires, aux 39h, et au 5 % monégasque ! Les plafonds de revenus appliqués sont identiques à ceux de départements ruraux, sans tenir compte de la réalité économique locale. »
(1) Magazine de la FEDEM

