Environ 120 salariés de Carrefour Monaco ont observé une grève de 24 heures le lundi 21 novembre. Objectif : demander une revalorisation des salaires et une prime de 1000 euros pour faire face à l’inflation.
Sifflets, drapeaux, et queues interminables aux caisses pour les clients… Si vous avez fait vos courses lundi 21 novembre à Carrefour Monaco, vous avez pu constater qu’il y avait de l’animation. Environ 120 salariés de cette enseigne (chiffres de l’USM) se sont réunis sur le parvis du centre commercial de Fontvieille. Ils étaient en grève pour demander une hausse de leur salaire de 5%, accompagnée d’une prime de 1000 euros. Une revendication, non entendue, à ce stade. « La direction de Carrefour Monaco nous a proposé une hausse de salaire similaire à celle proposée par Carrefour France, à savoir de 2,5 %, et une prime de 100 euros. Les salariés sont mécontents, écœurés et choqués. Nous avons entendu qu’à la SMA, les travailleurs ont obtenu une prime de 1500 euros, et à Monaco Telecom, une prime de 1000 euros. Et nous, on nous propose 100 euros, peste Amor Ben Hamida, délégué du personnel et délégué syndical rattaché au syndicat du commerce affilié à l’USM. Concernant le salaire, certes, nous avons eu des augmentations cette année mais pas à la hauteur de l’inflation. Il ne faut pas oublier également que la majorité des salariés de Carrefour habite à Nice, à Menton, ou en Italie. Avec l’inflation, on constate tous les jours l’augmentation des prix dans les rayons de Carrefour, l’essence coûte très cher… Ce que l’on nous propose n’est pas acceptable. »
Une grève les 23 et 24 décembre ?
L’Union des Syndicats de Monaco souligne également que Carrefour Monaco, qui a fêté ses 30 ans d’existence le 20 novembre, « est le magasin le plus rentable du groupe Carrefour, avec un chiffre d’affaires de plus de 120 millions d’euros annuel. » Cette grève de 24 heures est-elle alors susceptible d’être reconduite ? « La grève est d’abord de 24 heures, il y aura ensuite des débrayages, et si la direction n’entend pas nos revendications, il pourrait effectivement il y avoir une grève les 23 et 24 décembre », rajoute Amor Ben Hamida.
« Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités »
Pour Olivier Cardot, le secrétaire général de l’USM, le gouvernement doit également intervenir comme il l’a fait dans le secteur de l’hôtellerie-restauration. « Un malaise est palpable et dure depuis plusieurs années dans ce magasin, mais aussi dans le secteur du commerce dans son ensemble. Les travailleurs se retrouvent dans des conditions de plus en plus précaires, indique-t-il. Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités comme il l’a fait dans le secteur de l’hôtellerie-restauration en convoquant non seulement notre syndicat du commerce mais aussi les représentants de l‘Union des Commerçants et Artisans de Monaco (UCAM) pour que de vraies grilles de salaire, basées sur un modèle monégasque, soient mises en place dans ce secteur.»
Réaction de la direction de Carrefour Monaco : « Une augmentation de salaire de + 8,32% depuis août 2021 »
De son côté, la direction de Carrefour Monaco a indiqué que « le dialogue social est permanent. Il l’est aussi dans cette période où nous avons à gérer des sujets de pouvoir d’achat rendus compliqués par le contexte inflationniste. » La direction du magasin monégasque confirme également avoir proposé à ses salariés une augmentation de salaire de 2,5% au 1er novembre 2022, « soit +8,32% depuis août 2021.» Avant de rajouter : « Pour mémoire, les mesures de soutien du pouvoir d’achat mises en place par Carrefour depuis 1 an se décomposent ainsi : 5,82% d’augmentations de salaire accordés depuis août 2021, une indemnité inflation doublée en novembre 2021 de 200 euros, une revalorisation de la remise sur achats de 10% à 12% et une prime de résultat en hausse de 13% par rapport à 2021 ».
