vendredi 20 février 2026
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    Retour des « vieilles maladies » : qu’en est-il à Monaco ?

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    Rougeole, coqueluche, tuberculose… Ces maladies infectieuses que l’on croyait d’un autre temps reviennent en force ces dernières années. En cause, la baisse de l’immunité collective et de la couverture vaccinale. Explications.

    Certaines maladies que l’on croyait presque éradiquées connaissent une résurgence inattendue. En 2023, 306 000 cas de rougeole ont été recensés dans le monde (58 000 en Europe) selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). C’est 79 % de plus que l’année précédente, alerte l’agence, qui précise que les chiffres sont très probablement sous-estimés. La Principauté n’est évidemment pas épargnée : « Nous avons eu des cas de rougeole, souvent importés : des adolescents qui viennent de l’étranger, notamment de la Suisse ou des pays de l’Est, et qui ont des failles dans leur vaccination », a indiqué en mai dernier à Radio Monaco le docteur Haas, chef de service de pédiatrie-néonatalogie du Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG). « Pour plus de 85 % des adolescents et jeunes adultes touchés, on a constaté qu’il n’y avait eu aucune injection ou une seule », a-t-il poursuivi.

    Vers un alignement des obligations vaccinales françaises

    Pour rappel, le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole) avait largement perdu en popularité à cause d’une intox lui imputant des cas d’autisme. Cela avait produit une telle flambée des contaminations dans les années 2000 qu’en 2018, la vaccination avait été rendue obligatoire en France. Si ce n’est pas le cas à Monaco, elle est fortement recommandée par les médecins et pédiatres. « D’après les enquêtes que nous avons réalisées dans les écoles de la Principauté, le taux de vaccination des jeunes dépasse les 80 % », a souligné Christophe Robino, conseiller-ministre des Affaires sociales et de la santé. Il a tout de même indiqué à L’Obs que son département travaillait sur un projet de loi alignant les obligations vaccinales de Monaco à celles de la France. « C’est important compte tenu du risque inhérent à cette maladie infectieuse et au vu de l’efficacité de la vaccination », a expliqué le ministre, « mais aussi parce que les jeunes résidents de la Principauté, pour aller dans des colonies de vacances ou autres établissements en France devront justifier des mêmes vaccinations ».

    La coqueluche peut être dramatique chez les nouveau-nés

    La très contagieuse coqueluche, aussi appelée « la toux des 100 jours », connaît également un regain inquiétant. « En France, il y a eu, au cours des trois premiers mois de 2024, autant de cas de coqueluche que sur l’ensemble de l’année 2023 », alerte Christophe Robino. Il précise que si la mortalité est rare au-delà d’un an, cette pathologie peut être dramatique chez le nouveau-né. « La vaccination contre la coqueluche est très fortement recommandée pour les femmes enceintes non vaccinées. Cela permet de limiter le risque de forme grave du nouveau-né pendant les six premiers mois de sa vie », tient-il donc à rappeler. Comme la recrudescence de cette maladie est très probablement liée aux oublis des rappels (au bout de 10 ans, l’efficacité du vaccin diminue fortement), les adultes devraient aussi se refaire vacciner.

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    « La vaccination contre la coqueluche est très fortement recommandée pour les femmes enceintes non vaccinées. Cela permet de limiter le risque de forme grave du nouveau-né pendant les six premiers mois de sa vie. » © Photo Conseil National

    Des souches de tuberculose multi résistantes

    Citons aussi la tuberculose, une infection bactérienne transmise par voie aérienne, qui fait partie des plus mortelles de la planète. Si elle reste à un niveau faible, elle a connu un rebond de cas déclarés après la crise sanitaire. Il n’y a pas d’obligation vaccinale pour la tuberculose, ni à Monaco ni en France, où elle a été levée il y a plusieurs années compte tenu de la diminution de son incidence. « Malheureusement, ces dernières années, on observe une résurgence de la tuberculose, et notamment des souches multi résistantes. Cela s’explique notamment par une prise de traitements irrégulière et insuffisante dans le temps dans certaines régions du monde, ce qui favorise l’apparition de formes résistantes et complique la prise en charge. De plus, la diminution de la vaccination et la perturbation des programmes de lutte contre la maladie, causées par la crise de la COVID-19 et les conflits en Europe de l’Est, au Moyen-Orient et en Afrique, aggravent la situation des populations vulnérables, et contribuent à l’augmentation de cette maladie », explique Christophe Robino. Contre la résurgence de ces maladies, le ministre insiste sur l’importance de la prévention. « Il est important de rappeler à la population de bien tenir à jour son calendrier vaccinal ! », martèle-t-il.

    Textes législatifs : les priorités sociales de la rentrée

    Christophe Robino a évoqué pour L’Obs’ les priorités de son département pour la rentrée. Parmi elles, aboutir à un projet de loi sur le stage qui devrait être voté à la session d’automne, finaliser le projet de loi sur le congé parental et déposer le projet de loi sur l’intérim. « Ce dernier est en cours d’analyse par la direction des affaires juridiques et par la direction du travail », a-t-il précisé. Le département des Affaires sociales et de la Santé planche par ailleurs sur la rédaction d’un projet de loi sur l’exercice de la médecine et d’un autre sur le prélèvement et l’utilisation des organes. Le ministre aimerait aussi régler la question de la notion de chef de foyer pour les femmes (attendue depuis bien longtemps) et modifier certains textes réglementaires liés aux dispositions permettant la prise en charge du handicap (en discussion avec le Conseil national).

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