Le gouvernement monégasque a annoncé que le propriétaire du fonds de commerce du restaurant la Marée à Monaco avait décidé d’assurer la reprise immédiate des employés.
Ceux-ci vont bénéficier du chômage total temporaire renforcé (CTTR).
Épilogue dans l’imbroglio social et juridique du restaurant la Marée. Soutenus par le gouvernement monégasque, l’inspection du travail, le Conseil national et l’Union des syndicats de Monaco, les 26 salariés du restaurant La Marée, à la porte de leur établissement depuis le 1er octobre, ont obtenu gain de cause. Il vient d’être indiqué aux autorités « que le propriétaire du fonds de commerce avait décidé d’assurer la reprise, à effet immédiat, des employés de cet établissement ». Une reprise en totale conformité avec la loi, que le propriétaire, la société Monégasque de Logistique (MDL) et le groupe Madar, ne voulaient pas respecter. « Les salariés pourront ensuite bénéficier du chômage total temporaire renforcé (CTTR), comme cela avait été suggéré par les pouvoirs publics, dans la mesure où l’activité de ce restaurant est temporairement suspendue », indique le département des affaires sociales dans un communiqué adressé à la presse. Contacté par téléphone, Guillaume Crampon, directeur de l’établissement, fait part de son soulagement. « On a bataillé des mois pour prouver qu’on ne pouvait pas contourner la loi. C’est une satisfaction que le gouvernement ait pris ce dossier à sa charge. Pour cette fin de mois, les 26 collaborateurs savent qu’ils pourront payer leurs crédits ou loyers et bénéficier d’une couverture sociale », réagi l’homme.

Victoire dans l’urgence
Le gouvernement aussi se félicite « qu’une solution positive, allant dans le sens de ses préconisations, ait été trouvée et permette aux salariés d’être rassurés sur le maintien de leur emploi à Monaco et de leurs revenus ». Le 30 septembre dernier, le restaurant La Marée, situé au 6e étage de l’établissement Port Palace sur l’avenue J.F Kennedy, avait fermer ses portes. Les 26 employés découvraient dès le lendemain que l’accès à leur outil de travail leur était empêché. Une situation « assourdissante » où le nouveau propriétaire du fonds de commerce, la société MDL, elle-même rachetée par le groupe foncier français Madar, refusait purement et simplement d’appliquer l’article 15 de la loi. Article qui l’obligeait à conserver l’intégralité du personnel du restaurant. La MDL a fait valoir au gouvernement une fermeture temporaire pour travaux. La solution du CTTR, soumise en dernière option avant la case judiciaire par le conseiller-ministre Didier Gamerdinger, clôt donc un premier chapitre dans cette affaire hors normes. Reste à suivre le dossier puisque la mesure de CTTR ne pourra pas s’appliquer au long cours. « Entre ne rien avoir et rester dans un vide juridique, ou avoir le CTTR, c’est déjà un soutien », affirme Guillaume Crampon. Les salariés devront tout de même faire avec 20% de salaire en moins. « C’est une victoire dans l’urgence, se satisfait le directeur. Il faudra juste regarder comment sont pris en charge les collaborateurs sur le long terme. »
