samedi 23 mai 2026
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    « Produire un gramme de cocaïne revient à détruire 4 m2 de forêt »

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    Derrière les milliards du narcotrafic se cache un autre fléau : son empreinte écologique colossale. Déforestation, pollution chimique, gaspillage d’eau et émissions massives de C02… Les drogues ont un lourd impact environnemental.

    La hiérarchie des drogues a changé en France. Selon une étude publiée ce lundi 8 décembre par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, la cocaïne règne désormais en maître. Avec 3,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires, cette drogue dépasse désormais le cannabis (2,7 milliards) et devient le premier marché de stupéfiants du pays. Au-delà des ravages sanitaires du narcotrafic, un autre fléau reste dans l’ombre : son impact environnemental. Déforestation, pollution chimique, émissions massives de CO₂… La planète paie, elle aussi, lourd tribut. « Toutes les études qui parlent de narcotrafic aujourd’hui ont un volet environnemental. Et le constat est littéralement dramatique », alerte Roger Combe, directeur régional des douanes à Nice venu en Principauté (1) faire une conférence sur le narcotrafic. Si le cannabis est la drogue la plus consommée au monde, son impact sur l’environnement est tout aussi massif. Exemples concrets ? «1 kg de fleurs de cannabis séchées produites en intérieur génère entre 2 300 et 5 200 kg de CO2, précise ce spécialiste. Au Pays-Bas, la culture en intérieur nécessiterait 1 milliard de kilowattheures d’électricité par an, c’est-à-dire autant que la consommation d’électricité de la ville de Rotterdam qui a 650 000 habitants. » Le gaspillage d’eau est également colossal. Dans des régions ensoleillées comme la Californie, l’irrigation des cultures de cannabis utilise les eaux souterraines. Un plant de cannabis cultivé en extérieur nécessite ainsi jusqu’à 22,7 litres d’eau par jour. Un chiffre vertigineux dans des zones déjà frappées par la sécheresse.

    Cocaïne et héroïne : la forêt sacrifiée

    Le cas de la cocaïne illustre tout aussi crûment la destruction écologique. « La culture illégale de la coca serait la cause directe ou indirecte d’environ 50% de la déforestation dans deux régions de Colombie, souligne encore Roger Combe. La production d’un gramme de cocaïne revient à détruire 4 mètres carrés de forêt ! » Quant aux produits utilisés pour produire de l’héroïne ou de la cocaïne, ils sont tous rejetés sans aucune précaution dans les écosystèmes marins, terrestres, et dans l’air. « Pour produire une tonne de chlorhydrate de cocaïne, il faut 300 litres de kérosène, 800 litres d’acide sulfurique, 3 tonnes de sulfate de calcium, 10 tonnes de chaux, et 50 kilos d’acide chlorhydrique et tout ceci est rejeté dans les sols, dans la mer et dans les airs. » Les drogues de synthèse — amphétamines, MDMA, méthamphétamines — sont elles aussi des usines à déchets. Fabriquées dans des laboratoires clandestins, elle donne lieu au déversement ou au rejet d’effluents toxiques dans les forêts et les rivières ou directement dans les réseaux d’eaux usées. La production d’1kg de ces trois drogues de synthèse rejette entre 5 et 30 kg de déchets toxiques.  À l’échelle mondiale, cela représente des milliers de tonnes de rejets polluants par an. À la déforestation et à la pollution chimique s’ajoute de surcroît l’impact logistique du trafic, puisque les drogues sont acheminées par voie aérienne, terrestre et maritime.  

    • (1) Conférence-Débat « Douanes et narcotrafic – Stratégies et défis contemporains » tenue en avril 2025 à la Maison de France à Monaco

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