Gouvernement et conseil national réfléchissent à la manière d’assurer le paiement des retraites des fonctionnaires dans les prochaines années et décennies… Il faut dire que le coût annuel pour les finances de l’État n’est pas négligeable : il est estimé à 70 millions d’euros par an (paiement assuré à 93 % par le budget et de l’État). Et au vu de la démographie du pays (allongement de la durée de vie ; nombre élevé de fonctionnaires proches de la retraite par l’effet baby-boom), le coût des retraites va, semble-t-il, bondir dans les années qui viennent. Certaines estimations font état de 140 millions d’euros par an dans dix ans… Pour éviter de mettre en péril le paiement de ces pensions — en cas de chutes des recettes de l’État ou autres aléas économiques — le conseil national plaide de plus en plus pour la création d’une caisse autonome des retraites abondé par exemple par « une partie des excédents budgétaires, mais aussi par des biens immobiliers rentables à l’exemple de ceux de la caisse autonome des retraites (CAR) », suggère Christophe Robino, président de la commission des intérêts sociaux et des affaires diverses. Si le gouvernement envisage cette solution à « long terme », pour le moment, l’exécutif a choisi la solution dite d’un “cantonnement retraite” au sein du fonds de réserve constitutionnel (FRC), le bas de laine de l’État. Cette idée de bloquer une somme d’argent, ne peut être, toutefois, selon les élus, qu’une solution temporaire et une premier étape. « La création d’une caisse autonome nous semble être le seul moyen à terme d’assurer la pérennité de ce régime et le maintien des avantages acquis, plaide le conseil national. La création de ce que vous appelez un “canton” consacré aux retraites au sein du FRC, pourrait être remis en cause, sans l’accord du conseil national, dès les premières éventuelles difficultés budgétaires, par une simple décision du gouvernement. »
