La création d’un statut des enfants du pays était une promesse de campagne en 2013. Cet été, les élus du conseil national ont commencé l’étude de la proposition de loi de Jean-Charles Allavena destinée à définir légalement cette notion. « Est “enfant du pays” toute personne qui, étant née à Monaco, y réside sans discontinuité depuis sa naissance, alors que I’un de ses auteurs au moins est également né en principauté et y a également résidé sans discontinuité, au moins jusqu’à la naissance de la personne intéressée », explique le premier des trois articles de la proposition. « Le conjoint d’un “enfant du pays” n’acquiert pas cette qualité par son mariage », ajoute le texte.
L’idée est belle puisqu’il s’agit clairement de trouver une solution pour empêcher l’exode de Français ou Italiens nés à Monaco, contraints à partir en raison du prix exponentiel du m2. « Un Monaco qui laisserait fuir ses résidents étrangers ne serait plus Monaco », observe Jean-Charles Allavena. Mais on est clairement loin d’un statut global définissant les droits et devoirs des enfants du pays, notamment par rapport aux Monégasques. « C’est là le cæur du problème et la tâche principale qu’il faudra accomplir, mais ce travail multisectoriel est gigantesque et nécessitera, en plus de la volonté politique enfin exprimée d’aboutir, un temps de consultation, d’analyse, de proposition très longs, que la présente mandature n’offre plus », juge-t-il. L’opposant Laurent Nouvion juge, lui, cette proposition de loi tout bonnement inutile : « C’est un texte Canada dry. Ça ou rien, c’est à peu près pareil… ». Sur les réseaux sociaux, cette proposition provoque en tout cas déjà de nombreuses réactions. « Il serait temps que les enfants du pays soient reconnus ! Cela fait des décennies qu’on en parle, mais juridiquement/officiellement, ils n’existent pas… Si on attend encore, ils seront tous partis ! », résume bien une internaute sur Facebook.
