POLITIQUE / A 5 mois des élections au conseil national, les alliances et les divorces politiques se multiplient. Au final, deux listes devraient s’affronter en février 2013.
Les formations politiques sont plus que jamais sur les starting-blocks. Le 27 septembre, alors que Rassemblement et enjeux (R&E) organise son meeting de rentrée à la salle du Canton, l’Union des monégasques (UDM) fera — le même jour et quasiment à la même heure — ses primaires au Monte-Carlo Bay avec ses adhérents. Objectif : désigner les candidats UDM qui figureront sur la liste aux prochaines élections. Deux partis qui se sont aussi renforcés en se lançant dans des alliances avec des mouvements plus minoritaires. D’un côté R&E, qui fera liste commune avec Synergie monégasque (SM) (voir Repères page 6). De l’autre, l’UDM qui s’est naturellement rapprochée de l’Union nationale pour l’avenir de Monaco (UNAM). « L’UNAM partage nos valeurs et nos idées depuis 10 ans. Il était tout à fait naturel que la formation se joigne à nous pour composer la liste que mènera Jean-François Robillon », a expliqué en conférence de presse le 18 septembre, Gérard Bertrand, le nouveau président de l’UDM.
« Écoute »
Dans le camp de la majorité, 20 candidats ont déjà déposé leur lettre de candidature (1). Mais seuls 16 à 18 d’entre eux seront élus aux primaires. De son côté, l’UNAM, sans Eric Guazzonne qui a démissionné (voir encadré), présentera 4 candidats. Trois sont déjà connus : Michèle Dittlot, Claude Cellario et un nouveau venu, Philippe Orecchia. Des personnalités de la société civile devraient compléter la liste des postulants. « Courant octobre, on présentera la liste définitive », a précisé Bertrand. Pour bâtir son programme, l’UDM promet d’aller à la pêche aux idées en étant « à l’écoute des Monégasques. » Grâce notamment à l’organisation de grands meetings sur le logement, la culture, la Société des bains de mer (SBM) ou encore l’éducation. Et grâce à la tenue de réunions de proximité, de type « Cafés citoyens. »
Ambiguïté
Désormais, tous les regards sont donc braqués sur l’Union pour la Principauté (UP) où, en coulisses, les négociations se poursuivaient encore le 20 septembre, jour du bouclage de L’Obs’. Probablement incapable de faire cavalier seul et le divorce avec l’UDM étant définitivement consommé, l’UP s’est finalement rapprochée avec l’ennemi d’hier : R&E. Une alliance potentielle, mais pas naturelle. L’UP a donc posé ses conditions. Comme en 2002 et en 2007, le 10 mars dernier, le mouvement présidé par Patrick Rinaldi a envoyé son questionnaire intitulé « Plus que jamais vous avez la parole… » aux Monégasques. Un formulaire de 12 pages à retourner au parti avant le 25 septembre, qui interroge les électeurs sur leurs priorités : logement, identité, emploi… « Ce sont les résultats de ces questionnaires qui serviront à bâtir un axe de programme à partir des priorités exprimées par nos compatriotes. Des priorités qui devront se retrouver dans les propositions portées par la liste à laquelle l’UP choisira de participer », insiste Jean-Michel Cucchi, l’un des leaders de ce parti et ancien conseiller national. D’ailleurs, dans ce formulaire, une question lève toute ambiguïté sur les intentions du parti : « Pour défendre notre identité et nos institutions face à l’UDM, êtes-vous favorable au rassemblement des personnalités, dans une union nationale qui dépasse les clivages anciens ? » Difficile d’être plus clair.
_Sabrina Bonarrigo
(1)La date limite de dépôt des candidatures étant le 20 septembre, un ou deux candidats supplémentaires pourraient se présenter.
> UNAM : Guazzonne, c’est fini
Après le départ de Philippe Clérissi, c’est Eric Guazzonne qui a décidé à son tour de quitter l’UNAM pour prendre son indépendance. « C’est par téléphone qu’il m’a fait part de sa décision, il y a environ un mois, a raconté Claude Cellario en conférence de presse le 18 septembre. Lorsqu’on a pris la décision de notre alliance, il m’a fait savoir qu’il n’était pas d’accord. Il considérait qu’il fallait prendre plus de temps pour se décider. » Alors que L’Obs’ était en bouclage le 20 septembre, Guazzonne ne s’était pas exprimé sur son choix : soit arrêter la politique, soit rejoindre la liste d’union nationale menée par Laurent Nouvion.
_S.B.
Nuisances sonores, garde alternée, et protection des consommateurs
