Au printemps et à l’automne 2024, l’allée François Blanc, en plein cœur du Carré d’or à Monaco, va accueillir sept nouvelles boutiques de luxe. Valérie Petit, directrice des actifs locatifs, immobilier et gestion locative au sein de la Société des Bains de Mer nous dévoile les coulisses des contrats qui ont été noués avec ces enseignes de prestige.
Le bâtiment du nouveau Café de Paris accueillera dans les prochains mois sept nouvelles boutiques de luxe. Peut-on connaître les marques qui seront présentes ?
Plusieurs enseignes ont d’ores et déjà été dévoilées. En fer de lance, il y aura la marque Tiffany, du groupe LVMH. La boutique sera située à l’entrée de l’allée François Blanc. Pour attirer un maximum de clientèle dans cette artère, il faut des enseignes fortes, et Tiffany jouera parfaitement ce rôle. Les marques Arije (joaillerie), TAG Heuer, (montres), ou encore Greubel Forsey, (horlogerie) seront également présentes. Quant aux autres enseignes, vous les découvrirez avant cet été. Tant que ce n’est pas officiellement signé, on ne peut pas dévoiler leurs noms.
Quelles seront justement les surfaces proposées dans ces nouvelles boutiques du Café de Paris ?
Dès le départ, notre positionnement a été de privilégier un nombre élevé de boutiques plutôt que des surfaces très grandes. Ainsi, en moyenne, elles ont une superficie de 200 m2. Les plus grandes mesurent 250 m2. Les plus petites, une centaine de m2.

© Photo Monte-Carlo SBM
Est-il exact que de nombreuses marques souhaitaient décrocher un emplacement au Café de Paris et qu’il y a eu une bataille tenace en coulisses ?
Je vous confirme que les emplacements ultra-premium, tout proches de la Place du Casino, ont été très disputés.
Pourquoi avez-vous privilégié telle ou telle marque plutôt qu’une autre ?
Comme je vous l’ai expliqué pour l’enseigne Tiffany, nous avions une volonté claire d’avoir une marque très connue internationalement, en phase de croissance importante, et visant une clientèle plus jeune. C’est le cas de Tiffany qui cible essentiellement les millenials. Nous avons pris le soin toutefois de diversifier l’offre en proposant des boutiques qui touchent tous les types de clients.
Quand ces sept boutiques vont-elles ouvrir ?
Les travaux sont toujours en cours. Tout le monde travaille d’arrache-pied pour ouvrir le plus vite possible. Il y aura probablement des ouvertures échelonnées à partir de la fin du mois de mars jusqu’à l’automne.
Quelles boutiques ouvriront en premier ?
Ce sont celles positionnées le plus proche de la place du Casino car ce sont les premiers espaces qui ont été remis aux locataires.
Dans une récente interview, le président-délégué de la Société des Bains de Mer, Stéphane Valeri, a indiqué qu’environ 80% des travaux du Café de Paris ont été financés par le droit au bail de ces sept futurs commerces de luxe. Vous confirmez ?
Je ne connais pas le coût final des travaux du Café de Paris, mais il est certain que les droits au bail de ces commerces ont permis de financer une partie substantielle du nouveau Café de Paris. C’était d’ailleurs également le cas pour les boutiques du One Monte-Carlo.
Dans ces nouvelles enseignes, et plus globalement au Carré d’or, on trouve beaucoup de boutiques de joaillerie. Comment expliquer cette surabondance ?
C’est le succès des enseignes déjà présentes qui pousse les autres marques à venir s’implanter en Principauté. Une autre composante importante de l’attractivité de Monte-Carlo, c’est bien sûr le niveau de sécurité. De plus, à Monaco, on trouve souvent des petites surfaces. Ces petites unités se prêtent davantage à des activités de joaillerie qu’à des activités de mode qui nécessitent des grandes surfaces et des zones de stockage. Nous veillons tout de même à ce qu’il n’y ait pas une surreprésentation de joailleries et d’horlogeries au sein du Carré d’or.
BOUTIQUES DU ONE MONTE-CARLO
Le One Monte-Carlo a été inauguré le 22 février 2019. Ce complexe abrite au total 17 boutiques de luxe. Tous les locaux commerciaux sont-ils actuellement loués ?
Bien sûr. Dès l’ouverture en 2019, et même en amont, durant la phase des travaux, il y a eu un engouement immédiat des grandes marques pour ce projet. Les locaux n’ont jamais été vacants.
Sur quels critères les enseignes retenues ont-elles été choisies ?
Tout d’abord, certaines enseignes déjà présentes dans l’ancien Sporting d’hiver, avaient un droit de retour. Ainsi, elles ont intégré le One Monte-Carlo. Ensuite, pendant les travaux de démolition du Sporting d’hiver, la SBM a mis à profit ce temps pour trouver des accords de séparation avec des magasins qui n’étaient pas des grandes marques de luxe ou qui n’étaient pas des mono-marques de luxe, de façon à ce qu’a l’ouverture, on ait un mix de marques de mode, de marques de joaillerie et d’horlogerie qui soit harmonieux. Il fallait assurer une diversité pour les visiteurs, qu’ils soient locaux ou de passage.
Y a-t-il beaucoup de turn over dans ces boutiques ?
De manière générale, sur les artères très commerçantes que sont l’avenue des Beaux-Arts, l’avenue Monte-Carlo ou encore le One, il y a très peu de changements. Les grands groupes, une fois positionnés, ne bougent plus. Cela s’explique aussi par la rareté des surfaces commerciales dans le Carré d’or hyper central. Deux enseignes ont dû partir depuis l’ouverture en 2019.Et elles ont été aussitôt remplacées.
Depuis l’ouverture du One Monte-Carlo, le bilan est-il positif ? Les enseignes sont-elles satisfaites ?
Oui, absolument. Les chiffres d’affaires de ces boutiques, dans leur ensemble, sont meilleurs que ceux de 2019. Les commerces ont traversé la crise sanitaire, et à présent, elles se portent mieux qu’avant le Covid.
Le choix des enseignes au One Monte-Carlo s’est-il aussi fait par rapport à ce que propose la concurrence ?
Bien sûr. Nous visons, aussi, l’exclusivité. Nous avons ainsi privilégié des marques qui choisissaient de s’implanter qu’à Monaco et uniquement à Monaco. En revanche, des grandes marques de luxe ont aussi une stratégie de sur-implantation c’est-à-dire qu’elles sont présentes à la fois à Cannes, à Monaco et Saint-Tropez. Je pense notamment à Vuitton ou encore à Dior.
