Chaque année en France, entre 250 et 350 familles sont frappées par la mort inattendue du nourrisson (MIN), un drame brutal qui survient chez des bébés en bonne santé, sans signe annonciateur. Première cause de mortalité entre 1 mois et 1 an, cette tragédie reste souvent liée à des conditions de sommeil inadaptées.
Un phénomène brutal et multifactoriel… La mort inattendue du nourrisson correspond au décès soudain d’un bébé considéré comme en bonne santé. Elle survient le plus souvent durant le sommeil, dans un contexte suspecté d’asphyxie, chez un nourrisson trop immature pour se dégager. « La moitié de ces décès pourrait être évitée », rappelle le Dr Mickaël Afanetti, médecin réanimateur à l’hôpital Lenval et responsable du Centre de Référence des Morts Inattendues du Nourrisson (MIN) pour la région PACA Est. S’il s’agit d’un accident multifactoriel, l’environnement joue un rôle déterminant : position de couchage, température, objets dans le lit, mais aussi exposition anté et postnatale au tabac.
Coucher toujours un bébé sur le dos
Les campagnes de prévention des années 1990, notamment sur le couchage sur le dos, ont permis de réduire de 75 % le nombre de décès. Mais depuis les années 2000, les chiffres stagnent. Entre 4 et 8 décès sont encore enregistrés chaque année dans les Alpes-Maritimes.Selon les experts, près de la moitié de ces drames pourraient encore être évités si les règles de prévention étaient mieux appliquées. « Pour une prévention efficace, il faut parler de ce sujet car encore trop de drames pourraient être évités. Notre rôle consiste à sensibiliser les familles pour qu’elles adoptent des réflexes simples éliminant le risque d’étouffement : coucher toujours un bébé sur le dos, ne jamais fumer en présence ou dans le lieu de vie d’un enfant, ne pas dormir avec son bébé. Un bras, une couverture, un oreiller peuvent obstruer les voies aériennes, or un bébé n’a pas les compétences pour se dégager lorsqu’il manque d’oxygène », insiste le Dr Afanetti.
Les règles d’or pour un sommeil sécurisé
Les recommandations de sociétés savantes, notamment celles de l’American Academy of Pediatrics (AAP), rappellent plusieurs gestes essentiels pour réduire le risque de mort inattendue du nourrisson. Il est conseillé de coucher bébé toujours sur le dos, dans une turbulette adaptée, et de privilégier un matelas ferme dans un lit dépourvu d’oreiller, de couette, de doudou, de tour de lit ou de cale-bébé. La température de la chambre doit être maintenue entre 18 et 20 °C. Les spécialistes recommandent également de faire dormir l’enfant dans la chambre des parents durant les six premiers mois, mais sans jamais partager le même lit. L’allaitement maternel est à privilégier car il apporte un effet protecteur. Enfin, il est primordial d’éviter toute exposition au tabac, avant comme après la naissance.
