mardi 21 avril 2026
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    Maisons de retraite et EHPAD : des besoins en baisse à Monaco

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    Le gouvernement monégasque a fait le constat que les besoins en EHPAD et en maisons de retraite en Principauté sont désormais de plus en plus faibles. La cause ? De plus en plus de personnes âgées optent pour le maintien à domicile le plus longtemps possible. En revanche, les structures hospitalières de type Centre de de gérontologie clinique Rainier III, seraient à l’avenir de plus en plus nécessaires. Explications.

    C’est un constat qui se vérifie dans tous les pays européens. Et à Monaco tout particulièrement.  La population est de plus en plus vieillissante. En la matière, la Principauté affiche même des chiffres records. En 2016 déjà, date du dernier recensement officiel, 26 % de la population résidente monégasque était âgée de 65 ans ou plus, contre une moyenne européenne en 2022 d’environ 21 %. (1). Tout porte à croire qu’aujourd’hui le pourcentage monégasque est donc bien plus élevé.  Face à ce nombre d’aînés en augmentation constate, l’Exécutif et la filière gériatrique monégasques sont dans l’obligation de réfléchir, régulièrement, et sur le long terme, à la manière de prendre en charge cette population âgée. Pour avoir une idée plus précise des besoins, le gouvernement avait même diligenté une étude d’actuaire en 2018. Celle-ci comptabilisait le nombre d’aînés en perte d’autonomie et dépendants qui devront être accueillis en institution, de type EHPAD, à horizon 2030, 2040, et 2050.  Et les chiffres ont parlé : ils seraient en moyenne 611 en 2030, 852 en 2040, et 1 026 en 2049. L’étude avait en parallèle mis en évidence un besoin criant d’ériger en Principauté plusieurs EHPAD durant les deux prochaines décennies avec plus précisément « 360 lits d’ici 2040 ». Une étude qui avait poussé le gouvernement monégasque à envisager une politique de construction soutenue avec la création de trois EHPAD : une structure d’accueil de 120 places à horizon 2025/2026, et deux autres établissements de même capacité à horizon 2030/2035. Or, 5 ans plus tard, force est de constater que le diagnostic n’est plus tout à fait le même… 

    « Une étude, à mon sens, obsolète » 

    L’Exécutif constate en effet désormais qu’avec les moyens de maintien à domicile qui sont mis en place en Principauté, les personnes âgées préfèrent rester de plus en plus, et le plus longtemps possible, à domicile. « Je crois qu’il est temps aujourd’hui de se poser la question sur les réels besoins en termes de structure pour personnes âgées en Principauté. Du fait de la politique de maintien à domicile qui a été menée, le nombre de personnes ayant réellement besoin, soit d’une maison de retraite, soit d’un EPHAD, est de plus en plus faible, constate en effet Christophe Robino, conseiller-ministre aux Affaires sociales et à la Santé. Par conséquent, les besoins qui avaient été allégués par l’étude d’actuaire en 2018 et qui faisait état à l’horizon 2040 d’un besoin de 360 lits d’EHPAD est, à mon avis, aujourd’hui, obsolète. Nous allons réinitialiser cette étude de façon à bien cerner les besoins réels. »

    Les besoins axés sur les unités de soins longue durée

    Selon ce membre du gouvernement, à terme, ce dont la Principauté aura le plus besoin, « ce sont les unités de soins longue durée, c’est-à-dire des structures hospitalières comme le Centre de gérontologie clinique Rainier III » qui prennent en charge des patients présentant des pathologies lourdes.  Rappelons que cet établissement contenant 210 chambres individuelles s’occupe – en autre profils – de patients en perte d’autonomie importante et/ou atteints par des maladies chroniques (neurologiques dégénératives, séquelles d’accidents vasculaires…) ou non stabilisées, nécessitant des soins médico–techniques importants au cours d’une hospitalisation de longue durée. « Si nous avions construit ces trois EHPAD, dans la mesure où ce ne sont pas des unités de longue durée, nous aurions été dans la difficulté pour prendre en charge des patients qui relèveraient de structures beaucoup plus lourdes, poursuit Christophe Robino. Le choix est donc important. Et à Monaco, toujours pour des raisons de contraintes géographiques, nous n’avons pas droit à l’erreur. »

    Des discussions en cours pour construire un nouvel EHPAD

    Seule certitude à ce stade : un EHPAD sera tout de même construit dans les prochaines années. Un premier site de construction avait été envisagé. Il s’agissait d’un terrain compris entre le boulevard du Larvotto et l’avenue de Grande Bretagne.  Finalement, après de nombreuses années de discussions, ce projet a été abandonné. « Il était irréalisable si l’on souhaitait construire un établissement de qualité avec des surfaces nécessaires », indiquait alors le gouvernement qui, dans la foulée, a donc cherché un autre terrain disponible. Et manifestement, une piste est en négociation avec un promoteur privé. « Aujourd’hui, nous sommes en discussion pour construire un nouvel EHPAD dans un délai raisonnable sur un nouveau site. Pour des raisons de spéculation éventuelle, je ne pourrai pas vous révéler où est l’emplacement. Mais les discussions sont très avancées », a conclu Christophe Robino. Lors des séances publiques au Conseil national, le gouvernement a simplement annoncé que le projet serait « sur le territoire monégasque, à la frontière avec la France ».  Il s’agira d’une construction qui permettra « dans un délai raisonnable » d’avoir environ 140 chambres.« Par rapport au projet qui devait voir le jour en bas de l’avenue de Grande-Bretagne, la volumétrie est un peu plus importante », a conclu le ministre de la santé monégasque. 

    1. L’IMSEE n’est pas en mesure d’indiquer quel est le pourcentage des résidents en Principauté âgés de 65 ans et plus aujourd’hui, le dernier recensement officiel datant de 2016. Seuls des chiffres pour les Monégasques existent :  en 2022, 26,8 % des nationaux étaient âgés de 65 ans ou plus. 

     

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