Est-ce que la gratuité des bus serait une mesure efficace pour diminuer le trafic automobile dans les rues de Monaco ?
Les automobilistes vont-ils plus volontiers prendre le bus si celui-ci est gratuit ? Pour répondre à ces questions, une expérience sera menée dans les prochains mois en Principauté.
La question d’instaurer la gratuité des bus à Monaco est en débat depuis de longs mois… Serait-ce alors une mesure efficace pour alléger de façon significative la circulation automobile à Monaco ? Le gouvernement a longtemps considéré que la réponse était plutôt non… De son côté, le Conseil national a toujours proposé «une période d’expérimentation », histoire de « lever le doute » et trancher enfin le débat. Finalement, l’exécutif a accepté qu’une expérimentation ait lieu sur le territoire monégasque. Ce test, qui devait se dérouler à partir d’avril 2020 pendant six mois sur la ligne 4, a dû être reporté en raison de la crise sanitaire. Selon Marie-Pierre Gramaglia, conseiller-ministre à l’Equipement, l’Environnement et l’Urbanisme, cette expérimentation aura donc lieu « en septembre prochain, si les conditions sanitaires le permettent, soit en début d’année prochaine. » Ce membre de gouvernement rappelle également que plus de 18 000 personnes (scolaires, personnes de plus de 60 ans…) bénéficient déjà de la gratuité des transports à Monaco.
Selon le gouvernement, plus de 18 000 personnes (scolaires, personnes de plus de 60 ans…) bénéficient déjà de la gratuité des transports à Monaco.
« Un report plus ou moins important, d’une partie des automobilistes sur le bus »
Pourquoi le Conseil national insiste-t-il autant sur cette gratuité ? Selon la majorité, les villes qui, dans le monde, optent pour la gratuité, voient partout la fréquentation des transports urbains augmenter. Avec pour corollaire, une baisse de la circulation automobile et un «bénéfice certain» pour l’environnement et la qualité de vie des résidents. « Nous avons des arguments et des exemples qui démontrent que cela fonctionne ailleurs, et que cela se traduit partout par un report plus ou moins important, d’une partie des automobilistes sur le bus. Seule une période d’expérimentation pourrait nous donner des indications fiables et lever le doute», proposait il y a quelques mois le président, Stéphane Valeri.
« Supprimer le frein psychologique de l’achat des billets »
Même analyse pour le président de la commission des finances, Balthazar Seydoux : « Si l’on veut être cohérent dans la mise en place d’une politique de dissuasion automobile, il faut se donner les moyens de rendre les transports en commun attractifs. Supprimer le frein psychologique de l’achat des billets est, avec l’amélioration des dessertes, le meilleur moyen de rendre les bus attractifs en Principauté », indique-t-il. Selon le Conseil national, des mesures complémentaires doivent accompagner cette gratuité pour la rendre la plus efficace possible, avec notamment : « la création de nouveaux couloirs de bus, la priorisation des feux à l’approche des autobus et une augmentation des fréquences. » A suivre.
