ECONOMIE / Créé par le gouvernement il y a deux ans, le conseil stratégique pour l’attractivité a dévoilé ses propositions en matière d’emploi, de finance ou encore d’économie.
Ils sont une quarantaine de membres. Tous sont des acteurs de poids dans le domaine du yachting, de l’immobilier ou de la finance monégasque. Leur mission : présenter au gouvernement des pistes de réflexion pour booster l’attractivité de Monaco. « En 2012, 600 entreprises ont été créées en principauté. Depuis le début de l’année 2013, on en compte 300 autres, a détaillé le conseiller aux finances, Jean Castellini, lors d’une réunion plénière du Conseil stratégique pour l’attractivité (CSA) le 18 juin. Il faut continuer sur cette dynamique. Le CSA est un instrument de prospective qui y contribue. » Pour réfléchir aux secteurs d’avenir en matière d’emploi à Monaco, le CSA a même fait appel à deux experts extérieurs. Christian De Boissieu, ex-président de la Commission de contrôle des activités financières (CCAF) et Mathieu Laine, un économiste français.
BRICS
Pour ces deux économistes, aucun doute : Monaco doit intensifier ses rapports avec des pays hors de la zone euro. « Aujourd’hui, la principauté réalise un peu plus de 50 % de son commerce extérieur avec l’Europe. Or, pour les deux ou trois ans qui viennent, l’Europe va connaître une croissance très modérée. En 2013, l’Union Européenne (UE) et la zone euro seront en récession. En 2014, la croissance sera légèrement positive. Même l’Allemagne qui est un partenaire important pour la principauté va réaliser une croissance de + 0,3 % seulement en 2013, a rappelé De Boissieu. Dans les deux trois ans à venir, la croissance va donc venir des grands pays émergents : l’Asie, l’Amérique latine, ou encore l’Afrique. » Même logique pour Mathieu Laine pour qui les pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud) doivent devenir des interlocuteurs économiques de premier plan pour Monaco.
Cerveaux
Sans « prôner la révolution » expliquent ces deux experts, Monaco doit aussi miser sur d’autres secteurs. Notamment l’économie du savoir, les nouvelles technologies, le digital ou encore la médecine préventive. Autre piste suggérée : nouer des partenariats avec de grandes universités, comme l’école polytechnique fédérale de Lausanne, première au niveau international en matière de hautes technologies. Objectif : attirer des talents et des cerveaux à Monaco.
Deal
En matière d’attractivité fiscale, Mathieu Laine est allé encore plus loin : « Il est assez difficile d’attirer des entreprises lorsqu’on a, comme à Monaco, un impôt sur les bénéfices (ISB) très élevé imposé par la France et donc non compétitif. Il faudrait donc réfléchir dans certains secteurs à un nouveau deal avec la France et créer des bulles d’oxygène fiscales. Voire récupérer la souveraineté sur cet impôt. »
Enfin, en ce qui concerne la communication, Laine a suggéré que Monaco se penche sur la « sociologie cognitive. » En clair, il s’agit de chercher dans la science les meilleurs procédés pour mieux pénétrer et convaincre les cerveaux…
« Gamme »
Dernière priorité pour ces deux économistes : Monaco doit conserver les piliers de son économie. A savoir le tourisme, l’immobilier, ou encore le commerce. Mais une priorité s’impose : « Monter en gamme en permanence. » A noter enfin que le président de la commission immobilier, Michel Dotta, s’est dit « satisfait » que la création d’un bail à usage de bureaux à Monaco fasse son chemin : « C’était l’une de nos demandes. »
_Sabrina Bonarrigo
