Chaque année, des milliers d’animaux sauvages périssent sur les routes, victime de collisions avec des véhicules. Pour réduire ces pertes et protéger une biodiversité exceptionnelle, la Métropole Nice Côte d’Azur a pris l’initiative de construire des passages souterrains baptisés “Les passages du vivant”.
En France, les collisions routières sont responsables de la mort de nombreux animaux sauvages. Sur le territoire de la Métropole Nice Côte d’Azur, où plus de 6 000 espèces animales ont été recensées, la problématique est particulièrement aiguë. « Le territoire de la Métropole est l’un des plus riches de biodiversité en France, explique Vincent Rivière, écologue pour la Métropole et dirigeant-associé de la société Agir écologique. Cependant, cette faune est extrêmement vulnérable. Trop d’animaux sont souvent victimes de ces collisions. » Ce constat est particulièrement vrai à Isola.
Des tunnels de 9 mètres
Dès octobre 2021, des passages souterrains ont donc été construits pour protéger les animaux. Concrètement, sur cette commune, la route métropolitaine M2205, sépare deux écosystèmes essentiels : au nord, le versant boisé de Cuson, recouvert de forêt, où de nombreuses espèces trouvent refuge, et au sud, le lac des Neiges, où ces mêmes animaux viennent s’alimenter, se désaltérer ou se reproduire. Le projet repose ainsi sur une conception simple. « Mon travail en tant qu’écologue consiste à imaginer et à concevoir des ouvrages les plus efficaces et adaptés pour faciliter la traversée de cette faune, explique Vincent Rivière. Cela commence par la construction de deux murets, un de chaque côté de la route, qui permettent de guider les animaux vers les passages inférieurs », détaille-t-il. Ces tunnels souterrains, longs de neuf mètres, permettent aux animaux de traverser la route en toute sécurité.

Des caméras en souterrain
Grâce à des caméras installées dans les tunnels, les spécialistes ont pu suivre en temps réel l’utilisation par la faune de ces passages inférieurs. « Et les résultats ont dépassé toutes nos espérances », rapporte l’écologue. Outre les crapauds épineux, de nombreuses espèces l’ont adopté. Dans ces tunnels sont ainsi passés pêle-mêle : renard roux, mulot, couleuvre verte et jaune, blaireau européen, lézard vert, genette commune, ou encore lérot. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
En 18 mois, 3 635 animaux ont été sauvés grâce à ces passages souterrains. Ce projet a d’ailleurs été distingué par les Victoires Investissement Local, décernées par la Fédération Régionale des Travaux Publics (FRTP) et le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement).
Protection : des tunnels aussi sur et sous l’autoroute
Peu visibles, mais pourtant essentiels, les passages à faune – écoponts, écoducs et chiroducs – se multiplient au-dessus et sous nos autoroutes. Ces infrastructures permettent aux animaux de franchir les axes routiers en toute sécurité, tout en réduisant les risques de collision pour les automobilistes. Les écoponts, véritables corridors végétalisés, sont conçus pour accueillir de grands mammifères comme les cerfs, sangliers ou chevreuils. Ces ouvrages, souvent équipés de mares, de haies et de refuges pour reptiles ou micromammifères, favorisent également le passage des amphibiens, oiseaux et hérissons. Pour la petite faune, comme les renards ou les blaireaux, ce sont les écoducs, passages souterrains aménagés, qui entrent en scène. Les chauves-souris, quant à elles, profitent de chiroducs, des structures adaptées à leur vol grâce à des repères détectables par ultrasons. Sur le réseau VINCI Autoroutes, qui s’étend sur 4 443 km, on compte plus de 1 000 passages à faune.



