Partis étudier ou faire carrière à l’étranger, de nombreux Monégasques envisagent un jour de revenir s’installer en Principauté, souvent pour y fonder une famille et retrouver un cadre de vie privilégié. Un retour que la Commission d’insertion des diplômés (CID) facilite, même si le marché local impose parfois à ces profils très qualifiés des compromis professionnels.
Ils ont choisi de quitter le cocon de la Principauté pour poursuivre leurs études et leur carrière à l’étranger. On les retrouve aux États-Unis, en Angleterre, en Suisse, en France ou encore à Singapour, où ils occupent souvent des postes élevés et bien rémunérés. Pourtant, malgré un confort matériel et de hautes responsabilités, beaucoup de Monégasques expriment l’envie de revenir vivre à Monaco. La motivation est souvent la même : fonder une famille ou offrir à leurs enfants un cadre de vie privilégié et un système scolaire de qualité. Ce que l’on sait moins, c’est que la Commission d’insertion des diplômés (CID), dirigée par Héloïse Boin, accompagne aussi ces retours. Sa mission ne se limite pas aux jeunes fraîchement diplômés (1) : elle aide également les expatriés monégasques et leurs conjoints, quel que soit leur âge, à retrouver un emploi en Principauté. En 2024, 24 d’entre eux ont été suivis.
Des compromis à faire
Mais le retour au pays n’est pas toujours simple. Certains métiers n’existent pas à Monaco ou sont déjà saturés ; dans d’autres cas, les salaires proposés ne rivalisent pas avec ceux pratiqués à l’étranger. Résultat : ces profils très qualifiés doivent parfois accepter des compromis professionnels. « Même les plus grandes entreprises monégasques ne peuvent rivaliser avec les groupes internationaux. Même la Société des Bains de Mer, aussi performante soit-elle, ne peut offrir les mêmes prestations ni les mêmes opportunités que des groupes cotés en bourse et implantés dans plusieurs pays, voire à l’échelle mondiale. Les postes de direction ou de cadres supérieurs n’y sont tout simplement pas comparables, car cela relève d’un tout autre mode de fonctionnement », soulignait Christophe Robino, conseiller de gouvernement ministre aux Affaires sociales et à la Santé lors d’une conférence de presse. « Il y a vingt ans, ce qui comptait avant tout, c’était le salaire, peu importe le nombre d’heures travaillées ou le peu de vacances. Aujourd’hui, l’approche est différente. Le revenu reste important, mais on regarde aussi la possibilité de télétravailler, le nombre de congés, la flexibilité, la qualité de vie, le temps pour la famille et les loisirs. Les attentes ont changé », constate le ministre.
(1) Depuis 2010, la Commission d’insertion des diplômés a accompagné 2 480 jeunes, dont 607 ont trouvé une issue favorable, parmi lesquels 359 Monégasques. Initialement dédiée aux nationaux et aux résidents, elle étend désormais son aide aux jeunes des communes limitrophes ayant effectué leur scolarité secondaire ou supérieure à Monaco.
